I. Voir Quitard. Dictionnaire des proverbes, I
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rens, certains offices appartenans à la police : comme de vendeurs devin, de vendeurs de marée, de vendeurs de hestail, et autres offices, qui ont aussi leur cas à part, quant à certains termes : dont aucuns sont beaux au possible.
Et à propos de la police, s'il falloitque nos compétiteurs exprimassent en propres termes de leur langage plusieurs choses qui la concernent, par où commanceroyent-ils? Gomment exprimeroyentils ce que nous appelons Police ', et 1 rille bien policée*! car ils n'ont pas eu tel crédit envers le langage Grec que nous, pour impetrer ces mots de luy : au contraire, il n'y-a nulle doute qu'il ne soit fort offensé de ce qu'ils ont appliqué son vocable tant excellent à une chose si différente et qui n'est d'aucune importance 2.
Mais encore seroit-ce bien pis quand il leur faudroit trouver des termes appartenans au faicl de la justice autant que nous en avons. Entre les-
1. Le français moderne ne sance d'argent ou antre chose, donne pins à police le sens billet, mandat. Le mot italien que lui donnait II. Kstienne polizza signifie céduU, l>illct. Il el que le mol a conservé long- est à rapprocher de notre mol temps après lui. « Quoi ! depuis police dans les expressions
que vous êtes ('taillis en corps comme / \olice (Tassw a/ter. Mai-
de peuple, vous n'avez pas d'après Die/, ni le mot fran-
encore le secret d'obliger tous eais employé dans ce sens, ni les
les riches à faire travailler tous mots espagnol ou italien n'ont
les pauvres? vous n'en êtes rien de commun avec r^i/.-.-v.x.
donc pas encore aux premiers II les rattache au latin pollex,
éléments de la police? >• (Vol- poUicit, qui dans la basse lati-
taire dans Littre.) nité aurait signifié serai/, puis
2. En espagnol, no/ixa signifie par extension pièce munie a un contrat de f/arantie, reconnais- sceau. (Voir Scheler.)
<j in'ls je ne veux coin prendre ceux qui concernent l'extravagante chiquanerie (à Dieu ne plaise) mais enten seulement ceux dont usent aussi les cours de Parlement, el qui sont nécessaires pour rapporter leur procédure à l'ancienne jurisprudence : en ce à quoy la coustume n'a desjà pourveu. Il est certain qu'aucuns de ces termes sont tels, que la langue Latine mesmement se trouve fort empeschee à en dire autant en un mot (comme je monstreray par exemples une autre fois) tant s'en faut que l'Italienne en pust venir cà bout : veu qu'en traduisant de nos histoires, elle ha desja fort affaire à sortir de quelques passages, pour ne pouvoir trouver des mots respondans à certains des nostres.
Et pour monter encore plus haut, que feroit leur langage parmi les affaires d'estat, tels que ceux de ce royaume? ne faudroit-il pas souvent qu'il fîst le muet? Pour le moins je m'asseure que les plus grands négociateurs d'entr'eux se trouveroyent bien empeschez, quand il leur faudroit en leurs despesches user de façons de parler non moins succinctes que graves, non moins claires que succinctes : et telles (pour éviter une longue description) qu'on les voit aujourdhuy sortir de la plume de messieurs les secrétaires d'estat : lesquels, conservans l'honneur de nostre langage, monstrent bien (toutes et quantes fois que bon
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leur semble) qu'il n'ha ainsi besoin des autres vulgaires, comme eux ont besoin «de luy '.
Or peut esh-e que nus compétiteurs, se voyans pressez, confesseront que nostre langue ha quelque avantage pardessus la leur quant aux termes appartenais aux choses dont je vien de faire mention; mais le nieront quant à ceux des mestiers : desquels ils diront que les villes moindres peuvent estre autant bien fournies que les plus grandes, estans pareillement accompagnez de leurs termes aussi bien en celles-là qu'en celles-ci. Mais je ne leur accorderay pas cela : ains diray que comme les ouvrages qui se font es grandes villes sont meilleurs que ceux qui se font es petites, aussi ne faut douter que les mestiers ne soyent-là plus perfaicts, ou, pour le moins, approchans d'avantage de perfection : et par conséquent fournis de plus de sortes d'instrumens. dont aussi il s'ensuit que le nombre des termes qui les doivent accompagner soit plus grand. Et quant à ce que je di de la différence qu'il y-a entre les manifactures des grandes villes et celles des petites, je m'aideray de rauctorité d'un grand personnage, asçavoir Kenophon : car
\. nu sail que depuis le traité Rivarol : Discours sur Vuniver-
de Nimègue le français est la nalitê de la langue fran
seule langue employée dans les 1784. ouvrage qui fut couronné
relations diplomatiques. Voir par l'Académie de Berlin.
ccstc proposition est sienne, en son huitième livre «le L'Institution du roy Gyrus1. Où il adjouste aussi sa raison, car il dit qu'es petites villes un l'ail plusieurs mestiers ensemble, et encores à grand'peine peut-il gangner sa vie : es grandes, à cause de la grande multitude, c'est bien ce que chacun peut faire que de fournir à un mestier : et encore quelquesfois ne le fait pas tout entier, mais un fait une partie de ce qui appartient à ce mestier, laissant le reste à un autre, comme (dit-il) on verra quelquesfois que de deux ouvriers l'un ne fait que des souliers d'hommes, l'autre, que des souliers de femmes : et en quelques lieux le mestier de l'un sera les tailler, de l'autre, les coudre. Lequel endroit de Xenophon (ce que je diray en passant) peut faire penser qu'il s'estoit trouvé en quelques villes, ou pour le moins en quelque ville, où la multitude estoit encore plus grande qu'à Paris : lequel toutesfois est estimé ne céder aujourdhuy à ville du monde, quant à estre bien peuplé. Quoy qu'il en soit, pour le moins il conferme ce que j'ay dict : tellement qu'il faut que nos compétiteurs me l'accordent.
Si donc ils veulent en la fin passer plus outre, et confesser franchement la vérité (comme huomini da bene), et dire qu'ils sçavent bien leur langage n'estre pourveu, comme le nostre, des