RÉCEPTION DU LAIT À LA. FROMAGERIE
Le plus grand nombre des fromageries font usage de poulies pour décharger le lait et c'est la meilleure manière; elle est de beaucoup préférable aux dalots dont quelques-uns se servent pour conduire le lait à la chaudière à peser ; c'est un excellent moyen pour ne pas être troublé par les mouvements des voitures <et pour donner au fromager le temps de faire les entrées dans ses livres,
L'usage de la poulie n’est pas exempt d’ac- <idents ; un câble peut casser ou l’action de la poulie peut faire déverser le laït trop subimen dans la chaudière à peser, mais, avec du soia, il arrivera très peu d'accidents pendant La saison, peut-être aucuns.
Vous devez apporter un grand soin au pesage du lait. Faites comprendre au patron qu'il a tout ce qu'il doit avoir et qu’un compte sévère est tenu. Des doutes s'élèvent quelquefois dans son esprit, si celui qui pèse le lait parait négligent et pressé, surtout s’il est de mauvaise humeur et possède des manières brutales, Les bonnes manières ont leur place à la fromagerie comme ailleurs.
Parmi les patrons qui viennent à la fromagerie il peut y en avoir de difficiles, mais c'est leur droit de connaître la pesanteur de leur lait et voir si les entrées sont bien faites dans les livres.
C'est le devoir du receveur de voir à ce que le lait soit bon, L'expérience, un bon œil, et un bon nez sont nécessaires.
Quand vous recevez une mauvaise chaudière de lait, ne maltraitez pas le propriétaire. Avertissez-le charitablement et enseignez-lui la manière d’avoir soin de son lait, Si vous
ne pouvez prendre son lait, plaignez-le et faites lui comprendre qu'il serait responsable de la perte qu'il ferait subir aux autres patrons. Si vous pouvez prendre son lait, dites-lui que: c'est le dernier dans cette condition que vous acceptez. Ne lui en dites pas plus ; vous avez d'ailleurs l'avantage sur lui, car la loi et les. patrons vous soutiendront.
Au reste la chose peut arriver par accident ou peut être par un manque de soin, mais un homme intelligent y remédiera de suite sans mot dire.
La coutume de livrer de bon lait se propage ainsi et les patrons prennent à cœur de n’y pas déroger. Ilest bon de faire remarquer à chacun la qualité de son lait et d'entretenir ainsi une espèce d'émulation entre eux. Il ne faut pas que vous divulguiez les défauts que vous ren- contrez chez quelques-uns des patrons. Vous les. découragez et vous en faites des ennemis. Personne plus qu’un fromager n’a besoin d’a-
mis,et s’il ne les a pas parmi ses patrons,il n’en aura pas ailleurs. Il doit donc peser ses paroles et ses actions.
Le trouble existe surtout dans les vieilles fromageries. Les patrons n'aiment pas les changements, et ce n'est qu'avec difficulté qu’ils arrivent au progrès,