Saumaise insiste et nous dit : Voyez l'in
[6] L. l,Dig.,«.
[7] Loc. ci/., n» 8.
m] Loc cit.
t l0] S<nc ullo affecta.
[Il, in mtdium tffundertl.
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conséquence. Puisque le bienfait vous parait de si grande importance, pourquoi ne mettez vous pas dans la même classe que le médecin, le simple mercenaire, le domestique, par exemple, qui vous a servi avec un dévouement particulier et exemplaire? Ne lui devez-vous pas de la reconnaissance pour son bienfait ? Et si vous lui devez de la reconnaissance , que deviennent toutes ces classification* que vous bâtissez sur la morale des bienfaits?
Ce qu'elles deviennent ! «Iles restent ce qu'elles sont, parce que l'argument de Saumaise est insignifiant.
Mon domestique m'a servi avec un dévouement plus assidu et plus fervent que ne le font ordinairement les hommes de celte classe. Mais allez lui demander s'il se contente de ma recon naissance ? Descendez dans son cœur, et voyez s'il n'attend pas une gratification pécuniaire, un supplément de gages ou quelque chose d'analogue, comme témoignage de ma satisfaction !
Ne le confondez donc pas avec celui qui, exerçant une profession libérale, n'exige au delà de son honoraire qu'un sentiment de gratitude et des marques île considération.
Mais ce n'est pas tout ; ce serviteur mercenaire dont parle Saumaise, et qui se distingue par un zèle plus affectueux que les mercenaires n'en montrent d'habitude [1], assurément je le loue de tout mon cœur et ne veux rabaisser aucune de ses qualités. M^n. par cela même qu'il a f lit plus qu'il n'est d'ordinaire de faire dans sa condition [2], je me garde bien de juger par ses services individuels du mérite de celte même condition. Puisqu'il s'est élevé au-dessus de son état, c'est donc que l'esprit de son élat n'exigeait pas rigoureusement de lui ce surcroit de zèle et d'attachement ; c'est que ce surcroit si méritoire et si digne de reconnaissance est en dehors du contrat qu'il a passé avec moi. Et, dès lors, il n'y a aucune comparaison à faire entre cetlc profession et les professions libérales. Dans la première, on se distingue en bien lorsqu'on montre ce zèle et ce dévoument auxquels on n'est pas obligé; dans les secondes, on se distingue en mal si l'on s'abstient de ces sentiments de sympathie, de ces efforts de zèle qui y sont de règle invariable et de devoir.
Et comme le droit mesure ses classifications théoriques sur les données générales, il s'ensuit que, sans entrer dans des détails de mérite ou de démérite individuels, il demeure dans la vérité alors qu'il maintient dans leur rang élevé les professions libérales dont l'esprit esl un esprit de bienfaisance et de philanthropie, tandis qu'il relègue à un rang inférieur celles qui ne tenden t par leur but direct qu'à l'intérêt personnel et au gain.