‹ Le Foyer domestiqueChapitre 5 sur 99 · I. - DE L'ORDRE · texte numérisé non relu

I. - DE L'ORDRE

Sommaire. — I. De l'Ordre. — 1° De l'ordre matériel. — a. L'ordre et la méthode. — L'ordre dans la dépense du temps. — La ponctualité. — La valeur et le respect du temps.

Avant de vous apprendre les lois qui régissent une alimentation bien comprise, avant de vous dire comment on doit se loger et s'habiller, comment on doit soigner ses enfants et ses malades, c'est de la ménagère elle-même que nous devons nous occuper, car de ses qualités personnelles dépend en grande partie le bonheur de la famille.

Vordre., Vactiviié et la propreté, telles sont les qualités fondamentales sur lesquelles s'établissent les maisons sérieuses.

On pourrait en quelque sorte établir trois catégories dans l'ordre : Vordre matériel, Vordre moral et l'ordre intellectuel.

fo Ti f3 L'ordre matériel assigne une place à

chaque chose et l'y met exactement; une tâche à chac{ue individu et le tient de l'accomplir en son temps ; une utilité à chaque dépense et ne la fait qu'en raison de son opportunité.

l'i LE FOYER DOMESTIQUE.

L'ordre matériel est certainement cliose a. L'ordre , i- .

plus compliquée que vous ne pensez, mes

, , , enl"ants: il ne suffît pas crue rien ne traîne

méthode. , ' . i /. . ,^ iv .-

clans la maison, il faut encore qu a linte-

rieur des armoires chaque objet ait sa place, la place

qui lui convient le mieux, celle où Ton sera ^ir de le

retrouver sans tâtonnement. Lorscfu'on s'est habitué

à un ordre rigoureux, le moindre désordre, la moindre

négligence, inaperçue des autres, se dresse devant

nous, et, à travers les portes des armoires les mieux

closes, il nous semble entendre les accusations les

plus véhémentes. — Si vous saviez quelles économies

de temps et d'argent occasionne un ordre bien

comi)ris!

En voulez-vous un exemple? Voilà trois voisines, Mme Benoît, Mme Éva et Mme Victor. La première est très désordonnée : lorsque l'été arrive, les couvertures de laine deviennent trop épaisses, les hal)its d'hiver trop lourds; elle les enlève et les suspend tranquillement au portemanteau, quand elle ne les jette pas simi)lement dans un coin. L'été passe, l'hiver revient, il fait froid. Le maii demande les habits pour aller au travail, les enfants grelottent sous la mince couvei'ture. L'un dit à sa femme : « Veux- tu me donner mon tricot de laine? » — Les autres disent : « Mère, mets donc sur notre lit la bonne couverture de l'an passé ». Mais, hélas! mal soignés, mal rangés, ces différents effets sont dans un état i)itoyable : les couvertures ont été rongées par les souris et les vêtements sont mangés par les mites. Le mari se fâche, les enfants ont (Void tout l'hiver, car on n'a pas assez d'argent pour acheter d'autres couvertures; et la mère dira, inconsciente de sa faute, que ces sales bétes sont créées pour causer de l'ennui aux i)auvres gens.

Mme Éva n'agit i)as de la même manière. Lors(pie les layons d'un soleil jjIus chaud pénètrent dans l;i niîiison,

QUALITES FONDAMENTALES DE LA MENAGERE. lo

elle ouvre largement les fenêtres pour leur permettre d'entrer librement et d'accomplir leur tache vivifiante; elle prend les tétements et les couvertures et les passe en revue. Tous les petits trous, tous les clairs sont soigneusement raccommodés, les taches enlevées et les objets lavables lavés; puis, quand ils sont tous bien secs, bien aérés, elle les enveloppe dans des linges très

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