‹ La Réforme de l'Université Impériale en 1811Chapitre 14 sur 107 · RÉSULTATS DES ENQUÊTES · texte numérisé non relu

RÉSULTATS DES ENQUÊTES

recommandations formelles du ministre, beaucoup furent vagues; c'étaient des « lettres de cabinet » rédigées sur une idée générale et sans un renseignement positif; mais, — et ce résultat était remarquable pour une enquêle administrative — , plus de la moitié des réponses furent précises et pleines de remarques intéressantes : l'observation la plus générale, celle qui revenait le plus souvent et des régions les plus différentes, c'était la constatation de la puissance de la concurrence ecclésiastique ; que ce fût dans l'Aisne ou dans les Basses-Pyrénées, dans le Calvados ou dans l'Isère, dans le Finistère ou dans la Haute-Marne, partout les écoles dirigées par les prêtres étaient florissantes en face de collèges ou de lycées qui végétaient. Au ministre qui leur avait demandé ces renseignements, plusieurs préfets se plaignirent de leur impuissance; ils étaient désarmés depuis la création de l'Université et n'avaient plus aucune action sur la direction donnée à l'enseignement. Quelques préfets eurent cependant l'idée de demander uneWoi qui obligerait les élèves d'humanités à suivre les cours des lycées et collèges et l'enquête révéla même que le recteur d'Aix avait pris, dans son académie, Finitiative de la mesure *. Pour Napoléon, on résuma quelques-unes des réponses : par le Bulletin de Police, qui lui donnait chaque jour des indications sur l'opinion publique, il sut que l'incident du Finistère n'était, en réalité, que l'exagération dans un département breton de sentiments qui,

* Quicherat, dans son Histoire de Sainte -Barbe, parle aussi d'un arrêté du grand-mattre (du 10 nov. 1810), qui obligeait les institutions à envoyer leurs élèves au lycée; je n'ai pas trouvé cet arrêté; d'ailleurs, il ajoute que Sainte-Barbe garda la bonne moitié de ses élèves à l'intérieur et que Fontanes ferma les yeux sur cette contravention, qui ne privait pas l'titat de la contribution du vingtième payée également par les étèves de l'intérieur. En 1810-1811, on songea à transformer Sainte-Barbe ên lycée, mais les négociations traînèrent en longueur.

partout, de manière différente, existaient et se manifestaient 1 . Ainsi les renseignements des préfets « servaient de contrôle pour ceux que remettait l'Université »; bien souvent, sans doute, ils les contredisaient 2 .

ENQUÊTE SUR LES CONSEILS ACADÉMIQUES, ENQUÊTE SUR LES PÈRES DE LA FOI. — LA LUTTE ENTRE LE LYCÉE ET l'ÉCOLE ECCLÉSIASTIQUE A CLERMONT-FERRAND.

Une enquête faite dans le deuxième arrondissement de police 3 donna d'intéressants détails sur les Conseils académiques : on y voyait d'anciens prêtres qui avaient émigré et pendant l'émigration avaient été précepteurs ou négociants ; « on comptait ceux qui secondaient les vues des autorités publiques ; » il y figurait aussi d'anciens officiers, — dont quelques-uns étaient à peu près illettrés, — tel cet inspecteur de l'académie de Nancy, ancien officier aux grenadiers de France, arrivé grâce à l'appui de Sémon ville et dont les lettres « fourmillaient d'erreurs grossières ». L'un des préfets consultés ne se contenta pas d'envoyer de brèves et rapides notes ; dans une lettre qu'il faut citer tout entière, Ramond, préfet du Puy-de-Dôme, un ancien membre de l'Assemblée législative, autrefois professeur à

* Les réponses des préfets étaient parfois remaniées ; voir les documents en appendice.

* Je n'ai pas trouvé d'enquête universitaire en 1810; à en juger d'après les affaires du Finistère, Fontanes, et par lui Napoléon, devaient être bien mal renseignés par les fonctionnaires de l'Université.

s Le deuxième arrondissement de police comprenait les départements de l'Est, du Sud-Est et du Sud-Ouest. Il était placé sous la direction de Pelet de la Lozère. V. YAlmanach impérial.

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