‹ Le Foyer domestiqueChapitre 29 sur 99 · De VÉdncation. — Herbert Spencer · texte numérisé non relu

De VÉdncation. — Herbert Spencer

'Si LE FOYER DOMESTIQUE.

peine, avalent à la hâte et leur organisme ne profite pas de la nourriture qu'il a reçue. Qu'il n"y ait ni hâte, ni dispute, pendant le repas, c'est là un des principes d'hygiène des plus reconimandable. L'heure du repas pour l'ouvrier est aussi l'heure du repos ; que i'emmes et enfants tâchent d'y contribuer les uns par leur ponctualité, les autres par leur bonne tenue.

Enfin il faut une proportion harmonieuse dans les menus : il est mauvais de trop manger à un repas et de mourir de faim à l'autre. Ce sont de mauvaises économes celles qui dépensent pourle repas du dimanche les deux tiers de la somme dont elles disposaient pour la semaine. Que ce jour-là il y ail un i)etit extra, plat sucré ou autre, je n'y vois i)as d'inconvénient, au contraire, mais que là s'arrêtent les dépenses extraordinaires.

„ , . l.n gênerai c est au i*epas de n^idi que

Préparation ,. , , ,, ,,.. ^; ,

1 on a le plus d appétit. Une bonne mena-

. . lière |)rér)arera dès le matin une excellente composition ' ' \. .. ^., , .... ,

soupe, elle en lera en rniantde suliisnnte des repas. ... , \ . ^

})OUi- (ju \\ en i-esie pour le sou*. Les jours

où elle devra aller tra\ aillci. elle prépai-cj-a â la fois la sou})e, le légume et la viniide. Je \()iis ;ii déjà enseigné plusieurs recettes à ce sujet : le i)ot-au-feu, la soupe aux choux, la poitrine de veau farcie, etc. Le soir le rejjas se composera des restes du déjeuner auxquels on ajoutera un mets vite préparé si les restes sont insuffisants.

Je le répète, un repas bien [)réparé dis|)Ose à une bonne digestion; je ne sais quel gourmet prétendait que la digestion commence à la cuisine, il n'avait pas tort.

Enfin tâchez de bien composer vos menus, si sim

COMMLNT NOUS DEVONS NOUS NOUKKIH. 8Ô

pies soient-ils. Ayez de préférence deux plats : de la viande et un légume. Il ne suffit pas de dire que l'alimentation mixte est la meilleure, il faut mettre nos connaissances en pratique. Un repas composé de marrons et de pommes de terre est évidemment un repas mal composé, puiscjue marrons et pommes de terre sont des aliments respiratoires, des hydro-carbonés. Mieux vaut un peu de viande accompagnée soit de marrons, soit de pommes de terre.

^ ^ . La ration alimentaire varie aussi sui-

T La ration . , . ,. . , ^ . ,. . ,

vaut les mdividus. Les individus ciui

VaVlG SGlOïl

. ,. ., sont petits mandent ])lus proportionnelles individus. . . • \ i -,

lement que ceux c|ui sont de grande

taille, ceux qui sont jeunes plus que ceux qui sont âgés. Les enfants qui grandissent ont besoin non seulement de la ration alimentaire mais encore d'une ration de croissance, il leur faut des plats copieux et surtout des repas plus nombreux que pour les adultes. Ainsi, si le petit df^jeuner, le déjeuner de midi et le dîner suffisent aux grandes personnes, il est bon d'intercaler pour les enfants une collation à 4 heures, parfois même à 10 heures, il vaut mieux les nourrir plus souvent et ne pas surcharger leur estomac. Nourris insuffisamment, ils se développent mal. Les vieillards mangent moins que les enfants et les adultes, leur alimentation doit surtout se composer de mets légers faciles à mastiquer. L'homme qui travaille dépense plus que l'homme qui se repose, il a donc besoin d'un apport plus considérable. Enfin en général les hommes mangent plus C{ue les femmes. La race et Vhahitude doivent aussi être prises en considération; on peut dire en règle générale que nous mangeons tous l)eaucoup trop, cpi'avec un volume d'aliments bien moindre nous pourrions nous suffire. Mais nous nous sommes habitués à manger beaucoup, notre estomac s'est distendu et pour que nous ressentions la sensation

86 LE FOYEK DOMESTIQUE.

agréable de satiété et que cette sensation soit durable il faut que nous ayons emmagasiné la portion à laquelle nous nous sommes habitués.

^„ „„ , Les climats et les saisons ont aussi une o" Elle est

,.^., intluence sur la quantité de nourriture modifiée , . . * ... ,

nécessaire et sur sa composition; les par le milieu. , i a- i t i i- i-

hommes du ^ord consomment plus d aliments et surtout plus d'aliments féculents (propres à produire de la chaleur) que les hommes du Midi. Oui n'a remarqué que Ton mange mieux en hiver qu'en été?

Cette question de lalimeidnliou a(*({iii(M*t à l'heure arliK^de où l'on |)nrle lanl de coloiiisallon une impoi'lance cîipilîilc. [/i^iropécii (pii \ ;i vci's les i*(\i^ioiis Iro- |)icales devrait un peu oljscrver les habitudes des indigènes et souvent il devrait s'y (•f)n former; il évilernit ainsi de contracter les maladies (pii s'ojiposcid cnciHr aujourd'hui à un exode régulier. Dnns les régions chaudes les naturels mangent pen, ils se nourrissent surtout de végétaux; jusqu'à l'invasion des Kuropéens ils ne buvaient })as de vin, tous leurs législateui's le leur défendaient. Ils évitent les longues mai-ches au soleil, les fatigues physiques prolongées. Pourquoi ceux d'entre nous qui vont dans ces pays-là ne cherchent-ils l)as à suivre un régime à peu pi-ès analogue? De pins, comme les aliments végétaux, malgré le gingembi-e, le piment et les autres })oivres dont ces peuplades agrémentent leur nourriture, seraient difliciles à digéi-er, ils emploient certains moyens j)i*opres à activer la circulation intestinale. Dans une étude foj*t intéressaide M. le Dr Treille nous apprend qnc les Indous, les Malais et autres habitants des pays chauds sont des masseurs et des gymnastes absolument remarquables : « Au lever, après la sieste, même fort avant dans l'aprèsmidi, lorsqu'un travail un peu rude les a fatigués ou

COMMENT NOUS DEVONS NOUS NOUfJlilR. 8/

Cjunii soniiiu'il trop prolongé les a amollis, ils se font masseurs les uns des auti-es ». Ils font aussi beaucoup de gymnastique. Ils accélèrent ainsi la digestion intestinale, activent les fonctions du foie et évitent les maladies de cet organe si fréquentes chez les Européens qui habitent les pays chauds. Il faudrait donc non seulement chercher à imiter leur manière de se nourrir mais employer aussi les procédés hygiéniques qui leur réussissent si bien.

Nansen dans la relation de son voyage au pôle nord nous raconte un fait typique : lui et son compagnon hivernent dans une hutte ; pour éclairer la longue nuit polaire ils ont à leur disposition une lampe à péti'ole très bien comprise puisque grâce à un dispositif ingénieux elle leur permet aussi de chauffer leurs aliments. Au bout d'un certain temps, le pétrole venant à manffuer, ils alimentent leur lampe avec de la graisse (Tours; cell(*-(*i n'étant i)as raffinée il se forme de temps à autre des sortes de petits graillons au niveau de la mèche et chacun à tour de rôle a le droit de les manger. Voici à quoi peuvent se réduire les « délicatesses y> pour les habitants des régions arcticjues! Les Esquimaux n'éprouvent-ils pas des délices extrêmes à boire l'huile de phoque?

Résumé.

Il faut, pour que l'homme vive, qu'il se nourrisse. — Les aliments produisent de In chaleur, de la force et des tissus; on les divise en aliments plastiques et en aliments respiratoires. Une alimentation exclusivement animale ou exclusivement végétale oflVe des inconvénients, seule l'alimentation mixte léunit toutes les conditions nécessaires. Il faut aussi que l'homme absorbe des sels et de l'eau.

Les aliments plastiques sont surtout riches en azote. Les aliments respiratoires contiennent surtout du carbone et de l'eau. Quelques aliments compléta renferment à la fois

de l'azote, du carbone, des sels et de l'eau, tels sont le lait, les œufs.

On appelle ration alimentaire la quantité moyenne d'azote et de carbone nécessaire à l'entretien de la vie humaine. — La ration alimentaire est modifiée par la nature des aliments; elle varie selon les individus et selon le milieu qu'ils habitent.

Page 1