I.I5S COMMUNES. 3=W
1^)H^»^ ; l'Altèmûgiïe n'fen t)ré^ttVé mcVMB aux prtitttew ïtèttefe de son histoire. Les anciens Germains méprisaient H haïB^tetlt lei» habitant» des èolônies et des mui^ici|)es i*omain^ thème a^rès tefc ^wiï vaiwcu^. Toutes lenirs pirêféi^K^s étaient piouf la tom^ mUttiô hiirale, t)U{ précéda génémlemeiit ïéUrs Ëtàts.
Geit^ t^mmuné ne foï*iàait pâs, tomhie ràhcientie cité, une imKvtd'àatiti pàtiïiqtie parfaite. Elle ne fat dès le début qutô là partie d'un mm ptat corisidêifàhlè, une division de la centaine (ff'&ntâri) ou du caht&n (Gau). Hais elle constituait UU tout tc(on:d' mî^Uè iVidépshdûHt, soit qu'elle fat l'iX>rê OU seigrieuHàle ; Sèule^ UièUt, les pleitts propriétaires de la prèihièi-e, gi^oupés aulôUî^ de leurs fcheft électifs, disposaient librehiëUt de ses biéhS et dés lëui^, tîandis que leS éolons (hofhôHgë LeUte) de la lécoUde tenaient leurs terres de la grâce dû seigttéui', ël n'appârtehâient que pû,t sôU intermédiaik*e à )a CohstilutloU politique dé la natiott, ruhilé cottimutiâle s'ihcâi^nàht ici dàhs cô derhieJr. Ni ruué ni TaUlré tte forhiaietit d'ailleurs Une personne jUHdiqiie dàtis le sens tothaîh de Texpressiôtt. Elles étaient plutôt des assotîûîioris (Genossenschaden), des uiiités embryonnaires encore lUal distinguées des individus qui les éômposeiit, des communautés d*intérêts, des unions organisées de compagnons [Genossen.)
La plupart des anciennes comraûhes libres perdirent leur indépendance au cours du moyen âge, et tombèrent sous le pouvoir des seigneurs ou des princes. Maïs d'autre part, lés colons ou serfs des communes seigneuriales acquirent lentetUent des droits assurés sur les terres qu'ils cultivaient et se rapprochèrent ainsi des libres. La commune t'urale ne s'éleva que rarement au rang d'une individualité politique ou d'un Ëtat. Les preihiers Cantons suisses eux-mêmes naquirent moins de la commune rurale que d'un groupement plus coiisidérable, du baillage né lui-même de la dizaine.
3. Les destins des villes du moyen âge furent plus heureux. Nombreuses et tivantes, quoique leur nouvel essor se rattachât aux principes germaniques de liberté et d'association, elles contenaient un germe de développement qui manquait à la coiiifnune rurale, et souvent elles rappellaient les traits des anciens municipes. Les souvenirs de Rome les inspiraient encore, comme
le prouvent leurs consuls urbains, bien différents d'ailleurs des
anciens consuls.
Les intérêts agricoles, d'abord fort estimés dans la plupart des villes, passèrent bientôt au second plan. Leur population ne se composait pas que d'agriculteurs. Les serviteurs de l'Eglise s'y groupaient autour des évêques et des abbayes, les percepteurs d^impôts autour des princes et des grands, les hommes d'armes autoiïr des châteaux forts. Le commerce naquit, les métiers surgirent, les intérêts plus élevés de la sécurité puhWque, deVindustrie et de la civilisation donnèrent à leurs habitants un caractère différent des ruraux. Une bourgeoïsxeWhre, personnelle^ indépendante de la terre se forma ; et la personnalité juridique de l'ensemble remplaça l'association embryonnaire, bien que dans -un sens moins abstrait qu'à Rome.
Alors se montre à nouveau la tendance des villes à dépasser le cercle étroit de la commune, et à se présenter, sous une forme républicaine, comme des individualités politiques indépendantes, La cité et VÊtat se mêlent encore une fois, mais avec bien plus de variété et un bien autre caractère que dans l'Italie romaine. Il n'y a plus de ville du monde embrassant toutes les autres lans une vaste unité, et l'esprit dominateur n'est plus le trait caractéristique des villes nouvelles. Ce qu'elles veulent avant tout, c'est assurer leur liberté contre les princes et contre la féodalité guerrière, c'est repousser toute immixtion dans leurs affaires publiques. L'ambition d'étendre leur pouvoir sur le territoire environnant n'est qu'une phase ultérieure et secondaire de leur développement. Elles n'y songèrent qu'après avoir conquis leur indépendance politique, et ne firent alors qu'imiter les princes et seigneurs du voisinage, contre lesquels elles osaient enfin mesurer leurs forces.
4. Quelques villes cependant, surtout en Italie, parvinrent à conquérir et à dominer un territoire important. Mais ces situations furent peu stables. Sauf rares exceptions, toutes les villes furent en fin de compte assujetties par les grandes monarchies qui grandirent aux siècles derniers, ou dépouillées de leur souveraineté par les formations politiques modernes, ce qui se produisit jusque dans les Pays-Bas et en Suisse. L'universalité
de ce mouvement est un signe certain que l'antique mélange de TÉtat et de la cité ne répond plus à nos mœurs, et que la commune urbaine doit être aujourd'hui subordonnée à l'État. Notre époque distingue et sépare les droits et lès intérêts politiques des droits et des intérêts communaux.
5. Mais durant la dernière période absolutiste, en France spécialement, les villes perdirent plus que leurs droits et leur indépendance politiques. Leur subordination ne suffiit pas. La royauté absolue alla jusqu'à leur refuser toute administration autonome de leurs propres affaires. Cette tendance fut poursuivie avec le même acharnement par la révolution qui, au siècle dernier, bouleversa la France et transforma TEurope. On crut volontiers alors que la commune, urbaine ou rurale, n'est qu'un établissement de VEtat. Le citoyen absorba l'ancien bourgeois, et la centralisation éteignit toute vie locale. L'indépendance exagérée du moyen âge avait fait place à une absolue dépendance.
6. De nos jours cependant, et après bien des tâtonnements, un certain équilibre s'est rétabli : large autonomie des communes dans leur sphère^ suprématie politique de l'État K Ce progrès date surtout de l'ordonnance prussienne de 1808 sur l'organisation des villes, œuvre du ministre Stein.
* On ne comprendrait pas que RoHeck (const. Statsr. y. Aretin, 111, 31) ait pu appeler nos communes a des États en petit qui, réunis entre eux, forment le grand Ëiat, )) si l'on ne songeait combien nos théoriciens aiment à conMruire TÉtal d'en bas, même par la simple accumulation des individus, pour en faire le produit d'un contrat.