‹ La précellence du langue françois;Chapitre 192 sur 212 · Cela se trouve employé pour ce · texte numérisé non relu

Cela se trouve employé pour ce

Cela qui sortiroit de la bouclie d'un autre ne seroit tenu encore que pour dict. 5.

Cet emploi de cela était assez fréquent. Malherbe le blâme chez Desportes : « Cela ne se dit point devant que; mais ce. » (Brunot, Thèse, p. il-

80. Ce a la valeur de cela ou ce fait dans l'expression ce que :

Je leur feray confesser que ce qu'ils coupent ainsi la queue à ces mots fuit grandement contre eux. 45.

Car ce qu'il chantre les terminaisons des mots latins plus que le leur, on ne peut dire que ce soit une telle dépravation. ''.<.

Cet emploi de ce était fréquent au xvie siècle, mais le sens du mot est toujours allé s'affaiblissant.

SI. L'ellipse de ce est fréquente soit devant le pronom relatif, soit devant le pronom interrogatif :

qui est une chose semblable à celle qu'on 'a dicte de Xenopbon. 13.

oui est pareillement donner au langage italien la terminaison franeoise. 83.

Quand on s'esmerveilloit qu'il instruisoit si bien ses disciples à plaider les causes, à quoy lui-mesme n'estoit pas propre. 89.

qu'il dit. A.

On peut considérer que la même ellipse existe lorsqu'il emploie de quoy au lieu de ce dont :

Nous avons nos langues plus à délivre que les leurs pour prononcer les mots grecs et latins que nous empruntons, sans les dépraver comme eux, de quoy j'aj amené beaucoup d'exemples. 18.

Cette ellipse, très fréquente pendant le xvi" siècle comme pendant les siècles précédents, se rencontre encore assez souvent au xvn* :

A ce dernier couplet, il parle à elle en tierce personne, qui ne me plaît pas. (Malherbe, IV. 277.)

Ceux qui avaient charge de le faire mourir lui coupèrent la gorge, dont le roi se repentit après. (Vaugelas, dans Haase.) Vous savez bien par votre expérience Que c'est d'aimer. (La Fontaine, V, 113.)

82. Le pronom celui manque assez souvent au xvie siècle quand il devrait représenter, devant un complément déterminatif. un nom précédemment exprimé :

Quant à coupelle, puisqu'il vient de cupella, l'origine e*t plus aisée à recongnofctre que des deux autres. 145.

Cette ellipse est fréquente au xvii0 siècle aussi :

Nostre amour propre souffre plus impatiemment la condamnation de nos goûts que de nos opinions. (La Rochefoucauld, I, 35.)

83. Estienne emploie la locution comme celui qui, comme celle qui :

Je confesse par cela priser autant la leur que je mesprise l'espagnde. comme celle qui n'osera comparoir en champ de bataille.

Cette locution, employée déjà dans l'ancienne langue, semble bien plus fréquente dans la seconde moitié du xvi" siècle que dans la première. Elle est à chaque instant employée par Amyot. Au xvn« siècle, elle sort insensiblement de l'usage.

Elle est employée de temps en temps, par exemple par Vaugelas :

Les peuples venaient à l'envi le flatter, comme celui qui devait être leur maître. (Cité dans Haase.)

Pronoms relatifs et interrogatif s.

— 8 i. Les mots lequel, laquelle, etc., s'emploient très souvent comme adjectifs relatifs, surtout au commencement d'une phrase, pour la relier à la précédente :

On voit par mon discours qu'il ne se peut aucunement égaler à luy. Lequel discours ne sera trouvé que trop long par celuy d'entre eux qui voudra j respondre.

Je m'efforceray de rendre contens ceux qui mettront en avant, que ce beau subject meritoit bien d'estre traitté par un personnage bien doué de l'éloquence françoise : auquel don je ne puis dire avoir aucune part. 28.

Sur lequel dernier vers est rymé le subséquent. 50.

Il semble, en surmontant Arioste, quant et quant combatre Virgile. Lequel combat il ne faut estimer petit, '>"•>.

OBSERVATIONS GRAMMATICALES

Ils peuvent estre convaincus tant par le primitif gars que par le féminin garse : lesquels deux nostre langage a voulu se reserver. 273.

Cette construction permet de donner plus de clarté à la phrase.

C'est pour cela qu'elle est très souvent employée au xvi« siècle, surtout par Calvin. Au xvne siècle, elle n'est plus guère employée qu'avec les mots généraux comme chose, temps, etc.

85. Le pronom lequel, qui, depuis le xive siècle, est devenu de plus en plus fréquent, s'emploie au lieu du relatif qui, que, dont, etc., même quand il suit immédiatement l'antécédent, c'est-à dire quand l'emploi des autres formes ne pourrait donner lieu à l'équivoque :

Celuy qui use de discrétion regarde de ne donner point à ceux lesquels se rendent indigne» par leur ingratitude. 231.

Le langage est comme l'instrument duquel ils usent. 10.

Ces monosyllabes tombent souvent en une ambiguité", laquelle peut avoir fort mauvaise grâce. 82.

Lequel est souvent encore employé ainsi au xvne siècle :

Je ne me suis point repenti de cette entreprise, laquelle en cette saison a semblé téméraire à tout lo monde. (Voiture, dans Haase.)

Ce me sera un autre trésor plus précieux que celui lequel nous avons trouvé, ( La Fontaine, dans Haase.)

Mais Vaugelas trouve que ce pronom est rude au nominatif singulier et pluriel, et qu'on doit plutôt m servir de qui. Malgré les quelques exemples qu'on rencontre encore après lui, il est certain que cet emploi de lequel est tout à fait en décadence.

86. Au lieu de dont, de qui, placés comme aujourd'hui après leur antécédent et avant le mot qu'ils déterminent , on trouve souvent, au xvi« siècle duquel, df laquelle, etc., placés après ce mot déterminé :

Je la prieray vouloir cstre spectatrice du tombât, l'issue duquel luy pourra donner quelque bon avis. 30.

Je me contente d'une harangue que nous lisons en Tacitus, sous le nom d'un nommé Cerealis, l'argument de laquelle est tel. 57.

Cette construction, qui pouvait

quelquefois être très commode, tend naturellement à disparaître en même temps que se restreint partout l'emploi de lequel. On la trouve encore pourtant au xvue siècle :

Ce Jpan Letelier a eu cinq héritiers, deux desquels ont rendu leurs parts. (Corneille, X, 43V.)

Il faut remarquer que, dans cet exemple, desquels n'est pas un génitif possessif mais un génitif partitif.

87. On trouve le pronom relatif, comme le pronom personnel, se rapportant à un nom qui n'est pas déterminé :

Us ne sont pas en débat touchant l'orthographie seulement (lequel ils nous pourroyent aussi objecter, encore qu'aujourd'huy il ne soit pas tant eschauffé. 18.)

88. Comme en latin, le relatif placé dans une proposition subordonnée la rattache d'une part à la proposition qui précède, et dans laquelle se trouve son antécédent, d'autre part à une proposition principale qui suit :

On y trouve des commodités beaucoup plus grandes. Ausquelles si j'ay pris garde de plus près que plusieurs de ceux mesmement qui font profession de l'éloquence, je puis venir à ce discours mieux garni qu'eux des pièces pour le moins qui concernent ce poinct. 29.

En luy donnant toutesfois six jours de termes pour s'en résoudre. Pendant lesquels si leur venoit nouvelle aide et secours, nous leur oetroyoai de gayeté de cueur que la présente composition soit nulle. 3">9.

On me demandera maintenant si nous ne pouvons pas user de ces mots pour le moins, lesquels encore qu'on puisse penser estre tirez du langage italien, au contraire luv les a pris du nostr.

\JM ,,-,,.. „,, u , :ii fajt ce plaisjr je nous prester une petite particule, laquelle mettans devant les adverbes, aussi bien que devant les mm, exprimons crste superlation. 88.

Laquelle richesse estaut de diverses sortes, je seav bleu que... Ï-'J.

Cette construction, imitée du latin, est fréquente nu xvi* siècle, et n'a pas tout à fait disparu au xvn". On la trouve surtout avec les propositions commençant par si.

N'avez-vous ressenti souvent certainevolontés fortes, desquelles si vous sumez l'instinct généreux, rien ne vous serait im- Hossuet. dans Haase.)

OBSERVATIONS GRAMMATICALES

89. Quand le pronom relatif «loit précéder deux verbes, et ne pas être au même cas devant les deux, il arrive cependant que le pronom soit sous-entendu devant le second verbe :

Polyerates s'advisa en la fin de jetter en a nier une emeraude, laquelle il portoit au doigt, et luy servoit de cachet. 2V0.

Desporles use de la même liberté :

Celle qu'il changea d'ourse en luisante [planette

Et sert aux mariniers de guide eu leur [chemin.

Mais Malherbe blâme cette construction ; « Où est le nominatif à qui doit se rapprocher sert* (Brunot, Thèse, p. 400.)

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