Je parlais tout à l'heure du courtier
On s'est demandé si le courtier est un mandataire, et Carré parait avoir conçu des doutes
[11 Vincent, t. 2, p. 123, n« 0.
[2] Id. Mai* il faul voir »prtout Delamarre et Lepoitevin, loc. cit.
(3) Addiclui praiponcnll , ilitcnl le* docteur». Baclio-
viu» *'i \|.r • ain»i : Operam suam pro mercede alicui
addicit'm Trrnll., di»p. 29, Ih. 1, lellre G).
[4] Mandataritu. iwstito*, tau CMmumTMMt, iubit nmui mmmtmi, quoad en ijua? conveniunt tuœ administration! Can.in (ji*. dite. 173. n» 4).
[5] Loc. cit., ii« (0. Junge n» 14.
[6] D* ta corn ètence , I. 7, n« SOG, p 185 (Mit. lia Victor Fowhé).
[7] V» Comnfitionnair*.
à cet égard [9]. Je n'hésite pas à voir un mandat dans ses agissements , lu'. Si les Romains ne lui donnaient pas celte qualification, c'est parce que le courtier, appelé par eux proxénète, recevait un honoraire, et que les Romains (ainsi que nous le verrons dans notre commentaire de l'art. 1986) tenaient avec beaucoup de force au principe de la gratuité du mandat. Du reste, ils ne confondaient pas le courtier avec le locateur d'ouvrages [11] ; son agissement était un contrat sans nom.
Le courtier était appelé autrefois courratlier, du mot latin cursitare. Monteil a fait allusion à cette étymologie quand , mettant en action un courtier du xv* siècle, il le représente faisant 6 lieues en un jour pour faire vendre à un fermier de Rrie cent stères de blé; puis se remettant en course , parcourant 10 lieues de pays, allant de village en village pour le placement de 200 stères de seigle et autant d'avoine appartenant au même cultivateur [12].
69. La fonction du courtier est de mettre les parties en rapport, de les rapprocher, d'être le médiateur de la négociation [13]. Les Romains lui donnaient le nom de proxenela [14]; ils avaient des proxénètes pour beaucoup d'affaires «différentes, pour les achats et ventes, les placements de fonds, les rapports de commerce [15], les mariages [16]. Les proxénètes étaient surtout utiles aux étrangers qui, ne connaissant ni la langue de Rome, ni ses marchands, avaient besoin d'inlerpr* tes cl de guides. Le ministère du courtier est dé' ini brièvement et exactementdans l'art. 74 du O ie de comm., qui le représente comme un agent intermédiaire. Ainsi, par exemple, le court>cr de marchandises conduit l'acheteur dans 1 • magasin où se vendent les objets dont ce demi r a besoin, et lui prête son entremise pour en fai « l'achat [17]. Il n'est pas permis au courtier d t sortir de son rôle de conseil, de médiateur ; il ne peut être que l'instrument du traité [18]. Ce sont les clients qui seuls contractent | ar lui.
Pai là on voit que le courtier est tout à la fois le ma idataire du vendeur et de l'acheteur, auxquels il sert d'intermédiaire et prête simultanément son intervention [19].