LIVRE I. DES PERSONNES
604. D'abord nn mariage peut être attaqué ou pendant la vie de celui ((ui l'a contracté, ou après sa mort (1).
Pendant sa vie, deux sortes de personnes ont seules le droit d'en faire prononcer la nullité. Les unes sont les parties mêmes entre lesquelles ce lien a été formé, ou l'époux au préjudice duquel a été contracté un second mariage. Les autres sont les i)ère et mèie, les tuteurs et curateurs autorisés par le conseil de famille. Comme minisires de la loi, comme dépositaires de son pouvoir en tout ce qui regarde la conduite des fils de famille et des mineurs, les parents peuvent venger en même temps et l'offense publiipie et leur injure particulière.
Mais les collatéraux que la loi n'a point individuellement revêtus de cette espèce de caractère public, qui est une image de la puissance du magistrat, ne peuvent jamais faire entendre Icui voix devant le tribunal de lu justice, jusqu'à ce que la mort de celui dont ils veulent contester le mariage, ait ouvert la bouche à leurs plaintes.
Ce n'est pas qu'ils accpiièrent après sa mort une autorité qu'ils n'ont point eue pendant sa vie; mais comme l'intérêt des parties est la seule règle qui détermine la capacité qu'elles ont d'intenter une action, on juge qu'ils sont capables d'attaquer son mariage , parce (pi'ils ont alors un intérêt sensible à le détruire.
Enfin, le miuisière pul)lic ou le procureur du roi , vengeur né de toutes les offenses faites à la loi, peut (t doit, quand elle a été violée dans un point (pji blesse l'ordre public, faire prononcer la nullité du mariage.
603. Mais comment ceux qui peuvent attaquer les mariages peuvent-ils user de ce droit? Il faut distinguer.
il y a deux sortes de nullités: les unes qu'on aj)pelle relatives, parce (ju'elles ne sont établies (pj'en faveur de certaines personnes, parce qu'elles perdent toute leur force et deviennent imjjuissantes lorsqu'elles sont proposées par d'autres. Lors(pie ces personnes, par quebpie motif particulier, ne sont plus en état de les proposer, le mariage est comme validé (û), non qu'il soit exempt dii vice, mais par le défaut de droit dans ceux ipii voudraient le faire annub'r. lYon Jure proprio, acd defeclii juris alicni.
On en trouve des exemples dans un père qui a approuvé un mariage, ou expressément ou par un long silence.
Il y a d'autres nullités (pi'on appelle absolues, jtarce qu'elles peuvent êlre proposées par Ions ceux qui ont intérêt d'attaquer le mariage.