II. — Déplâtrage
Les vins du Midi presque toujours plâtrés sont souvent, surtout depuis les progrès du phylloxéra, mélangés en fraude aux vins du Bordelais, de la Bourgogne, etc., et vendus ensuite comme vins aulhenliques de ces régions. La preuve de cette fraude est facile dans la plupart des cas ; les vins du Midi étant presque toujours plâtrés, il suffit de doser Tacide sulfurique dans les vins soupçonnés d'en contenir, pour s'assurer de Tintroduction de vins plâtrés dans les vins des régions où Tonne plâtre point. Mais les fraudeurs ont depuis peu imaginé de déplâtrer les vins plâtrés destinés à ces coupages. Us y arrivent soit en ajoutant à ces vins du chlorure de baryum en quantité suffisante, indiquée par un dosage préalable d'acide sulfurique, soit'en les agitant avec un excès de carbonate de baryte en poudre.
La pratique du déplâtrage est essentiellement dangereuse et condamnable. Le moindre excès des sels de baryte restant dissous est très préjudiciable à la santé (1).
La preuve du déplâtrage est heureusement facile à faire.
Dans les vins soumis à cette manipulation on trouve :
jamais rapporté cette circulaire, il a été momentaDément entendu, sur la réclamation des intéressés et pour ne pas léser les intérêts des viticulteurs et du commerce, qu'on ne la rendrait pas immédiatement exécutoire.
(1) Les sels de baryte sont vénéneux à la dose de quelques milligrammes.
232 PLATRAGE BT DÉPLÂTRAGE.
i® Des cendres toujours neutres ;
2^ Absence complète de crème de tartre, et d*acide tartrique si le vin a été déplâtré au carbonate de baryte ;
3"* Souvent une trace de sel de baryte facile à démontrer dans les cendres. Elle provient soit de l'excès de chlorure employé, soit de l'action des acides du vin dont les sels de baryte sont solubles (tels que Tacide acétique), sur le carbonate de baryum ;
4^ Si le déplâtrage a été fait avec du chlorure de baryum, le poids élevé des chlorures contenus dans le vin permettra aussi de caractériser ou de soupçonner cette fraude.