‹ La précellence du langue françois;Chapitre 25 sur 212 · Le Roux de Lincy, ouvrage cité · texte numérisé non relu

Le Roux de Lincy, ouvrage cité

Oï l'avôs dire sovent Ki haut monte de haut descent; Froit a le pic ki plus Testent K<> sos covretoirs n'a de lonc.

[Théâtre français au moyen âge, p. 16, xme siècle.)

2. Benedetto Varchi, né à Florence en 1502, suivit les Strozzi dans leur exil et fut précepteur de leurs enfants.

Sa renommée le fit rappeler par Côme F', qui l'aida à constituer l'Académie florentine, lui donna une pension, et le chargea d'écrire l'histoire des derniers temps de la république et de l'origine de la puissance des Médicis. Après

cet ouvrage, dans lequel Varchi montre beaucoup d'exactitude et d'indépendance, son œuvre la plus importante est VErcolano, dialogo nel quale si ragiona délie lingue, ed in particolare délia ioscana e délia fioventina. L'un des interlocuteurs est le comte César Ercolani, de Bologne. Varchi était devenu prêtre et allait remplacer le curé de Monte-Varchi, lorsqu'il mourut, frappé d'apoplexie, eh 1565.

3. Cet écrivain est un médecin et philosophe florentin, nommé Paolo Mini. (Voir Tiraboschi, Storia délia letleratura italiana, t. VII, p. 689, 694, 903.)

à ce jugement de Benedetto Yarchi, comme si c'estoyent mots d'évangile.

Il ne faut pas demander en quel reng mettent nostre langue ceux qui veulent faire marcher la Greque et la Latine après la leur; mais il faut demander pourquoy leur dire ne seroit subject à caution : veu mesmement que nous avons pour l'honneur de la nostre (outre tant de raisons que j'allègue en mon traitté) un tesmoignage qui en vaut une douy.aine : pource qu'il est d'un ancien personnage, qui estoit de leur Florence, précepteur du poète Dante. Car cestuy-ci, nommé Brunetto Latino \ a laissé un livre composé en langage François, et depuis traduict en Italien (où il est nommé il Thesoro :) dedans lequel il confesse le parler François eslre non seulement plus en usage, mais aussi estre plus plaisant que tous les autres. Or je leur laisse penser s'il eust ainsi parlé de nostre langue, sinon qu'il eust veu la sienne, asçavoir la Florentine, n'estre rien à comparaison, non plus que les autres vulgaires. Ils merespondront que depuis le temps auquel vivoit ce Brunetto, leur

I. Brunetto Latini, né à Flo- toire, à la géographie, à l'as-

rence vers 1212 suivant les uns, tronomie, à la morale, a La

en 1230 suivant d'autres, fut politique. Il a été publié en 1863

<'xilé parles Gibelins en 1260. «lans 1rs Documents inédits sur

11 passa sept ans au moins à l'histoire de France. On en cite

Paris. De retour à Florence en toujours la rameuse phrase:

1284, il fui nommé secrétaire ■ Se aucun demandoit por quoi

des conseils de la république, cist livres esl escriz en romans

et joua toujours dès lors un selon le langage des François,

rôle important dans l'Etat. 11 puisque nos somes Ytaliensje

mourut en 1294. Ll livres dou diroie que ce est por 11 rai-

Tresor, qu'il écrivit en français sons : l'une, car nos somes en

pendant son Béjour à Paris, France, et l'autre por ce que la

est une sorte de recueil ency- parleure est plus delitable el

clopédique qui touche a l'his- plus commune à toutes gens. «

langue a beaucoup acquis de beauté et de richesse; et moy seray-je muet? ne leur puis-je pas répliquer que la nostre a faict le mesme? Voire puis et doi adjouster qu'elle peut reprocher à la leur (puisque son ingratitude la contraind d'user de reproche) qu'une grand' partie de son embellissement et enrichissement vient de ses biens : comme je le monstre évidemment en mon livre. Veu donc que la nostre, la renouvelant ainsi presque toute, l'a faicte comme renaistre, faut-il demander qui est la première des deux? Non plus, certainement, qu'on demanderoit qui est la première, la mère ou la fille. Joinct que quand ceci ne seroit, nous avons des Rommans qui pourroyent estre les bisayeulx, voire trisayeulx du plus ancien auteur qu'ils ayent. Mais je confesse bien qu'entre leur temps (je di des Italiens qui sont aujourdhuy) et le nostre, il s'est faict plus grand remuement de mesnage en nostre langue qu'en la leur (et principalement quant aux terminaisons) comme aussi il fut grand entre le temps d'Ennius et de Virgile '. Tant y-a que si on considère bien Testât auquel leur langage et le nostre sont maintenant, je puis alléguer beaucoup de raisons (outre celles que j'ay deduictes plus particulièrement) pour lesquelles il n'y-a aucune apparence de comparaison entr'eux.

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