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Maintenant que la mode jeux français, ce sont les mots

a introduit en France les jeux anglais <|ui dominent <lans la

anglais, qui souvent ne <iilïï'- désignation <!»'> jeux : foot-

rent que bien peu des anciens bail, (ru/lis. etc.

Quand on dit, Il joue 'pardessus la chorde, c'est ce qu'on dit autrement, 77 joue au plus seur. ou, Il joue à bonne veue.

Voici une façon de parler laquelle est aussi des belles, Je ne veux pas courir après mon esteuf, de celuy qui pareillement veut jouer au plus seur. Comme si on disoit, Je ne me veux pas arrester à une chose incertaine.

Si ceste-la est belle, ceste-ci encore d'avantage, Marquez bien ceste chasse : au lieu de dire, Prenez bien garde à ce poinct duquel je vous adverti.

De ce jeu est pris aussi le mot Naquet, en ceste façon de parler, 77 pense faire de moy son naquet. Et de ce nom Naquet vient le verbe Naqueter : duquel on use quand on dit, Vous me faites naqueter après vous.

Je m'asseure que quand messieurs les Italiens ne confesseront la debte en aucun autre endroit, (ce que toutesfois par raison ils devront faire en plusieurs) pour le moins la confesseront-ils ici.

Et toutesfois, s'ils veulent dire la vérité, ils m'accorderont aussi que combien que souvent ils puissent avoir besoin d'exprimer telles choses, ils n'ont rien pour mettre en la place qui soit ne tant emphatique, ne de si bonne grâce. Je sçay bien qu'ils empruntent quelques métaphores du jeu des eschets : mais nous les pouvons avoir aussi bien qu'eux, puisque ce jeu nous est commun.

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Ici je prieray le lecteur considérer combien il faut que nostre langage soit riche en tous les endroits dont il emprunte tant de beaux mots et tant de belles façons de parler, pour les accommoder à autre usage (ce que les Grecs appellent Parler par métaphore) veu qu'il n'y a que les riches qui puissent beaucoup prester. Et ne faut trouver estrange ce mot d'emprunt en cest endroit, encore qu'en ce faisant il ne prenne rien hors de sa seigneurie. Car ayant richement pourveu chacun endroit des termes qui luy conviennent, quand après il en prend quelcun pour le faire servir à quelque autre usage, c'est à la charge de le rendre : et pourtant, j'appelle cela emprunter. Pour exemple donc de ce que je vieil de dire, le lecteur doit considérer comment nostre langage a richement pourveu sa vénerie et sa fauconnerie des termes qui luy sont convenables : veu qu'elles ont moyen de luy en prester si grand nombre. choisi parmi un qui est plus grand sans comparaison.

Mais on se pourra esmerveiller que je ne fay aussi mention des termes que nostre lan choisit en chacun de ces ars ou mestiers \ pour s'en servir en la mesme façon que des prece*

1. Cf. E. Pasquier, Lettres. Il, !<•- noirs de ce chapitre, dans

xu. — Brnnot, La doctrine de lesquelles se trouvent plusieurs

Malherbe d'après so?i Commen- indications utiles relativement

taire sur Desportes, p. 305, H aux mots techniques.

dens : asçavoir par métaphore. Je respon premièrement, que quand je ne proposerais qu'un seul de chacun, ce seroit une chose fort longue : et en second lieu que les ars par lesquels on fait une mesme sorte d'ouvrage, n'estants par tout semblables (aumoins totalement), les métaphores ne pourroyent estre entendues par ceux qui ont des ars differens. Au reste , encore que je confesse que les autres nations ont aussi bien des ars, ou mestiers, je ne veux pas confesser qu'elles en ayent si grand nombre : exceptant seulement i'Alemande quant au fer : duquel elle s'aide si bien et en tant de sortes d'ouvrages, que j'estime, les Italiens, pour ce regard principalement, dire (comme par forme de proverbe joyeux) que les Alemans ont l'esprit aux doits. Je nie aussi que les mestiers que les autres nations ont semblables aux nostres (ou à peu près) soyent semblablement fournis de mots nécessaires pour exprimer tout ce qui appartient à iceux.

Et à fin qu'il ne semble qu'il y ait plus de vanterie en ce propos que de vérité, je veux amener un exemple de ce que j'ay dict : et d'autant que je sçay qu'il n'y a presque pays où on ne face de la monnoye (ce que nous appelons Forger de la monnoye ou Batre de la monnoye) je prend ray ce mestier pour exemple de la richesse que j'attribue à nostre langage. Je di donc que ce mestier estant divisé en beaucoup de parties (c'est

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à dire, en plusieurs sortes de manufacture) on ne trouvera aucune destituée d'un nom fort convenable et propre : asseurant le mesme touchant les noms des matières dont la monnoye doit estre faicte, et les instrumens dont il se faut servir : et adjoustant cela encore touchant un troisième poinct : à sçavoir touchant ce que tirent les ouvriers pour leur loyer, et le prince pour son droit.

Pour commancer par la matière, ils ont (outre le nom qu'ha chacun métal quand il est à part) Billon etAloy. Ils ont aussi Grenaille, qui estbillon ou quelque métal à part, qu'on retire de l'eau après qu'on l'a jette dedans tout chaud, au sortir du creuset. Et est nommé Grenaille, pource qu'ordinairement il est en grains. Mais Culasse, c'est une masse d'or ou d'argent fondue dedans un pot, ou •un creuset, et qui retient encore la forme du cul de pot. Il-y-a aussi d'autres noms qu'on donne à la matière dont on se veut servir, selon qu'on l'a accoustree et préparée : ainsi qu'on verra par ce qui suit touchant la manifacture.

Car, quant à ceste manifacture, il faut commancer par Allier (qui est mesler ensemble les métaux, selon la loy1 donnée par le poy.) Apres

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