Virchow (R.), üeber die Erzeugung von Typhus und anderen
Darmaffektionen durch Rieselwâsser (Berliner medic. Wochenschrift 7, lu et 12; 1893) ' ’
Nous nous rangeons entièrement à cet avis. Toutefois, en raison des accidents imprévus, possibles en tout fonctionnement, nous avons toujours enseigné qu’il ne faut pas boire cette eau, à moins de stérilisation préalable, et encore. Nietleben, qui avait sa prise d’eau dans un bras de la Saale, en aval du débouché du collecteur des drains de ses Rieselfelder, nous paraît avoir adopté une pratique aussi répugnante qu’imprudente, bien que l’eau amenée à l’asile fût fdlrée sur des bassins à sable à l’instar de ceux de Berlin.
C. ^ Ce que deviennent les microbes pathogènes dans les matières alimentaires. — La notion de la présence des moteurs infectieux dans nos aliments est assez récente. Elle était contenue implicitement dans celle de la transmissibilité de la tuberculose par les voies digestives, après la découverte de Villemin (Chauveau, 1868). Le bacille n’a été démontré dans la viande et le lait qu’après la découverte de R. Koch, en 1882. On ne tarda pas à découvrir le bacille typhique dans Teau (Mors en 1886, Ivan-Michael, F. ’Widal, etc.). Puis, Bagènoff le cultiva dans l’eau et dans le lait. ’Wolffhügel et Riedel (1886) étudièrent la façon dont se comportent dans Teau ce bacille, celui du choléra et le bacille du charbon. Ces recherches ont été reprises sur plusieurs modes; nous en reproduirons quelques-unes.
W. Hesse a expérimenté, à cet égard, sur trente préparations alimentaires, avec les bacilles du typhus et du choléra, qu’il avait reconnu, d’autre part, ne pas persister plus de 3 à 4 semaines dans Teau de distribution fournie à sa maison. Les substances essayées se montrèrent de bons terrains nourriciers, dans les conditions ci-dessous :
Pour le typhus et pour le choléra : le lait, la viande en boulettes, te bouillon de viande épicé, Tinfusion de viande alcalinisée. l'infusion de viande, T.albumine, la gelée, la purée de pois au
bouillon de jambon, la semoule au lait, la pomme de terre en
morceaux avec ou sans haricots.
Pour le typhus seul : la viande crue, la pomme de terre, la viande de bœuf bouillie, l’infusion de viande, le bouillon de jambon, la soupe au riz, le cerfeuil bulbeux, le bouillon de viande épicé.
Pour le choléra seul : la semoule au lait.
En 4 à 5 semaines, les germes avaient disparu :
Typhus et choléra ; sur le fromage de vache et les haricots.
Typhus seul, sur les champignons (gyrolles).
Choléra seul, sur la viande de bœuf crue, les pommes de terre, le boudin, l’infusion de viande, la croûte de pain, le bouillon de jambon.
Dans quelques cas, alors qu’on avait semé les deux germes, il n’en apparut qu’un seul dans les éprouvettes, savoir : celui du typhus sur la bouillie de riz, le boudin, la croûte de pain, la semoule sucrée; celui du choléra sur la bouillie de riz, la viande de bœuf bouillie, l’infusion de viande, le cerfeuil bulbeux, le bouillon épicé, la semoule sucrée (1).
Dans un travail plus récent (2), le même auteur exprimait sa conviction que beaucoup de bouffées épidémiques du choléra sont dues à l’ingestion par des groupes, avec les aliments, de cultures spontanées du bacille virgule, semé par l’air, ainsi qu’il a été exposé tout à l’heure.
Le professeur Flügge constate que ce même bacille se conserve vivant : quatre à huit jours dans le pain, le beurre, la viande, les fruits, etc. ; vingt-quatre heures dans le lait frais, soixante heures dans le lait cuit. « Sur beaucoup de ces matières alimentaires, ajoute-t-il, il semble qu il s accomplisse parfois une réelle multiplication du
1. Hesse (’ÇV.). Dnsere Nahrunssmittel als Nahrboden für Typhus und Choiera {Zeitschrift f. Hygiene, V, p. 527, 1889).
2. Hesse (W.). Ueher Aetiologie der Choiera {Zeitschrift für Hygiène und Infeclionskrankheiten, XIV, p. 27, 1893).
bacille Komma, lorsque la température est favorable, l’humidité suffisante, et que les saprophytes ne l’emportent pas décidément (1). »
Selon Heim, le bacille typhique peut se maintenir, dans le lait, pendant trente-cinq jours.
Kitasato a démontré que les bactéries du choléra se multiplient dans le lait, La durée de leur existence y est d’autant moins longue que le liquide devient plus rapidement acide (2). La limite extrême de survie lui parut être de trois jours et demi. Heim a trouvé des nombres plus élevés, six jours.
D’après les recherches de Lazarus, les saprophytes vulgaires prolifèrent dans le lait aussi bien que les organismes pathogènes, choléra, typhus abdominal, Bacillus Neapolitamis d’Emmerich, spirilles de Finkler et Prior et bacille de la dipthérie intestinale du lapin, de Ribbert. Seulement, les bactéries pathogènes succombent plus rapidement dans le lait cru que dans le lait stérilisé, parce que, dans le premier, surtout aune température un peu élevée (55“), ils sont rapidement victimes de la végétation exubérante des saprophytes et des acides qui se développent dans le lait (5).
Selon Cunningham (4), de Calcutta, le bacille Komma, inoculé à du lait cru, y disparut rapidement devant la