‹ La sophistication des vins: méthodes analytiques et procédés pourChapitre 63 sur 125 · ANCIENS PROCÉDÉS DE RECHERCHE · texte numérisé non relu

ANCIENS PROCÉDÉS DE RECHERCHE

vin une certaine quantité des substances colorantes étrangères qu'il a pu recevoir, et d'en examiner les réactions lorsqu'elles ont été fixées sur la soie ou sur la laine, je ne suis parvenu à retirer des recherches très nombreuses que j*ai faites à ce sujet aucune méthode générale, qui permît de déterminer dans chaque cas, avec une entière cerlitude^ la nature de la couleur frauduleuse des vins suspects.

VI. — Procédés antérieurement proposés pour distingnioi' les vins colorés artificiellement.

Les réactions précédentes permettent de caractériser les matières colorantes naturelles du vin, mais si elles ne réussissaient pas toutes simultanément, on ne devrait point conclure à la fraude. Le cépage, Tâge du vin, peuvent faire varier quelques-unes de ces colorations, et rapprocher la teinte prise par la liqueur sous l'influence d'un réactif particulier, de celle que ce même réactif imprimerait au vin mélangé de couleur étrangère. Aussi l'expert ne doit-il jamais déclarer qu'un vin est fraudé d'après l'absence ou la confirmation de run des caractères ci-dessus. Il devra se garder d'affirmer Taddilion de telle ou telle matière frauduleuse, d'après une réaction unique, celle-ci fût-elle donnée comme caractéristique (1). Une matière colorante quelconque, alors surtout qu'elle est mélangée à la couleur un peu variable des divers vins, ne peut être ca-

(1) C'est ainsi que j'ai souvent* obtenu la décoloration par le zinc du vin pur ou mélangé de campêche, de cochenille ou de myrtille, tandis que cette réaction a été donnée comme caractérisant les vins au phytolacca.

ractérisée que par un ensemble de 7*éactions concordantes. Les caractères donnés par la plupart des auteurs pour reconnaître chacune des matières employées à colorer frauduleusement les vins se rapportent presque toujours à ces matières colorantes dissoutes dans une solution d*alcool étendu ou de vin blanc. Aussi, presque tout ce qui a été publié sur les couleurs des précipités plombiques, des laques d'alumine, etc., pour permettre de reconnaître ces substances colorantes, n'a aucune valeur et ne peut môme qu'induire l'expert en erreur lorsqu'on n'opère plus sur les matières colorantes isolées, mais bien sur ces substances mélangées entre elles ou ajoutées en petite quantité aux vins rouges, c'est-à-dire dans les conditions habituelles de la fraude. Avec MM. Balard, Wurtz et Pasteur (1), nous admettrons que celle-ci n'a point d'intérêt à se faire lorsque l'intensité de coloration supplémentaire qu'elle communique aux vins est inférieure au huitième de l'intensité totale mesurée au colorimètre. Nous avons toujours opéré, pour notre part, sur des mélanges en proportions connues, et telles que Vintensiié colorante du vin était rehaussée de 1/8 au minimum, de 1/4 au maximum, par l'addition des couleurs étrangères.

On s'est demandé tout d'abord si l'on ne pouvait, dans la majorité des cas, séparer dans un mélange la couleur frauduleusement ajoutée au vin de la couleur du vin lui-môme. Pour cela plusieurs prétendus moyens ont été indiqués par divers auteurs ; je me hâte d'ajouter qu'aucun d'eux n'est à recommander. Fauré, pharmacien à Bordeaux, observa qu'un vin naturel riche

(l) Rapport Guerre- Manheimer^ mai 1874, p. 16.

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