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MATIÈRES COLORANTES POUR FRAUDER LES VINS

intense, violet en présence des alcalis ou de leurs carbonates. Elle sert aux mêmes usages que la précédente.

Le campêche et le fernambouc ne sont pas usités dans les pays de grande production vinicole.

i. Orcanette, — VOrcanetie, plante de la famille des BojToginéeSf qui croît sur les coteaux arides de la Méditerranée, est une racine rugueuse, foliacée, de couleur rouge-violet très foncée à l'extérieur. Elle est sans odeur ni saveur. Sa matière colorante, peu soluble dans Talcool aqueux, a été signalée dans quelques vins. Cette substance colorante rouge, examinée autrefois par Pelletier (1), est insoluble dans Teau, soluble dans Talcool, Tétber, les huiles, auxquelles elle communique une belle couleur rouge. Elle forme avec les alcalis des combinaisons d'un beau bleu, et avec les terres des laques diversement colorées. Les substances colorantes de Torcanette, fort peu solubles dans Teau même alcoolisée à 20 p. 100, se rencontrent très rarement dans les vins.

j. Orseille. — Les résidus (Torseille ou Vorseille en pâte contiennent des substances rouges fournies parla fermentation de divers lichens du genre Roccella avec des matières animales azotées et spécialement avec de Turine. On y trouve au moins trois principes colorants : V alpha- orcéine^ la beta-orcéine^ et Yazoérythrine. Les deux premières sont très solubles dans Teau et dans réther ; la dernière, insoluble dans l'eau, l'alcool et l'éther, est soluble dans les alcalis. Vorseille est aussi fort rarement employée.

(1) Voir Pelletier, Bull, de Pharnu, 1814, p. 4*5.

Ii2 COLORATION ARTIFICIELLE.

k. Indigo. — Le carmin d'indigo en pâte ou céruléine ajouté aux gros vins en petite proportion fonce encore leur couleur et les rend pourpres ou violacés. Il sert aussi à rabattre la teinte trop rosée de la fuchsine. Il est employé surtout dans les pays chauds.

B. Matière colorante animale. — Cochenille, — La cochenille {carmin^ laque carminée^ carmin ammoniacal) s'emploie encore aujourd'hui en très grande quantité. Elle est vendue soit sous forme de galettes (cochenilles pilées mises en digestion avec de l'ammoniaque et ensuite comprimées), soit en solutions épaisses. Cette matière colorante sert, surtout dans le Midi de la France, à relever le ton de vins souvent destinés à leur tour à frauder les bourgognes et les bordeaux.

G. Colorants dérivés du goudron de houille. — a. Fuchsine et analogues. — La fuchsine^ les sels de rosaniline, les rouges et violets d^aniline, substances souvent arsenicales, étaient beaucoup employées il y a quelques années et le sont encore quelquefois, seules ou mélangées à d'autres matières colorantes jaunes ou rouges et spécialement à du sirop de glycose caramélisé ou à des extraits divers destinés à atténuer la vivacité de leur ton rose ou violet, à masquer leur réaction, ou simplement à frauder la substance frauduleuse elle-même. Le grenat^ matière secondaire de la fabrication de ces couleurs, qui était il y a quelque temps rejeté comme un résidu de nulle valeur ou à peu près, se vend aujourd'hui à un prix rémunérateur grâce à l'emploi, de jour en jour plus général qu'on en fait pour frauder les vins. C'est un mélange de fuchsine^ de mauvaniline, de chrysoto^

Matières colorantes pour frauder les vins. 143

luidlne, de brun de phénylène-diamine et d!une malière colorante indéterminée, grenat brun. Il est peu de substances vendues pour colorer les vins sous un nom de fantaisie [caramel^ colonne, cramoisine, scarlatine^ purpuinnCj sanguine, carotine et autres de même acabit) qui ne contiennent des résidus de fuchsine incorporés à de Textrait de betterave, à du carmin de cochenille, à du caramel^ etc. Quelquefois ces sirops colorants sont en outre arsenicaux.

Le brun d'aniline (brun de phénylène-diamine) a été employé soit pour donner aux vins la belle teinte pelure d'oignon des vins vieux, soit pour colorer les eaux-de-vie, les sirops, etc. Il a été rencontré dans les vins de Bourgogne, les cognacs, les vermouth, etc.

b. Safranine. — La safranine est une substance colorante rouge dérivée de l'oxydation de la pseudotoluidine. La base principale qu^elle contient est presque insoluble dans Téther. Elle se fixe difficilement sur la laine et teint la soie en rose. Cette couleur passe au violet, au bleu foncé, enfin au vert clair par Tacide chlorhydrique, réactions qui permettent de la différencier aisément de là fuchsine que ce réactif décolore.

Les matières colorantes suivantes n'étaient ni encore employées, ni même, pour une grande part, découvertes lors de la pubhcation de la première édition de cet ouvrage. Plusieurs ont été spécialement étudiées et fabriquées en vue d'imiler exactement la couleur des vins.

c. Acides sulfoconjugués de la rosaniline et des corps analogues, — La préparation de ces substances assez variées est fondée sur la propriété que possèdent la

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rosaniline, ses homologues et ses dérivés, de former avec Tacide sulfuriqiie divers composés sulfoconj ligués solubles dans Teau ou dans l'alcool étendu. On obtient ainsi des bleus^ des violets, des rouges. Les réactions générales propres à reconnaître la fuchsine et les bases analogues ne décèlent pas ces dérivés. Aussi les matières colorantes rouges sulfoconj uguées sont-elles souvent utilisées pour colorer les vins.

d. Matières colorantes azoïques et leurs acides sulfoconjugués. — La réaction de Tacide azoteux sur les bases telles que la rosaniline et ses analogues et sur les bases aromatiques, l'action successive des oxydants sur les produits azoïques ainsi formés et de l'acide sulfurique sur ces derniers corps, fournissent à l'industrie une série de matières colorantes nouvelles et fort belles. Parmi celles qui ont été employées à frauder les vins, nous citerons les divers po^ceavx; la rocel- Une; les rouges de Biebrich^ l'hélianthine ; Iq fond rouge; les teintes de Bordeaux ^ de Bourgogne^ etc. Ces matières, malheureusement très usitées aujourd'hui, sont essentiellement dangereuses et toxiques.

e. Phtaléines, — De l'action de l'acide et de l'anhydride phtalique en particulier, ainsi que de quelques autres acides polybasiques, sur certains phénols et oxy-phénols tels que la résorcine, le pyrogallol, etc., résultent des matières qui, traitées par l'acide sulfurique, produisent quelquefois des substances colorantes fort belles que les agents désoxydanls réduisent, mais ne décolorent pas. Ces matières se rapprochent beaucoup par leurs propriétés des couleurs végétales naturelles. Véosine^ Véthyléosine^ la sofrosine, etc., substances colorantes rouges, sont celles qui parmi les

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