‹ La Réforme de l'Université Impériale en 1811Chapitre 24 sur 107 · LE TÉMOIGNAGE DE RENDU · texte numérisé non relu

LE TÉMOIGNAGE DE RENDU

« en état d'hostilité contre la religion », comme le prétendaient ses adversaires. Jugeant le décret de 1811 il écrivait : « ses dispositions ab irato semblaient n'avoir été recommandées à l'Université que pour qu elle tempérât leur exécution ». Pour mieux encore réfuter les attaques dirigées contre le corps dont il faisait partie, il énumérait les ecclésiastiques qui, sous Napoléon, étaient entrés dans le conseil de l' Université, et il concluait ainsi : « Nous serions tentés de croire que Bonaparte en créant Y Université ne s'était pas proposé d'enlever l'éducation aux prêtres ; quand il lui arrivait d'écouter les dénonciations

qui s'accumulaient contre l'Université dans les bureaux de la Police générale et dans son Conseil d'Etat il pouvait trouver parfois que cette Université favorisait trop la religion et ses ministres ». Avec véhémence, il défendait l'Université d'avoir servi les vues de Napoléon et il disait que « si quelque jour elle voulait écrire sa propre histoire elle pourrait se rendre un bon témoignage 1 ».

Plus tard, en 1844, quand la campagne commença, violente, contre le monopole universitaire, de Riancey citait ces mots d'un discours de Dupin ainé : « Si le Gouvernement a osé porter le décret de 1811, il ne paraît pas qu'il ait jamais cherché a le faire exécuter - ».

4 Rendu, Essai sur l'instruction publique...., passim; à propos du conseil de l'Université, M. Dcbidour, ouv. cité, p. 335, écrit : « Pour accentuer encore la signification de cette réforme [la suppression de l'Université], de Ronald, le théoricien de la théocratie, était nommé membre [du conseil de l'UniversitéJ. w Or, déjà sous l'Empire, Fontancs avait fait entrer de Bonald cl de Hausset dans le conseil de l'Université.

4 De Riancey, ouv. cité, II, 105.

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GUIZOT SURTOUT MONTRE, EN 1816, TOUT CE QUI A ÉTÉ FAIT, « SANS BONAPARTE », DANS l/UNIVERSlTÉ ET REND HOMMAGE A FONTANES; LE TÉMOIGNAGE DE SAINTE-BEUVE EN 1838.

Après 1814, quand il était devenu possible de révéler ce qui avait été fait « sans Bonaparte » on rendait hommage au zèle de Fontanes et à la vigilance du Conseil de l'Université. Dans un petit volume, paru en 1816 et consacré à l'Université, on lisait : « placée entre la volonté d'un despote et la force des choses [le désir général d'une éducation religieuse], entre un intérêt égoïste et l'intérêt public, l'Université n'hésita point ; ses chefs employèrent toute leur habileté à calmer les méfiances qu'inspirait déjà à un gouvernement ombrageux l'institution naissante et à protéger, sans bruit, le développement des bons principes

qu'elle contenait ; les relations du grand-maître avec

les évêques ne furent qu'une suite de déférences et de procédés : il maintint les droits de l'Université mais en n'exerçant sur les petits séminaires qu'une surveillance de père protecteur ; aucun, durant six années, n'a été visité par les inspecteurs, si ce n'est du consentement ou d'après l'invitation des évoques ; c'étaient encore les évêques qui en nommaient les directeurs ou les régents dont ils envoyaient seulement la liste au grand-maître La plupart

des élèves étaient exemptés de rétribution. L'intérêt des études a même été sacrifié plus d'une fois à ces égards respectueux » ; et plus loin, l'auteur affirmait que le décret du 15 novembre, donnant à l'Université les biens des petits séminaires supprimés, ne fut appliqué nulle part.

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