Proposition relative coordonnée avec un adjectif
Les plus courtes et qui sont le plus tost prononcées sentent mieux leur gravité en quelques endroits. VJ.
Mai- estimoit que c'estoyent les plus beaux et qui avoyent meilleure grâce. 87.
Quand on dit d'un petit gentilhomme et qui ha bien peu de mo\en, c'est un hobreau.
Dépareilles constructions ne sont pas rares, même au xvne siècle. On les rencontre surtout avec l'adjectif attribut :
J'étois pauvre, misérable, chassé de mon pavs, et qui ne savois ou m'adresser. ^ Malherbe, II, 213.)
C'éloit un prélat beaucoup plus instruit des affaires de la cour que des matières ecclésiastiqnes, mais au fund très bon homme, fort ami de la paix, et qui eut bien voulu, en contentant les jésuites, ne point s'attirer les défenseurs de Jansénius sur les bras. (Racine, IV, 5W.)
91. On trouve encore, comme dans l'ancienne langue, le relatif séparé par un ou plusieurs mots de l'antécédent :
Prit la ville par mesme moyen, que les soldats eussent bien voulu ruiner. .".
On n'appelle pas un homme riche qui n'ha que ce qui luy est nécessaire 105.
Certains mots de quelques dialectes nous peuvent sembler estranges, lesquels touteslois il ne seroit pas incroyable avoir esté du vieil françois. 176.
Malherbe blâme chez Desportes des constructions de ce genre, surtout quand un verbe est interposé.
Il se les permet pourtant en prose, mais jamais en vers après 1609.
(V. Brunot, Thèse, p. 401.)
Vaugelas pense qu'un verbe ne doit pas s'interposer, mais que « les génitifs interposés ne nuisent point».
Malgré Malherbe et malgré Vaugelas, la construction continue à être employée même par les écrivains les plus corrects, par Racine, par exemple :
Le chemin est court qui mène jusqu'à lui. (III, 66V.)
Le jour de Dieu viendra qui découvrira bien des choses. (IV, 516.)
92. On trouve juxtaposées deux propositions dont la première est relative, tandis que, dans la seconde, le relatif est remplacé par un pronom personnel :
Touchant plusieurs vocables, que les uns disent eslre de mise, les autres ne les veulent non plus recevoir que fausse monnoye.
Or ce ne sera po:nt sans parler de la prononciation : de laquelle je remonstreray qu'ils ne s'acquittent pas si bien que nous, ains qu'ils la rendent comme efféminée en certaines paroles. 48.
Encore au xvne siècle :
C'est une herbe que Mercure arracha de
la terre, et en montra la nature à Ulysse.
(Racine, dans Haase.)
On peut rapprocher de cette construction la suivante, qui consiste à remplacer par un adverbe le relatif précédé d'une préposition :
Il y a aussi des vocables devant lesquels ils ne" mettent pas ceste lettre i, mais l'insèrent dedans. 77.
93. Qui sans antécédent, sujet d'un verbe à la 3e personne du singulier, a souvent encore le sens de si l'on :
Et qui la veut trouver, il faut s'adresser à certains dialectes. 2.'io.
Malherbe emploie très couramment cette construction, qui d'ailleurs subsiste longtemps après lui :
Ce n'eit rien aujourd'hui de prendre du parfum, qui ne le renouvelle deux ou trois fois le jour, de peur que l'air ne le fasse évanouir. (Malherbe, II, 671.)
Qui m'auroit fait voir tout d'une vue tout ce que j'ai souffert, je n'aurois jamai6 cru y résister. (Sévigné, IV, 39.)
OBSERVATIONS GRAMMATICALES