LIVRE I. DES PERSONNES
cien en France, et qui avait été le motif ou le prétexte de plusieurs guerres civiles et de persécutions horribles. Ces guerres avaient enfin cessé; la religion n'était plus pour rien dans les troubles qui agitèrent la minorité de Louis XIV. Sous le règne glorieux de ce prince, grand à tant d'autres égards, on n'avait point à craindre (jue la religion devint le prétexte de séditions ou d'insurrections qui n'auraient pas eu d'objet, si les non-catholiques n'avaient pas été gênés dans leur conscience et dans leur culte, et (pii désormais ne pouvaient plus avoir aucune importance , aucune suite dangereuse, puisqu'il n'y avait plus de chefs assez puissants pour les soutenir. La puissance du monarque était montée à un degré de splendeur qui devait dissiper à cet égard toute crainte raisonnable.
Mais on lui persuada qu'il manquait à sa gloire de contraindre tous les Français d'adopter la religion qu'il professait, et d'exterminer l'hérésie.