‹ Le Crime d'IncendieChapitre 2 sur 71 · Dunon. Rapport à la Chambre, 11 novembre · texte numérisé non relu

Dunon. Rapport à la Chambre, 11 novembre

pable d’un si grand forfait... Il expose mème la vie des personnes qui se trouvent dans le lieu incendié et qui peuvent n'avoir pas le temps d'échapper aux flammes, ou si ce sont des récoltes qu’il incendie, ce feu peut se communiquer d’un champ à l’autre et plonger un canton tout entier dans un état de détresse absolue. Un crime aussi exécrable mérite la mort, et telle est en effet la peine prononcée par le Code (1). Louvet,dans son rapport au nom de la Commission, exprime les mêmes sentiments et arrive à la même conclusion.

Et puis, il faut le reconnaître, les circonstances elles-mêmes incitaient le législateur à faire preuve de sévérité. Le passé se dressait devant lui avec ses souvenirs terribles : villes détruites, contrées ravagées par Vaction dévorante du feu. Instruit de ces exempiles il semble qu'il ait voulu matérialiser dans une répression rigoureuse bien des malheurs publics et des ruines privées.

Enfin toute cette législation trouvait un fondement rationnel dans les théories pénales en honneur au début du xix° siècle. La philosophie assignait pour base à la loi pénale l’atilité, pour but, l’intimidation. Les principes de justice étaient sacrifiés à des considérations d’intérèt et à des motifs de crainte.L’esprit

du Code se révèle tout entier dans ces paroles de Tar-

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