‹ LaiterieChapitre 47 sur 101 · MACHINES FRIGORIFIQUES · texte numérisé non relu

MACHINES FRIGORIFIQUES

Les machines frigorifiques se divisent en deux grandes classes :

1° Machines à compression mécanique, 2° machines à affinité.

La première classe se divise en deux parties : machines à air et machines à gaz liquéfiables.

Les machines à air sont peu en usage ; les machines à gaz liquéfiables sont, au contraire, d'un emploi fréquent. Elles reposent sur ce principe qu'un corps liquide emprunte pour passera l'état de gaz un certain nombre de calories, d'où production de froid, et qu'un gaz soumis à un refroidissement ou à une pression suffisante repasse à l'état liquide en abandonnant sa chaleur latente de vaporisation.

Les machines à gaz liquéfiables se composent essentiellement des pièces suivantes:

1° Un réfrigérant dans lequel circule le liquide, qui, en se vaporisant, produira le froid.

2*> Une pompe qui, aspirant les gaz formés par le liquide, les refoule dans un récipient appelé condenseur.

3° Un condenseur dans lequel les gaz refoulés repassent à l'état liquide pour se rendre dans le réfrigérant.

On peut soit obtenir de la glace, soit abaisser à des températures au-dessous du zéro des liquides incongelables tels que des dissolutions de chlorures de sodium, de calcium, de magnésium.

Les machines frigorifiques à gaz liquéfiables se rapportent à quatre types principaux :

1° A acide sulfureux anhydre, 2° à ammoniaque anhydre, 3° à chlorure de méthyle, 4° à acide carbonique.

Les machines à affinité sont basées sur l'affinité de l'eau pour l'ammoniaque gazeuse qui peut en dissoudre près de mille fois son volume à la température ordinaire. On chauffe une dissolution de gaz ammoniac dans l'eau, le gaz s'en échappe et va se condenser dans un récipient

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162 BEURHERIES COOPÉRATIVES.

refroidi par un courant d'eau. Puis cette ammoniaque liquide se gazéifie en produisant le froid.

Les machines frigorifiques permettent d'obtenir le . froid nécessaire à la fois pour les diverses manipulations et pour les conservations des produits soit dans des chambres à air froid, soit dans des frigorifères alvéolaires (système Corblin et Douane).

Les appareils Corblin et Douane (fig. 66) comprennent un frigorifère spécial, une machine à produire le froid à chlorure de méthyle et un ou plusieurs irradiateurs mobiles à circulation de saumure froide.

Le frigorifère permet de donner aux pains de beurre une consistance uniforme et de les refroidir à cœur. II produit en même temps de la glace transparente. Enfin le volant de froid qu'il forme grâce au volume de saumure qu'il contient, permet de refroidir l'eau, le lait, ou la crème à n'importe quel moment de la journée au moyen des irradiateurs. Ces irradiateurs peuvent être déplacés sur une canalisation spéciale et mis en service alternativement là où il est nécessaire.

BEURRERIES COOPÉRATIVES.

Les beurreries coopératives, c'est-à-dire les association s de cultivateurs organisées pour le travail en commun du lait de leurs vaches, se répandent de plus en plus en France par suite des avantages considérables qu'elles présentent.

Le rendement est plus considérable et la qualité supérieure en raison de l'installation perfectionnée et du personnel compétent qui la dirige. Par suite de la quantité notable de produits, on peut vendre fréquemment et mieux. Bref, le petit producteur, membre d'une beurrerie coopérative, obtient de son lait un revenu plus élevé tout en ayant beaucoup moins de travail qu'auparavant.

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BEURRERIES COOPÉRATIVES. 163

La première beurrerie coopérative a été fondée à Chaillé (Charente-Inférieure) en 1887. Ces associations se sont développées surtout dans la Charente-Inférieure, la V^endée et les Deux-Sèvres. Il y en a également quelques-unes dans d'autres départements. Leur nombre actuel dépasse cent et leur production annuelle dix mil-^ lions de kilogrammes de beurre.

Depuis l'époque (1896) où nous fûmes chargé d'une mission pour rechercher les moyens propres à améliorer l'industrie laitière des Charentes et du Poitou, les coopératives de cette région ont réalisé d'énormes progrès en suivant les conseils de M. Dornic, chargé d'un service d'inspection de ces laiteries. L'emploi des appareils de contrôle, des machines frigorifiques, la pasteurisation du lait écrémé se sont répandus.

D'autre part, depuis 1899, l'Association des laiteries coopératives, présidée par M. Rouvier, a, sur les indications de M. Dornic, organisé un service spécial de transport du beurre à Paris par wagons réfrigérés. Le beurre maintenu à 10o-ll° est ainsi très ferme au moment de la vente, et comme c'est là une qualité essentielle en été, il en résulte une plus-value notable.

Les wagons ont une double paroi; l'intervalle est rempli par une couche de liège. Outre le bac à glace, il existe des conduits pour évacuer l'eau au dehors. Les bassets sont disposés sur des étagères parles soins d'un employé spécial.

L'aménagement de chaque wagon a coûté de 1 200 à 1 500 francs.

L'Association a constitué ainsi un groupe de quinze wagons.

Nous donnons ci-dessous un modèle de statuts de laiterie coopérative indiqué par M. Rozeray, professeur départemental d'agriculture à Niort (1).

(i) A. Rozeray, Études sur les beur reries coopératives.

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