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LA MONARCHIE DE JUILLET

Ce fut la monarchie de juillet qui, plus heureuse que la Restauration, réalisa, en partie du moins, les espérances du parti libéral. La Charte de 1830 ayant promis des institutions départementales fondées sur un système électif, la loi du 22 juin 1833 décida que les membres des conseils généraux et des conseils d'arrondissement seraient élus par un collège électoral composé des citoyens les plus imposés. Seuls les préfets, les sous-préfets, et les conseillers de préfecture devaient rester à la nomination du gouvernement.

Ce n'était pas assez cependant de rendre les conseils départementaux électifs, il fallait encore étendre les attributions de ces conseils, leur donner l'initiative exclusive de certaines affaires locales et les rendre maîtres d'empêcher tout acte de la vie civile du département qu'ils n'auraient pas consenti. Tel fut l'objet de la loi du 40 mai 1838. Cette loi n'était du reste qu'un essai timide de décentralisation. On continuait à attirer au centre la solution d'un grand nombre d'affaires. Les décisions des conseils ne devenaient définitives et efficaces qu'après avoir reçu l'approbation du gouvernement. Leurs séances n'étaient pas publiques. Il leur était aussi interdit de se mettre en correspondance directe les uns avec les autres. On craignait qu'ils ne parvinssent par ce moyen à substituer leur action à celle des pouvoirs constitués et du gouvernement établi.

Aux partisans de la décentralisation administrative, M. Thiers ré-

pondait sans hésiter : « Nous voulons faire abonder la vie sociale au centre de l'Etat ; nous voulons réaliser ce grand phénomène moderne, celui de faire vivre le corps social dans une grande unité... Ce n'est pas nous qui sommes rétrogrades, c'est nous qui défendons la Révolution vivante. En affranchissant les grandes communes, vous détruisez l'unité ; vous portez un coup de hache au pied de l'arbre. >

SECTION III

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