UNE ENCOLUKE A LA MODE
VOUS soumettez à ses ordonnances que lorsque vous y trouverez un intérêt véritable ou tout au moins lorsqu'elle ne vous est pas préjudiciable. Vous y aurez un double avantage, celui de vous habiller suivant les lois de l'hygiène, et cet autre, de porter vos vêtements du premier joiu^ au dernier, sans avoir besoin de modifier leur forme, dépense inutile, par conséquent blâmable. Allez donc le cou découvert et les membres à l'aise dans des vêtements laryes et souples; vous rappelant toujours que les vêtements ont été faits pour le corps et non le corps pour les vêtements.
On vous a parlé du corset et vous vous
J-iG corsGZ
demandez qui a raison, s'il faut porter un corset ou s'il n'en faut pas porter. Réfléchissez, raisonnez et vous arriverez sans doute à une solution satisfaisante. Lorsque vous travaillez sérieusement, que vous frottez le plancher ou les meubles, le corset vous gêne-t-il? Oui, par conséquent n'en mettez pas. Mais lorsque vous allez vous promener, ou que vous voulez visiter quelqu'un, la besogne que vous faites est peu fatigante, rien ne vous empêchera alors de mettre un corset; je dirai plus, en mettant un corset peu baleiné et peu serré, les femmes un peu fortes paraissent toujours plus propres et surtout plus ordonnées. En agissant avec notre bon sens, en ne travestissant pas les indications que nous donne la nature, il est rare que nous n'arrivions pas à nous diriger sûrement.
Que vaut-il mieux employer pour rete-
^ „ nir nos bas : des jarretières ou des jarre-
jarretelles. , 77 ., T-k.., , , , ,
telles! Deja vous avez repondu, n est-ce
pas? Pour que les jarretières retiennent bien le bas il faut qu'elles soient assez serrées et par conséquent elles peuvent causer une gêne circulatoire; nous donnerons donc la })référence aux jarretelles.
Restent les chaussures. Pensez- vous que les chaussures soient faites pour le pied ou qu'on ait fait les pieds pour les chaussures? Toute la question est là.
Les chaussures.
Or, avec les chaussures actuelles, il serait facile de croire en vérité que les pieds, substance infiniment malléable, n'ont été créés qu'en vue de se modeler suivant le caprice des cordonniers; il en résulte que nos
Fig.
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pieds sont déformés, que nous les voyons Iransformés en parterres à oignons et que les ongles incarnés sont loin d'être une rareté. Une bonne chaussure doit être souple, légère, tout en étant assez solide i)Our protéger le pied; hermétiquement close pour em])écheil'entrée du sable et de ihumidité; elle doit éti-(^ apjii'opriée à la tem})érature et permettre aux nondji-euses articulations du pied de jouer librement. Une chaus-
COMMENT NOUS DEVONS NOUS VÊTIR. IOj
sure bien faite serait celle qui s'inspirerait absolument de la forme du pied; malheureusement la mode et l'habitude en ont décidé autrement ; presque toujours l'extrémité antérieure de la chaussure est trop étroite et force les orteils à prendre les formes les plus biscornues les obligeant à chevaucher les uns sur les autres (fîg. 1), déforment leurs extrémités (fig. 2), renversant les orteils, etc., etc. — D'un autre côté, la forme des chaussures est symétrique tandis que nos pieds sont loin de Fétre ; vous n'avez pour vous en rendre compte C[u'à regarder la figure o , ces divergences provoquent l'affaissement de la voûte plantaire, la jambe dévie en dedans et le pied est rejeté en dehors. Des chaussures rationnelles (fig. 4), qui peuvent nous paraître d'un aspect étrange parce que nous ne sommes pas habitués à leur forme, auraient le grand avantage de nous procurer une marche facile avec bien moins de fatigue.
Mais puisque les chaussures idéales n'existent pas, ou tout au moins ne sont pas encore d'un usage courant, faisons notre possible pour choisir des souliers se rapprochant autant que faire se peut de l'idéal rêvé qu'ils soient assez larges, souples, bien étanches et munis de talons peu élevés.
Chaque mère de famille devrait acheter deux paires de souliers, surtout en hiver. Je sais bien que c'est une grosse dépense, mais par les journées pluvieuses les chaussures n'ont vraiment p*as le temps de sécher du soir au matin : lenfant est donc condamné à mettre des chaussures humides et à les garder toute la journée; mieux vaudrait pour lui aller pieds nus, comme certain pasteur protestant qui, pour se rendre d'un village à l'autre, suspendait ses chaussures à son cou afin de les économiser. Il y aurait un autre moyen, c'est de leur faire porter des sabots, ce qui est le plus pratique, surtout dans les contrées humides.
-. Enfin en terminant laissez-moi vous
mettre en srarde contre les occasions, occasions. , • i ,
Combien de ménagères qui après avoir
économisé bien parcimonieusement afin d'équilibrer
leur budget si difficile à établir, se laissent entraîner
à la vue de tel ou tel article avantageux! Certes il
pourra leur servir, je les crois trop sérieuses pour se
laisser aller à acheter un objet vraiment inutile au
ménage, mais puisqu'on pouvait s'en passer pourquoi
l'avoir acheté? Pourquoi s'être ainsi créé un sujet de
crainte ou tout au moins d'ennui?
N'allez pas vous promener dans les grands magasins, l'air y est vicié et la vue de tous ces objets desquels vous pouvez avoir plus ou moins envie ne vous vaut rien. Une bonne promenade hors ville, voilà qui est jjréférable pour les jours de congé. Attendez d'avoir vraiment besoin d'un objet quelconque avant de vous décider à aller dans les magasins, et une fois que vous y êtes résistez à toutes les tentations et ne faites emplette que des objets que vous vous êtes proposé à lavance d'acheter.
^ , . Nous concluons donc en disant qu on
Conclusion. ^ ,, . . . , i /• . ,
peut être bien mis a i)eu de irais a condition d'avoir de l'ordre, d'être propre et économe et de faire usage de son bon sens; à condition aussi de ne pas s'astreindre à la mode et à ses exagérations, de soigner sa garde-robe, de l'approprier à ses besoins et de fuir les occasions tentantes qui bouleversent les budgets.
Résumé.
11 faut souvent changer do linge : le linge ne s'use pns davantage pour cela, cai- étant moins sale on le frotte moins en le Invant. Pour économiser le linge deux moyens sont à notre disposition : être d'une grande propreté cor-
COMiMENT NOUS DEVONS NOUS VÊTIR. 107
porellc et changer de linge la nuit. — Le linge sale doit être mis à l'abri des souris. — Jamais on ne doit serrer dans l'armoire que du linge soigneusement lavé, raccommodé et repassé. — Il faut renouveler le linge petit à petft au fur et à mesure des besoins.
Les vêtements pi-oprement dits doivent le plus possible être en tissu lavable. — Lorsqu'on met les vêtements de laine de côté, il faut se méfier des mites. — La loi qui domine toute la question du vêtement est la suivante : Nos vêtements ne sont bien comi)ris que s'ils n'entravent en rien notre circulation.