‹ Le Crime d'IncendieChapitre 12 sur 71 · Rapport pour l’année · texte numérisé non relu

Rapport pour l’année

Der rer

minalité incendiaire, durant la seconde moitié du xix° siècle, a continué son mouvement ascensionnel mouvement qui se dissimule à un œil non prévenu, mais qui, pour rester caché, n’en existe pas moins.

Et cette constatation peut causer quelque surprise, Un étonnement se manifeste de voir, à notre époque de civilisation raffinée, l’incendie, ce crime archaïque et sauvage, faire encore de si inquiétants progrès. Il est vrai que pour conserver ses positions avancées, il a changé de caractère : il s’est démocratisé. Autrefois prérogative des seigneurs féodaux, prérogative dont ils étaient fiers, « témoin ce margrave de Brandebourg, qui se vantait un jour, d’avoir brûlé dans sa vie 170 villages (1) », il est devenu le crime préféré des basses classes, surtout des classes rurales dont il est l’arme la plus dangereuse. Les statistiques nous révèlent qu’en 1881 par exemple sur 100 incendiaires, 77 habitent les communes rurales, 23 les communes urbaines ; en 1900, 74 vivent à la campagne; 26 à la ville. On comprend d’ailleurs cette prédilection du paysan pour ce genre de crime : l’homme et l'instrument s’harmonisent à merveille; l’homme dissimulé, patient, ruminant tout bas ses griefs, préparant dans l’ombre sa vengeance ; l'instrument sournois, discret et sûr.

Naturellement c’est dans les régions les plus riches

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