TRANSPORT DU LAIT
Il se produit des négligences coupables dans le transport du lait à la fromagerie,
On commence d'ordinaire par exposer la chaudière au lait sur le bord du chemin, le couvercle bien fermé. Le lait repose, la crème se forme, les rayons du soleil viennent aider ce travail, qui se complète dans la voiture par les cahotements qu'elle éprouve pendant une route quelquefois longue de cinq à six milles.
Le beurre est presque séparé du lait quand la voiture arrive à la fromagerie.
Faire les choses de cette manière ne peut avoir que de mauvais résultats.
De deux choses l’une : ou le fromager refusera le lait, —ce qu’il devrait invariablement
faire, par justice pour les patrons soigneux—, alors il y a perte nette du lait ; ou bien il acceptera le lait ; dans ce dernier cas, le lait, livré en mauvaise condition par la faute du patron, gâtera nécessairement les brassins de fromage dans lesquels il entrera.
S'il y a renouvellement, le fromager et la fabrique auront un mauvais nom et trouveront le marché impraticable par la faute de quelques négligents; nous devrions dire de quelques coupables.
Ils le sont en effet. Il est si simple de faire bien les choses. Les soins du transport se “bornent à ce qui suit.
N'’exposez pas le lait au soleil, pour aucune raison. Si le lait n’est pas refroidi avant d’être mis dans la chaudière, le couvercle ne doit pas être placé dessus, afin de laisser circuler l'air, car l'air doit toujours avoir accès au lait, si non celui-ci sentira l'œuf pourri avant longtemps.
Si vous en avez le temps, faites toujours refroidir le lait avant le départ et ne le sortez de son abri que quand la voiture passe,
Une couverte trempée dans l'eau froide et placée autour de la chaudière au lait la protégera bien contre la chaleur.
Faites usage aussi d'une voiture couverte, afin de soustraire les chaudières à l’ardeur du soleil ou à l’action de la pluie. On peut couvrir une voiture de toile commune, à bien peu de frais.
Prenez ces soins; vous en serez bien récompensés.
Dans les fromageries où le lait est livré en bon ordre, il y a succès, et là où on apporte de mauvais lait, tout va mal et la chicane se met entre le fromager et les patrons.
Il y a une grande tendance à bâtir les fromageries rapprochées les unes des autres, mais il n'y a pas d’inconvénients à transporter le lait à 4 et 5 milles, s’il a été bien refroidi et bien aéré aussitôt après avoir été trait,
Disons en passant que les chaudières pour transporter le lait doivent être d’une grandeur moyenne ; il est préférable pour ceux qui ont beaucoup de lait d'en avoir deux. Veillez à ce que les soudures soient parfaites et unies, et mettez le 1. du soir dans une chaudière, et le lait du matin: dans l’autre.