‹ Le droit françaisChapitre 297 sur 347 · II · texte numérisé non relu

II

tout fondement, il protégera le prévenu en refusant son visa contre une poursuite haineuse ou imprudente. 11 sera souvent utile à la partie civile elle-même, en l'empêchant par de sages conseils de s'engager dans un procès irréfléchi dont le résultat serait funeste pour elle. Au reste le plaignant qui se croira lésé par ce refus pourra présenter requête à la chambre du conseil qui statuera.

« L'administration de la justice acquerra par ces dispositions une marche plus régulière et plus sûre. Les plaintes n'arriveront devant les tribunaux qu'après avoir été soumises, sinon à une instruction, du moins à un examen qui assurera qu'elles sont sérieuses et ce n'est qu'à celles-là qu'il est dû protection et justice. »

Il ne saurait être question du reste d'abroger complètement le droit de citation directe de la partie lésée ou de réglementer ce droit de telle manière que l'exercice lui en soit enlevé. Indépendamment des réparations de préjudice auxquelles elle a droit, et en dehors même de toute idée de vengeance personnelle, la partie civile a, en effet, plus que tout autre, un intérêt légitime à voir la punition atteindre celui qui a commis contre elle un délit. C'est une satisfaction morale et de justice pénale qui lui est due et qu'elle doit avoir par conséquent la faculté de réclamer.

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