‹ La précellence du langue françois;Chapitre 169 sur 212 · Voir page :>9ii · texte numérisé non relu

Voir page :>9ii

322 DE LA PRECELLENCE

Provençaux, que la langue Italienne avoit pris. Or est-il certain qu'il entend ce que nous disons Guère, d'où Tient ce Naguère, (duquel j'ay usé tout maintenant) ou // riy-a guère (comme aussi Bembo au livre intitulé Le prose, a dict, Non ha guari) et se peut bien mettre en trois pièces ainsi, Na guère, car c'est autant que si nous disions, Il n'y a guère de temps, et est ne plus ne moins que si on disoit, Il n'y-a pas beaucoup de temps. Tellement que Castelvetro ne devoit pas reprendre Bembo, de ce qu'il a dict que Guari signifie Molto : et ne devoit aussi amener cest exemple de Boccace, comme faisant pour soy : E fermamente se tu lo terrai guari in bocca, egli ti guastera quegli che sou da lato1. Car c'est ce que nous dirions, Si tu le tiens guère en la bouche. Ce qui vaut autant que si nous disions, Si tu le tiens long temps en la bouche. Mais je sçay bien qu'aucuns François aussi s'abusent en la signification de ce mol. comme en celle de Rien -.

Or encore que Guari en cesl endroit-la el en quelques autres semblables, puisse estre mis au nombre des adverbes qui sont appelez adverbia temporis (comme on y mettroif nostre Naguère) toutesfois proprement il est adverbium quantitatis :

Page 1