‹ La qualité dans le blé [microforme]Chapitre 5 sur 48 · PRODUCTION DE NOUVELLES VARIÉTÉS DE BLÉ DE QUALITÉ SUPÉRIEURE · texte numérisé non relu

PRODUCTION DE NOUVELLES VARIÉTÉS DE BLÉ DE QUALITÉ SUPÉRIEURE

Dès les premiers temps de l'organisation des fermes expérimentales de l'Etat, on y a donné beaucoup d'attention à la production de blés de qualité supérieure et à maturation hâtive. Ce travail fut pendant quelques années sous la surveillance personnells du Directeur, qui, en raison de ses nombreux devoirs, ne pouvait ÿY Consacrer autant de temps qu'il aurait paru désirable, D'autres causes contribuaient aussi À rendre ce travail plus difficile qu'il ne l'est à présent. Une des grandes difficultés était qu’il fallait avoir une grande quantité de blé pour les essais de mouture et pour produire de la farine pour les essais de panification, Ces quelques dernières années, depuis l’établissement de la division des céréales, l'installation d'appareils pour la mouture de petites quantités de blé et pour la panification de la farine ainsi obtenue, fait qu'il nous

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est pessib'e de déterminer avec exactitude la qualité d'une variété quelconque, mème si auus avons qu'une tiès petite quantité de grain à notre disposition. Ceux qui s'occupent du sélectionnement des plantes, ont aussi acquis depuis une vingtaine d'années une somme cnsidérable de cour aissances; et on peut maintenant aborder les problèmes avec une pus grande certitude de su-cès qu'on ne le pouvait auparavant. Dès le début de ce travail les efforts ont surtout eu pour but de combiner la qualité supérieure du blé F'ife ro: g+ avec la précocité d'autres variétés de la plupart desquelles on ne connaissait pas la qualité. La méthode de sélection après l'opération du croisement était dans les preuiers temps moius rigide que celle qu'on suit maintenant. Ces quelques dernières années nous avons employé à cette ferme-ci la méthode de sélection par de sin ples plantes seulement. Nous semons toujours séparément la semence recueillie sur chaque plante conservée, jusqu'à ce que nous ayons constaté que les caractères de chaque lignage particulier sont bien fixés.

Dès le commencement nous avons trouvé fort à désirer d'avoir quelque méthode pour estimer la qualité du grain produit par de simples plantes. Les acheteurs de blé pratiques savent depuis longtemps que l'on peut se former une idée approximative de la feree boulangère de la farine en mâchant pendant quatre ou cinq minutes quelques

rains du blé qu'on doit moudre et puis en examinant dans les doigts le gluten ainsi oftnu. Après avoir essayé un grand nombre de fois cette simple manière de faire, j'ai trouvé qe l'en peut acquérir un: très grande facil'té pour juger ainsi de la qualité: et lepuis deux ou trois ans je l'ai beaucoup employée: je mâche ordinairement dix douce grains du produit de chaque plante que je considère pouvoir choisir pour cuère. On put dire qu'en règle générale la farine la plus forte est celle des bl£e

le gluten a la plus grande capacité de reprendre sa forme après qu'on l’a serré doigts. Les différences dans la qualité du gluten observées chez diverses phintes du méme pedigree sont souvent très grandes: et ce n'est point trop dire que datlrmer que cette simple méthode d'essai nous met à même de choisir chaque saison. ve pas ablenent ee cortitade, quelques-unes des me’leures plantes ,et ainsi de réduire mn érent le travail qu'entraînerait la multiplication du grain d'un grand nombre de Banages, desquels on aurait finalement à rejeter la plupart. On ne pourrait pas prétendre oue cette méthode à la grosso modo soit infaillible, J’ai toutefois fait voir par Ces essiis de panification qu'elle cst suffisamment exacte pour mériter l'étude sérieuse le tous les sélectionneurs de blé, bien qu'il puisse être nécessaire à tel ou tel investigateur de répéter l'épreuve plusieurs centaines de fot; avant d’être expert dans son emploi, En général, il n'est pas très difficile d'arriver ainsi à juger avec assez de precision à la fois de la force en fait de gluten et de la couleur de la farine que prolnira le hé considération; et, si l'on prenait la peine de peser le blé employé et la

boulette de gluten produite, il serait certainement po s'b'e de doser apnroximativement le gluten que preduirait le blé, Te ne sais pas si d'autres investigateurs ont fait usage de cette mithode de juger de la qual'té de p'antes indiv'duelles: mais je la recommande fortement comme impérativement nécessaire à tous coux qui tâchent de produire des blés de qualité supérieure. Elle exige de la patience ot de bonnes dents: mais ce sont là deux c°cses indisrensab'es à tous les sé'eionneurs de T6, Si l'on ctrdie les derniers chapitres de ce bulletin, on comprendra aue, dans 'e travail de production de nouveaux bls, la simple observation de la couleur et de la duretf des grains, comme on le fait ordinairement, n'a presque aucune valeur pour la détermination de la force de Ja farine, L'essai par le mâchement est certainement d'une grande valeur: mais il faut que les résultats soient toujours corrohorés par ceux d'essais de panification aussitôt que l'an 9 pu obtenir assez de hé nour lee offootuer.

Par l'emploi de cette méthode, combinée avec les observations sur la précocité, la fertilité, ote., j'ai sé'octi nné À nouveau toutes les ver'étés hvbrides de blé importantes, résnlio's des croisements «nérés per le Dr Wm Saunders, var M. W, T. Macoun, et par le Pr A P. Saunders, ninsai ave par moi-même il y a arelques années, Ces nonvoanx Hwnawes silestionnés ont été dans chaque ens le produit de simples plantes sélec- ‘ionnfes, et ils présentent un degré d'uniformité très remarquable, Il y a dans le nombre quelques sortes trèe promettantes,

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a nouveaux blés hybrides que j'ai produits ces quelques dernières années, et je les ai sélectionnés d’après les résultats

Un cas particulier de l'utilité de cette méthode d'essai peut présenter quelque intérêt. Il y a quelques années je fis une expérience en vue d’obtenir, si possible, un croisement naturel entre deux variétés de blé, Je semai dans une petite parcelle un mélange de Fife rouge (sans barbes) et de Rio Grande (barbu). Lorsque le grain fut mür, je choisis quelques épis de Fife rouge portés par des chaumes passablement courts, et la saison suivante je semai environ 200 des grains de ces épis. Parmi les plantes que produisirent ces 209 grains il s'en trouva une dont les arêtes étaient un peu plus développées qu'elles ne le sont d'ordinaire chez le vrai Fife rouge. Si je mâchais quelquesuns des grains produits par cette plante Je trouvais que le gluten était d’une qualité tout à fait distincte de celle du Fife rouge et lui était inférieure, Il fut ainsi prouvé que la plante était un hybride, le pollen du Rio Grande étant tombé sur l’épi de Fife rouge pendant la floraison l'année précédente. Comme cette preuve, toutefois, aurait pu n'être pas acceptée par d'autres observateurs sans confirmation, nous semâmes l'année suivante les graine produits par cette plante hybride. Ils produisirent des plantes de types divers, soit barbues soit en partie barbues ou sans barbes. On voyait dans les grains aussi bien que dans les épis l'influence du Rio Grande, beaucoup de grains étant plus gros que ceux du Fife rouge. Ces observations complétaient la preuve de la nature hybride de la plante-mère, et démontraient la valeur de l'essai par le mächement comme moyen de distinguer des variétés de blés qni se ressemblent.

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