‹ La précellence du langue françois;Chapitre 42 sur 212 · I. De Méry, Histoire des pro- venl parler à leurs inférieurs · texte numérisé non relu

I. De Méry, Histoire des pro- venl parler à leurs inférieurs

verbes, I. 143 : -< Omni» herus que \\\w monosyllabes. » La

fit srrvo monosyllabus. 11 ne forme est toute différente, mais

aut pas se familiariser avec en réalité l'idée est tout à fait

es valets. Les LrramU ne (loi- la même.

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ilemanderay pourquoy à plusieurs infinitifs qui se terminent en E, ils ostent reste lettre, comme en ce passage, Non mi è novo (disse il Cornaro) Vudirparlare honoratamente del Martelli1. Pareillement en cestuy-ci, Ma se pure vi da Vanimo di udire intorno à questa facolta, alcuna cosa, pregar vi voglio che talhora vegniate à la Academia*. J'advertiray de noter en ces deux passages, qu'un mesme verbe au premier ha la queue coupée, non au second, car le premier passage ha, udir, le second udire. Et la raison est (comme je croy) qu'au premier la queue du mot prochain parlare empeschoit (ou pour le moins sembloitempescher) la queue du précèdent. Je leur demanderay pareillement pourquoy ils ostent quelques lettres, au bout d'aucuns mots : comme nous voyons gran pour grande, et san pour sano, et alcun pour alcuno, et ben pour bene, en ce passage qui est pris, comme les precedens, du troisième livre de ce qui a esté composé touchant la Langue Thos-

l. « Ce n'est pas chose nou- une tragédie intitulée Ttdlia,

velle pour moi, dit Cornaro, une traduction du î° livre de

«rciit. ■mire parler honorable- V Enéide, «les odes el des can~

ment de Martelli. » Luigi Cor- sont très estimées. Son frère,

naro, d'une grande famille Vieen/o Martelli. né dans les

vénitienne, naquit en 1467, et. premières années du xvi* siècle,

avec une saut.' 1res délicate, mort en 1556, a lais-.'- un vo-

vécul jusqu'en 1566. Ses Dis- lume de lettres et de DO

délia vita sobria (Padoue, :>. •• Mais si cependant vous "nt été traduits en plu- avez envie d'entendre quelque sieurs langues. Lodovico chose sur cette faculté, je vous Martelli, né à Florence en 1499, prie de vouloir venir quelquemort en 1527, a laissé inachevée fois a L'Académie. •>

cane, par Bernardin Tomitan (lequel escrit en deux sortes son nom mesmement, Bernardino, et Bernardin : ayant mis cestuy-la en la seconde impression, cestuy-ci en la première) Ilquale, corne gran Platonico che egli è, non vorra comportarvi che Amore sia mai cagione dCalcun minimo difletto : corne quello che è usato di riprendcr il jjocta, mentre disse cK Amor occhio ben San fà veder torto*. Je leur feray confesser que ce qu'ils coupent ainsi la queue à ces mots, fait grandement contreux. Car quand bien ils voudront dire que ce qu'ils font, ce n'est pas leur couper la queue, mais la trousser seulement, si est-ce qu'il suyvra qu'à eux-mesmes elle semble tramer. El à la vérité je trouve bon qu'ils troussent ceux qui ont apparence d'estre trop longs (comme Amore avoit quelque apparence de l'estre : lequel toutesfois n'a esté troussé qu'à la seconde fois) et non qu'ils facent le mesme à ces pauvres dissyllabes: et principalement quand ils espargnent quelques polysyllabes qui sont tout auprès. Toutesfois laissant cela à leur discrétion, retourneray à ce propos, que telle façon de faire répugne à ce qu'ils mettent en avant toucbant la gravité de leur langage, s'ils la veulent prouver par ceste tant lente,

1. Littéralement : lequel, faut : comme celui qui a coucomme grand platonicien qu'il tume (en homme qui a couest, ne voudra jamais vous tume) de blâmer le poète accorder que l'Amour soit d'avoir dit que l'Amour fait jamais cause du moindre dé- qu'un œil sain voit de travers.

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tant posée ou tant pesante prononciation : (car derechef je leur baille à choisir de ces trois) veu que ce qu'ils font c'est pour la haster un peu. Sur quoy il faut noter qu'ils ne peuvent venir à bout de leur langage, comme nous venons à bout du nostre. car quand quelqu'un traine sa parole, ou ses paroles (nous disons ainsi de celuy qui parle un peu trop lentement) il s'en peut corriger, et parler plus vistement, sans changer rien de l'ordinaire es mots : mais le leur ne peut estre prononcé que lentement (encore qu'il le soit moins par les uns que par les autres) jusques à ce qu'on ait osté les dernières syllabes de quelques-uns. Et pour conclusion, quand ils veulent corriger un peu ceste pesanteur, force leur est d'accoustrer leurs mots à la façon des nostres : c'est à dire, les faire terminer en lettres consonantes, au lieu que leur naturelle terminaison estoit en voyelles. Yoyla comment au lieu de dire, Parlare, Insegnare, Dichiarare, Mostrare, ils disent Parlar, Insegnar, Dichiarar, Mostrar : ainsi que nous disons Parler, Enseigner, Déclarer, Monstrer : et font de mesme es autres. Et sont si bien accoustumez à ceste syncope, ou plustost apocope (que j'appelle retranchement) qu'ils en font quelquefois autant aux dissyllabes, qui n'eu peuvent mais. Vray est qu'ils ne font pas ce tour à tous les vocables d'une clause, mais espargnent les uns. les autres non, selon qu'il s'avisent. Et qu'ainsi

soit, si un d'eux répète quelque chose en mesmes mots, il pourra advenir que la seconde fois il usera de retranchement en ceux mesmes qu'il aura espargnez la première. Tellement qu'on ne peut dire autre chose, sinon qu'il eschappe qui peut. Or quant à ce que j'ay dict que ce retranchement estoit pour corriger la pesanteur dont j'ay faici mention, je me puis aider de l'autorité de leur Bemho : qui en son livre intitulé Le prose, parlant de deux passages du Pétrarque, en l'un desquels il a dict Huom pour Huomo, en l'autre Popol pour Popolo, escrit, Erano Huomo ePopolo le intere voci : dalle quali egli leva la vocale loro ultima : la quale se egli levata non havesse, elle sarebbono state voci alquanto languide e cascanti : che hora sono leggiadrelte e gentili*.

Quand ils auront esté déboutez de leur plus fondamentale proposition, en ce qu'ils mettoyent en avant, la gravité de leur langage estre plus grande que celle du nostre, il restera de voir quel autre fondement ils luy peuvent donner : veu mesmement que je maintiendray qu'au contraire il est aucunement mol, à comparaison du nostre : pour le moins n'est pas si nerveux et viril. Or ce ne sera point sans parler de la pro-

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