NOMENCLATURE DES EFFETS
Chemises d'homme.
Chemises de femme.
Pantalons d'homme.
Pantalons de femme
Mouchoirs
Tabliers
En examinant notre livre, nous voyons que la blanchisseuse, le 2 janvier, a reçu un pantalon d'homme qu'elle n'a pas rapporté; que le 9 janvier elle a reçu trois chemises de femme et qu'elle n'en n'a ra})i)orté que deux, il en manque une, etc.... Il s(M*a facile à la fm du mois, si tous les objets n'ont pas été remis, d'(Mi retenir la valeur sur la somme qui lui est due.
5" Un carnet de divers. — Sur ce carnet, la ménagère inscrit toutes les choses intéressantes qu'elle apprend dune manière certaine, qui peuvent lui être utiles et qu'elle craint d'oublier : recettes de cuisine, remarques sur le nettoyage, prix de certaines denrées, etc.. ; à la fin de son livre elle pourra inscrire les adresses dont elle peut avoir besoin, et cela par ordre alphabétique.
4" Le livre d'inventaire. — Moins indispensable que les autres, ce livre est cependant utile, il permet à la femme de se rendre compte cYun coup dœil des richesses qu'elle possède. Établi le lendemain du mariage, c'est tout d'abord le relevé exact de ce qu'elle possédait à ce moment-là, linge, vêtements, meubles, etc. A mesure qu'elle s'enrichit de tel ou tel ustensile de cuisine, de telle robe, etc., elle complète la liste : lorsqu'un objet disparaît pour une raison ou pour une autre, elle l'efface. C'est surtout au renouvellement des saisons que le livre d'inventaire rend de sérieux services à la ménagère en lui révélant telle ou telle ressource à laquelle elle ne pensait plus, et en lui évitant de fausses dépenses qui font double emploi. Voici bientôt le printemps, profitez de l'occasion pour faire sérieusement votre carnet d'inventaire, vous verrez que vous y trouverez du profit. On divise le cahier en plusieurs i^arties : une pour les vêtements })roprement dits, l'autre pour le linge, une autre pour les chaussures, etc., de façon à grouper les différents articles avec ordre et méthode.
5" Le livre du médecin. — d'csl un cni'iiel (piancun économiste nindique et qui peut cependant rendre de réels services : chaque fois qu'un enfant ou qu'une grande i)ersonne a été malade on copie sur ce carnet
l'ordonnance du médecin; on donne à cette ordonnance un numéro C{ue l'on rapporte sur l'ordonnance copiée; puis on écrit au-dessous cjuel était l'aspect du malade au moment de la prescription, et si cela se peut, le diagnostic du médecin: on date, bien entendu.
En tenant ce carnet avec soin, on peut parfois éviter aux enfants de longs mois d'isolement. Par exemple, à propos de la coqueluche, le fait s'est présenté pour mes enfants : on allait les mettre en observation en les isolant; lorsque je fis voir au docteur mon carnet, il reconnut que les enfants avaient déjà eu la coqueluche en retrouvant les ordonnances de son prédécesseur, et ceux-ci échappèrent à la quarantaine qui les menaçait*.
6" Enfin le livre de factures. — Certes, dans tous les ménages, la ménagère ne devrait acheter qu'ait comptant, en agissant autrement elle se prépare bien des ennuis, bien des surprises désagréables; cependant, dans certaines circonstances, même en payant au comptant, il faut se faire donner un reçu, pour le loyer, par exemple. Ces reçus doivent être conservés soigneusement.
Faites un petit carnet de 2 centimètres de côté, avec du papier, gommé d'un côté; cousez ce carnet dans la couverture d'un vieux cahier, puis collez chaque facture que vous recevrez sur l'un des feuillets de ce carnet. Si votre ménage est important, il sera bon de numéroter chaque feuillet et de rappeler le numéro du feuillet et la nature de la quittance dans un répertoire que vous ajouterez au tout. Vous pourrez, de cette manière, retrouver à l'instant un compte parmi un grand nombre d'autres factures.
1. On prétend cependant qu'on peut contracter deux fois cette maladie.
30 LE FOYEIi DOMESTIQUE.
Exemple : on vient nous demander de payer le compte d Ichyle, marchand de légumes secs, nous sommes persuadées l'avoir déjà payé. A la feuille / du répertoire, nous trouvons le nom du iournisseur accompagné des numéros de tous les feuillets auxquels nous pourrons retrouver ses factures: nous constaterons donc facilement qui se trompe, de nous ou du marchand.
Résumé.
Les livre? do la ménagère sont d'une très £:iande utilité. à condition d'être tenus avec régularité, et de servir de contrôle.
QUATRIEME LEÇON PR ATIOUB Soîipe à la rilrmrUle et aux harirat'i. — Prcparaturn du rho-
QUALITES FONDAMENTALES DE LA MEXAfiEP.E.
CINOUIKME LEÇON
2» DE L ORDRE MORAL — ô" DE L ORDRE INTELLECTUEL
Sommaire. — 2" Dp: l'ordre moral. — Chacun à sa place : le respect de l'aulorilé. — Le respect de l'individualité de tous. — 5" De l'ordre intellectuel. — L'activité et la pondération. — Développement de toutes les facultés. — Activité constante et mesurée.
^ „ „ , La ménagère aurait beau avoir de Tordre
2^ De 1 ordrû
dans ses armoires, dans ses dépenses,
dans ses livres, l'avenir de la famille n'est assuré que loi^sque l'ordi^e moral règne à côté de l'ordi^e matériel. L'oi^di^e moral repose sur l'observation de deux principes : chacun à sa place, et respect de l'individualité de tous.
11 existe des familles où la femme veut être la maîtresse absolue ; d'autres où les
enfants méprisent l'autorité des parents, ou n'en tiennent aucun compte. Je vous assure que ces familles ne sauraient prospérer. Le mari et la femme sont égaux et doivent disposer d'une autorité égale : sans doute le père travaille au dehors et gagne pénible-, ment l'argent nécessaire aux siens; mais pendant ce temps la femme ne reste pas inactive, elle distribue avec économie le gain de l'homme. C'est grâce à son savoir-faire, à son ingéniosité, que le père et les enfants seront bien logés, bien nouiTis, proprement vêtus. Ses préoccupations sont multiples, jamais son œuvre n'est terminée, car au travail purement matériel viennent se joindre des occupations d'un ordre plus élevé : c'est
//i LE FOYER DOMESTIQUE.
elle qui a charge d'âmes, elle qui par ses conseils, par sa surveillance, par son exemple, fera de ses enfants des êtres bons, honnêtes et travailleurs. Sa tache est aussi lourde que celle de l'homme, et comme ce sont nos devoirs qui créent nos droits, il en résulte une égalité réelle entre les parents, et vous devez obéissance, amour et respect à l'un comme à l'autre.
Cependant il peut arriver parfois que, dans une discussion grave, et plus souvent, hélas! pour un mobile futile, l'avis des deux époux ne soit pas le même, eh bien! à ces moments-là, le devoir de la femme, c'est la soumission. Même quand elle aurait la ferme conviction d'une erreur commise par le mari, il y aura encore avantage pour la famille à ce qu'elle accepte l'autorité du père, plutôt que d'en venir aux cris, parfois aux coups. Ce ne sont pas des faits sans appel; si la femme ne s'obstine pas, cent fois pour une elle arrivera plus tard, en raisonnant doucement avec son mari, à le convertir à ses idées. Sans doute il est parfois pénible de se soumettre, mais nous faisons tous partie d'une société, par cela même, que nous le voulions ou non, nous avons accepté ses lois, et il est nécessaire, indispensable même pour le maintien de l'ordre général, que ces lois existent. Cette société a institué l'homme comme cJtef de la famille, lui conférant ainsi, non seulement des droits mais des devoirs, car je vous le répète, les uns ne vont pas sans les autres. Dans l'antiquité, l'autorité du « pater familias » était même beaucoup plus étendue et celles d'entre vous qui liront l'histoire romaine verront que le père avait droit dévie et de mort sur ses enfants.
De même que la femme doit accepter l'autorité du mari, de même les enfants doivent accepter celle de leurs parents. Les motifs qui les y sollicitent sont de deux sortes : la reconnaissance et leur intérêt bien entendu.
DUALITES FONDAMENTALES DE LA MENAGEIU:. ."7>
__ , Vous devez respecter vos parents, parce
Vous (IGVGZ
que tous les efforts pénibles qu'ils accom-
plissent, ils les accomplissent a cause de vos parents. ^ ' ^ , f
vous. — Vous devez les respecter parce
qu'ils vous aiment et que vous les aimez. Un enfant
qui n'obéit pas à ses parents, qui leur répond mal,
qui ne les satisfait pas dans la mesure de ses moyens,
est un enfant qui n'aime pas ses parents quoi qu'il
puisse dire pour se disculper. Lorsqu'on aime bien
quelqu'un et qu'on lui doit de la ^reconnaissance^ on
fait tout pour lui plaire et sans que personne ne vous
y oblige. Celles donc d'entre vous qui n'accomplissent
pas ce devoir sacré sont des enfants ingrates.
Et ce n'est pas seulement par reconnaissance que vous devez écouter leurs avertissements et suivre leurs conseils, c'est encore dans votre propre intérêt. En effet, à quoi servirait-il à vos parents d'avoir vieilli s'ils ne savaient pas mieux que vous ce qu'il est bon de faire. Sans doute les petites filles se disent souvent : « Maman voit les choses comme elles étaient autrefois, mais de nos jours tout a bien changé. » Erreur, mes chères petites, autrefois comme aujourd'hui, les petites filles aimaient à s'amuser; rien n'a changé quoi que vous en pensiez, sinon les petites filles ellesmêmes.
Écoutez donc ces voix autorisées; écoutez vos parents pour eux, pour vous-mêmes, ils ont plus que l'expérience, ils vous aiment si tendrement!
Le respect ^^^^^ ^^^^^'^ respect ne| doit pas seule-
de Vindivi- ^^^^^^^ s^adresser à ceux qui sont plus
dualité '^^^^ ^^^^ *^^"^' ^^ '^^^^* ^^^^^' ^ ^^"^ ^^^^ de tous ^^^^ vivent avec nous, ou qui ont avec nous des rapports quelconques ; respect de leur pureté, de leurs affections, de leurs croyances.
.j4 le foyer domestique.
Jamais les sœurs aînées ne doivent devant des enfants plus jeunes tenir des propos inconséquents ou malhonnêtes. Si vous saviez combien le mauvais exemple agit sur leurs natures! Pères, mères, frères, sœurs, notre continuelle préoccupation devrait être l'exemple que notre conduite donne à autrui. Pas de gestes communs, de coups et de batailles, pas de mauvaises paroles, de vilaines actions. Songeons bien que rien de ce que nous faisons n'est perdu pour ces tout petits. Tout se grave dans leur esprit, dans leurs cœurs, et nous sommes parfois plus responsables des mauvaises actions qu'ils commettent qu'ils ne le sont eux-mêmes.
S'ils se trompent, s'ils font mal, reprenez-les doucement, faites-leur comprendre d'où vient leur erreur et ne commencez pas tout de suite par des paroles brutales, par des coups. Plus d\\n père, plus d'une mère a dû retrouver plus tard dans les mauvais traitements que lui infligeaient ses fils et ses filles (chose monstrueuse, mais qui existe, hélas!) l'image même de certains de ses gestes.
Respectez aussi chez vos enfanls. rlic/ vos j);u*ents, chez vos amis et même chez les peisonnes avec lescpielles vous avez de' simples relations leurs affections et leurs croyances. Combien est-il de femmes qui, pour le méchant plaisir de faire du mal aux autres, ont détruit dans leurs cœurs les affections les plus sérieuses, les })lus délicates. Si vous n'êtes pas pieuses, c'est votre affaire, ne ridiculisez pas les croyances des autres; cattiolicfues, protestants ou israélites, les heureux sont ceux qui croient; enviez bien secrètement leur bonheur et laissez-les libres dans les manifestations fpie leur foi leur inspire. S'ils sont, au contraire, libres-penseui's et que vous-mêmes soyez croyants, respectez leurs opinions comme ils doivent respecter les vôtres.
Cette règle doit s'étendre aussi aux (juestions de
patrie : aimez la France de tout votre cœur et faiteslui honneur par votre conduite; mais si un étranger se trouve dans l'obligation de suivre ses classes ou de gagner sa vie parmi vous, ne lui reprochez jamais sa nationalité. Lui aussi aime sa patrie, vous êtes ses hôtes et vous seriez par conséquent deux fois coupables en froissant ses sentiments.
Si vous saviez comme il est honteux de s'occuper de ce qui ne vous regarde pas et surtout dans le dessein de nuire ! Lorsqu'une amie est venue vous voir, au lieu de la critiquer, elle ou sa toilette, songez au contraire à ce qu'elle a pu vous dire de bien, remontez aux mobiles qui dirigent ses actions, ne vous arrêtez pas à la surface, et bientôt vous verrez que vous n'aurez pas à la juger aussi sévèrement que vous le pensiez d'abord. Indulgence, reconnaissance et pitié, tels devraient être les mots qui remplissent le cœur de toutes les femmes.
L'ordre intellectuel est l'harmonie entre
nos diverses facultés. Cette harmonie, cet intellectuel. , .,., . - a-co' x tit ^
équilibre ne sont pas indifférents. iSotre
activité n'est pas autre chose jque la mise en pratique,
l'exécution des résolutions prises par notre esprit.
Un esprit mal équilibré ne saurait concevoir des raisons sainement motivées, ni provoquer une action vraiment efficace.
Notre esprit est comme le patron d'une barque qui vogue sur la mer. Toutes ses facultés lui sont nécessaires pour bien conduire son embarcation. S'il n'observe pas de quel côté vient le vent, s'il ne se rend pas compte de quel côté est la terre, s'il oublie de consulter sa boussole, il aura beau commander la manœuvre, et son équipage aura beau s'exténuer en efforts pour le
satisfaire, le résultat ne saurait être heureux. Ils erreront au hasard, ne trouvant pas le port, ils se perdront peut-être. Et si cette catastrophe leur est épargnée, que de peines inutiles pourtant, que de fatigues vaines!..-
Ne soyez pas comme ce patron; avant d'agir, réflé-