FURETIÈRE
raconter, emprunté par les Italiens, raccontar, 285.
raïre, raser, 230, 234 (dans des proverbes).
Il ne feit raire que le devant de sa leste seulement. Amyot, Tnesee. (G.)
raison (par), de droit, justement, naturellement, raisonnablement, 168.
Le royaume de France qui par droite succession de proismeté devoit estre siens par raison. Vat., V, 322. (G.)
ramée (selve) , svlva opaca , 189. Ramé signiOe touffu :
De toutes les forests le branchae-e ramé. Ronsard, Ed. elz., V, 1*0. (G.)
rumina rnndonncr, impétuosité , courir impétueusement ,
D'une grand violence et d'une aspre
randon. Vauq. Art Post., III. (G.)
Il picque après luy tant que son cheval
pouvoit randonner. Perce f mat, III, 91. (G.)
rapporter à, rapprocher de, comparer avec, 237.
rarité, rareté, 208.
rat, mot emprunté par les Italiens, 284.
ruyuu\. déûnition du mot, 141 ; jeter en rayaux, 141.
rayer, signifiant autrefois couler, 187.
Avant que l'enfant tète, il sera bon luy
faire raver un petit de laict en la bouche
Paki;, XVIII, lit (Ed. Malgaisri). (G.)
rayonné, rayé. lil.
-rean. suffixe diminutif, 100.
rechausser, 141. Fuhetièhe :
« En terme de Monnoye et d'Orfèvrerie, c'est rebattre une pièce de méiail. afin de la rendre plus épaisse et de moindre volume... La cinquième façon qu'on donne aux
monnoyes au marteau est de les rechausser, c'est-à-dire arrondir et rabattre les pointes des carreaux. »
recommancer, emprunté par les Italiens, ricominciar, 285.
recommander, emprunté par les Italiens, raccommandar, 300.
récompense, compensation, 77.
Si Vasques n'oblige pas les riches de donner l'aumône de leur superflu, il les oblige en récompense de la donner de leur nécessaire. Pascal, Prov., XII. (L.)
récompenser, compenser, 11.
Brancas m'a écrit une lettre si excessivement tondre qu'elle récompense tout son oubli passé. Sévigné, 19 juillet 1671. (L.)
réconforter, emprunté par les Italiens, riconfortar, 292.
recors, bien m'en recors. 122 (dans une citation). Je ne vois aucun verbe auquel puisse se rattacher cette forme. Peut-être H. Estienne, citant de mémoire, a-t-il dénaturé le texte. On pourrait lire : j'en suis recors. Recors signifiait qui se souvient :
Mais en estant de son dire recors Vous ne craindrez ceux qui tuent les corps. Cl. Maiiot. Serm, du bon l'ast. (G.)
recouvrer, emprunté par les
Italiens, ricoverar, 285.
recueil, accueil, 9.
Parce que l'esteruuement vient de la teste nous luy faisons cet honneste recueil.
Montaigne, IV, 2. (L.)
réduire en prison, amener, faire entrer en prison, 93 (dans une citation).
regard , pour le renard d<\ quant à. 324.
Les sages disent que pour le regard du sçavoir, il n'est que la philosophie, et pour le regard des effets que la vertu, qui...
Montaigne, I, 290. (L.)
— pour un regard, sur un point, d'un (Mité, 9.
— pour ce rer/ard, relativement à cela, en considération de cela, pour cela, 139.
regarder, emprunté par les Italiens, riguardar et risguardar.
321 el 332.
régime, Proverbes relatifs au bon régime, 213.
reina, reine, plus fréquent en italien que regina, 280.
LEXIQUE-INDEX
reintcgrandc. 350; terme de jurisprudence : « Aelion possessoire par laquelle une personne est remise en jouissance d'une chose dont elle avait perdu la possession. »(L.)
relicher, 55 (dans une citation).
Nicot indique le mot et le traduit par relingere.
reliques, restes, 167. Vaugelas : « C'est très bien parler français que de dire les reliques du naufrage, les reliques d'une armée défaite, et autres semblables. » Vaugelas préfère reliques à restes « qui est trop commun parmi la lie du peuple. » Ed. Chassang. II, 305.
rcmaint, 3« pers. sing. prés, ind. de remanoir, rester, demeurer, 251 (dans un proverbe).
remembrer (se), se remettre en mémoire, emprunté par les Italiens, 75. 254. L'ancienne langue employait remembrer comme verbe actif, rappeler, ou comme verbe neutre, se rappeler, et comme verbe réfléchi. On disait aussi il me remembre comme il me souvient.
remettre au-dessus, remettre en usage. 318. L'emploi de au-dessus était beaucoup plus varié qu'aujourd'hui . On disait , par exemple, venir au-dessus de ses ennemis pour triompher de ses ennemis.
rempart, emprunté par les Italiens, riparo, 355.
remuement de mesnajse, remue-mt'nage, trouble, bouleversement, 17.
renard (proverbes relatifs au), 242, 243.
rencontre, bonne rencontre, bonne chance. 3. Le mot signifiait conjoncture, occasion, hasard :
Ce ne fut que par rencontre qu'ils entrèrent daus la Médie.
BoSBUBT. Hist.. III, 3. L.
renforcer, emprunté par les
Italiens, riuforzar. 285.
renommée {Proverbe), 236.
repaire, logis, 255. Le mot, subst. verb. de repairier. signifiait d'abord retour dans la patrie, dans la demeure, et demeure, sans idée péjorative :
Li empereres aproismet son repaire.
Ch. de Roland, 601. (G.)
repairer, « loger en quelque lieu et y faire sa demourance », 255. Le verbe repairier (repatriare), a signifié revenir dans son pays, revenir, séjourner.
En France ad Ais bien repairier devez. fl-./. 13:i. (G.) Esprits maudit? des infernalles ombres, Qui repairez céans soir et matin.
Larivey, Esprits, III, II, (G.)
repos, emprunté par les Italiens, riposo, 278.
reposer, emprunté par les Italiens, riposar, 285.
requeste (de), qui est très, demandé, qui est rare, difficile à avoir, 146. Nicot : « Requeste, c'est pourchas de quelque marchandise qui est requise et remandée de plusieurs. Comme, le bled n'est pas de requeste cette année. »
respargner , épargner , emprunté par les Italiens, risparmiar, 308. Nicot : « Respargner. Parcere, Reparcere. »
ressouvenir , emprunté par les Italiens, risovenir. 301.
retardement, retard, 11.
Le roi qui n'avait point encore éprouvé do revers ni même de retardement dans ses succès, croyait qu'une année lui suffirait pour détrôner le czar.
Volt. Charles XII, 3. (L.)
retirer la bride, emprunté par les Italiens, ritrarre la briglia, 337.
retors employé au sens propre, 55 (dans une citation) :
Les uns avoient les perruques couvertes D'un large pampre aux grandes fueilles [vertes.
Aux nœuds retors des zephvres soufflez.
Ronsard. Franc, I,
retourner, emprunté par les
Italiens, ritomar, 285.
retranchées (lettres) dans les mots italiens, 77, 295.
réveiller, emprunté par les Italiens, rinegliar, 285.
Rhésus, 186.
Ithodomont. 55.
rihaudequin. 350 : Froissaht :
« Iceulx ribaudequins sont trois ou quatre petits canons rangiez de front sur haultes charrettes en manière de brouetes devant sur deux ou quatre roes bandées de fer à tout iongz picques de fer devant
LEXIQUE-INDEX
en la pninle. » (G.) Dans un passade de Fauchel, cité par Godefroy, le mot paraît être pris comme synonyme d'arbaleste de passe. Mais tous les exemples s'accordent avec la déQniiion donnée par Kroissart.
riche : Nul n'est si riche qu'il n'ait meslier d'amis. Proverbe, 207.
richesse du fiançais, 104 et suiv.
rien, son ancien sens, cliose, 201 et 322.
Ne croyez donc pas que ce bon roy vous envoyé i.iut d'ambassadeurs, et vous face envoyer ces bons personnages légats du S. Père a autre iutenlion que pmir vous faire croire qu'il vous avme sur toutes riens. Sat. Mai.. llàrang. de Pelvé. (G.)
— Où il n'y a rien le roy perd son droirt. Proverbe, 285.
rifler. voler, piller, rafler, 129.
Nicot : « Râper e. On n'y a laissé ne rifle ne rafle. Omnia cum pulviaculo.
rive, emprunté par les Italiens, rwo, 288.
roideur (de), fortement, énergiquement, vivement, 64.
Des chevaux courans de toute leur roideur. MoNTAKiXE, I, 388.
roimnan, sens du mot. 72.
Presque partout, H. Eslienne emploie le mot pour désigner soit les ouvrages écrits en vieux français, soit les écrivains eux-mêmes. C'est ainsi que l'employaient ses contemporains :
Te faudroit voir tons ces vieux romans et poêles français. Du Bellay. (L.)
Ronsard, 51. 52, 51, 55, 299.
Rose (Roman de la), 269.
rossignolct, 100. Ronsard dit
aussi :
Le chantre rossignolet
Ninivelel Courtisant sa bien nin M
roussin, emprunté par les Italiens, ronxino, 293.
roule. 135, Eslienne se demande « si la terre l'a pris de la marine ou bien elle de la terre, a C'est la secondp supposition qui est jiMe :
vin rupta, vote faite en rompant la forêt ou le sol. (Scheler).
routes I2:>. Nicot : « Roules
en pluriel, ce sont en veneri.
erres de toutes bestes mordantes, tout ainsi que trasses, les erres des bestes rousses. »
routier (vieil), homme qui connaît les chemins, qui a beaucoup de pratique (Scheler).
Routier (Le errand). 135.
rudesse des nuits italiens écourtés, 83.
ruer les grands coups, 37. Riier sirrnitie jeter avec force, ruer de grands coups, don un- de grands coups.
Il avoit rué plusieurs coups de bastou sur la teste d'un nommé Thomas.
25 août 1583
ruissclet- 101. Le mot est an-
Ki Rames d'ni?ues ruscelet.
Landiu df Wabem, Expl. du cant. de»
cant. (G.)
rustre, employé pour désigner des soldats, 348.
D'autres les ont appelez rustres, ain.-i
que nous lisons dans le roman de M. de
Bavard, que M. de Bavard dit à ses ru>tre>.
appellaus ainsi ceux auxquel> il comniandoit.
Biun-t. Cap.
rut ou mit, 125. Nicot donn deux formes.
ryme, oriprine du mot. 42.
s à la fin (\e^ mots français, ajouté au commencement d'un mot italien. 297.
sac (Proverbeê), 217,
sacre, sucret, 128; tacre employé par métaphore, 1S2.
Ce maréchal de Joyeuse était une manière de sacre et de brigand, qui pillnit tant qu'il pouvait. Saixt-Simon. 878, G. (L.)
sade. sadinet. sadiueHc