Voir Godefroy, au mot tude de ces deux citations nous
desrochier. rappelle qu'Estienne a composé
■2. Enéide, XII, 360 : Hespe- rapidement la Préce/lence. sur-
riam mettre jacens. tout à l'aide de sa prodigieuse
W. Enéide. XI. 418 : Humum mémoire. puisque les notes qu'il
sernel ore momordit. L'inexacti- avait amassées lui manquaient.
DE LA PRECELLEXCE
arçon, car ceci est dict d'un qui estoit à cheval l. Quant à certains mots aussi, qui sont adjectifs, servans quelquesfois d'epithetes, ils les ont tellement exprimez, que tout en un coup ils ont monstre leur hardiesse au langage estranger, et ont faict grand honneur au leur. J'enten comme quand pour pnrpureus ils ont dict pourprin : pour marmoreus ils ont dit marbrin 2, et pareillement du mot acier ont faict acerain ': duquel ils ont usé souvent avec ce mot branc. Tel est aussi Fresnint pour signifier qui est de fraisne. Et quand il a esté question de trouver des beaux mots composez, ils ne se sont monstrez moins braves : voire jusques à dire en un mot ce qu'Homère n'avoit pu exprimer qu'en trois, car quand Homère parle des chevaux de Rhésus, il dit, theein anemoisin homoioi*. Mais quand le Romman de Judas Maccabeus * appelle un cheval passevent % il use d'une
1. Voir Godefroy, qui cite entre autres ces deux vers {Roman d'Alexandre) :
Si grant cop li dona que son l'arçon
[Taïkiinc...
si l'a fera delbranc qui bot l'arçon
[l'admit'.
iM.esadjectifsde cette forme sont fréquents au xvi" siècle.
Rabelais dit par exemple :
plume anse ri ne, cornes bovines, fisc chaumine, lion marbrin, etc. Ronsard : adamantin, albastrin, ivoirin, marbrin, murlin, pourprin, etc.