‹ La précellence du langue françois;Chapitre 205 sur 212 · Estienne emploie outre ce que au lieu de outre que · texte numérisé non relu

Estienne emploie outre ce que au lieu de outre que

Outre-ce-que je l'ay tesmoigné il-y-a [dus de douze ans. 2

Car outre ce que Virgile s'est heureusement estudié à gravité, il a usé d'une langue qui est grava de soy-mesme. 68,

Cette locution a précédé outre que qui est elliptique. Ce avait sa valeur pleine de pronom : outre cela que.

169. Premier que s'emploie devant l'infinitif dans le même sens que avant que (aujourd'hui avant de) :

A ceux qui me diront qu'il faudroit avoir mangé beaucoup du pain d'Italie, premier que pouvoir disputer li avant de son langage. 30.

On trouve dans Malherbe : premier que (Ir :

Premier que d'avoir mnl lia trouvont le

ie. I, 13.

170. Puis que s'emploie dans le sens de après que dans cet ancien proverbe cité par Estienne :

Parole, puisqu'un roy l'a dicte, Ne doit pas cslre contredicte. G.

Dans l'ancienne langue puis que signifie surtout depuis que.

171. 'Quand avec le conditionnel s'emploie sans aucune valeur adversative, simplement dans le sens de si avec l'imparfait :

11 m'est facile de louer entre les F leur langage : mais quand j'aurois en tesUles Italiens et les Espagnols, il me seroil difficile de leur faire avouer ceste louanse.

On trouve, mais avec la valeur adversative, quand bien au lieu de quand même ou quand bien même :

Le précèdent discours sera comme un eschantillon, par lequel pourra le lecteur juger combien nostre langage est riche, quand bien il n'auroit autre richesse que !>■> termes qu'il a appropriez à chacun mestier.

Au xvi" siècle quand se trouve assez souvent employé sans valeur adversative :

Quand je le s.-auroys, je m'y en ir i plus grande asseurance. (Rabelais, II.

Quand bien se trouve encore an xviic siècle :

Mais quand bien vous auriez tout lieu de

von* en plaindre.

Sophonisbe, après tout, n'est point pour vous

[à craindre. (Corneille, VI, MM.

17-2. Que omis devant la seconde de deux propositions coordonnées :

Gardez bien qu'un matin ces mots tant pro-

: lieux.

Comme oiseaux passagers, ne prennent leur

Et cest honneur aussi no s'envoie a\r

De même, au xvne siècle :

Qui n'eût cru...

Quo les champs so fussent fèUU

Deux fois de robe nouvelle,

Et le fer eût en javelle

Deux fois les blés abattus.

lerbe, I, 88.)

173. De la même façon, si a ni repété ni suppléé par que iiau> la phrase suivante :

Quant à moy, je ne doute point qtt «voit amassé ensemble ceux do ton mes tiers, et celuy des Italiens en aroil faict autant dos siens, il ne se trouvas! aussi povre que le nostre se trouToroit riche, lis.

OBSERVATIONS GRAMMATICALES

Malherbe dit encore

ru'un, pour se revancher en votre endroit a fait co qui lui est possible, mais

Si quelqu ndroit a fa votre bonne fortune l'en a gardé, vous n'avez point eu de sujet d'éprouver un ami. II, 230.

1" 1. Sino7i que est employé avec le sens de à moins que... ne :

Comme ayans opinion que rest avis, encore qu'il nwl bon, ne pouvoit estre lieureusemeut suivi et mis a exécution, sinon qu'il fust autorisé par la bouche de cest autre personnage. V.

Sinon que nous accordions, quant à xrminano, ce qu'aucuns diseut, que l'accent est sur la première. 13,

On trouve aussi une proposition commençant par sinon que, et n'ayant, d'autre valeur que celle d'une proposition commençant par ti et contenant une négation, ou encore celle d'une proposition commençant par n'eût été que :

Ou je leur laisse à penser s'il eust ainsi parlé de nostre langue, sinon qu'il eust vu fa sienne n'estre rien à comparaison. 1G.

Malherbe dit encore sinon que, dans le sens de à moins que... ne :

Il y a de la cacophonie, sinon que vous prononciez eu gascon. ([Y. i 16.

Ordre des mots. — l~r>. Certaines remarques relatives ii l'ordre des mots ont déjà été faites à propos de l'adjectif, du pronom personnel, etc. Bien que la phrase de Henri Estienne ait ordinairement une construction très analogue à la construction moderne, il serait trop long d'étudier en détail les cas où son tisane diffère du nôtre. Il suffira d'indiquer très largement les principaux cas dans lesquels l'ordre des mois diffère de celui où nous les placerions aujourd'hui, sans répéter naturellement ce qui a été dit déjà :

a). Place du complément déterminatif du nom :

Comme un lion que point d'une grand' faim

la rage. 30.

Dieu tout-puissant, que des mortels les

Mais, dans les deux cas, l'anomalie se trouve dans un vers, de sorte que les exemples sont peu caractéristiques.

b). Place du sujet, du verbe, du régime, de l'attribut :

Entre lesquelles tiendra le premier lieu

[ceste-ci. 27.

Dire le pourront-ils, mais le prouver, non.

Et de ce dernier use Arioste entre autres.

Non plus ne peuvent ces deux nations parler d'escarmouche si nostre langue ne leur preste ceste diction. 355.

Vray est qu'ils ne font pas ce tour à tous les vocables d'une clause. 46.

Et sont rayaux des pièces longues et estroites qui se font ou dedans des moules, mi sur des tuiles de fer qui sont rayonnees en une certaine longueur. 141.

c). Place de l'adverbe :

Il est vray que malaisément ils trouveroyent des mots qui eussent ceste mesme signiûcation. 97.

On sait qu'en poésie le complément déterminatif du nom n'a pas encore cessé d'être placé avant le nom déterminé : on trouve dans Corneille des inversions beaucoup plus fortes que celles qu'on pourrait se permettre aujourd'hui :

Empêche que l'oubli de ta divine loi, L'enfonce du péché dans les plus noirs abî- [mes. (IX. 321.) Donne à tes serviteurs que tes bontés sublimes, De ton saner adorable ont lavés dans les [Ilots... (IX, -'.79.)

La plupart des constructions citées plus haut ont leurs analogues chez lui ou chez ses contemporains:

... La juste colère Où jettent cet amant les mépris de 1k mère. (VI, 58.) Souffrir n'ai pu chose tant indécente. (La Fontaine, dans Uaase.) Quand pourra mon amour baigner avec tendresse Ton front victorieux de larmes d'allégresse? (Corneille, III, 332.) Apollon n'a point de mystère Et sout profanes ses chansons. (Malherbe, I, 5."..) Ici fut l'arroeanceà sovmème funeste. (Corneille, X, 110.)

LEXIQUE-INDEX

a long ou bref, 39; remplacé par e dans les mots italiens, 75; — remplacé par r, 76; — remplacé par o, 76 ; — au lieu de t, 76.

a (marqué à 1'), 147.

abandonner . emprunté par Bembo. 285.

abbayer, avec un régime direct dans une citation d'Amadis Jamyn.

57 ; au passif, 124.

La plupart des chiens se contentent de l'aboyer [le hérisson], et ne se soucient pas de le saisir. Buffon. (L.)

- aboyer, emprunté par l'italien, abaiar , 297; en réalité les deux viennent sans doute d'une forme latine populaire, peut-être abbadiare.

abbois (rendre les, faire rendre les), 184.

L'empereur avoit déjà rendu les abbois et fait toutes submissions proposées par le duc Maurice Carloix, IV, 25 (L.)

abondance. Proverbe : De l'abondance du cueur la bouche parle. 233.

abondant (d'j par surcroît, de plus, 4, 35, etc.

littrk : « Cette locution a vieilli, mais elle n'est pas inusitée. »

abourdcler, cité comme vieux mot, 187; Le dictionnaire de Godefroy donne abourder, tromper, duper, jouer, et bourdeler ou bordeler.

fréquenter les mauvais lieux.

abus* que les Italiens font des mots français en en changeant la significatio'n, 327.

accent, existe en français, 39 est observé plus soigneusement en italien, 42.

accointancc de fol ne vaut rien. Proverbe. 20-S.

accompagner . emprunté par les Italiens et les Espasnols. 29 i.

accomparcr, comparer, l^i.

Ce à quoy je pourrais accomparer la vieillesse, c'est à un rude et fâcheux hiver, /nient, univ. de Tabar., VIII. Bibl. elz.

accoster, emprunté par les

Italiens, MHS

accoutumance , coutume , habitude (dans un sonnet de Desportes), 95 :

L'onction est attachée à l'accoutumance.

Massili.on. L.

accoustrcmcnta . vêtements, sans idée péjorative. 11)7).

Comme les accoustremens nous eschaufent, non de leur chaleur, mais de la nostre qu'ils conservent. Charron, Sagesse, 1, 17. (L.)

- aceau , usage de cette terminaison, 100.

h ce que sipnifiant afin que (dans la citation de Vigen.'tv

Il écrivit à tous les évoques et archevêques de France, à ce qu'ils eussent à s y conformer. Etacm, IV. r,o».

accrain : « Et pareillement du mot aeier ont fait acernin >

acheter Proverbe Assez

aehettfl qui Ifl demande.

\chillc. 30.

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