CHAPITRE VII
Preseripilols utiles.
Voici un résumé succinct de l’art de la dissection, nous espérons que la lecture en sera profitable à nos abounées , auxquelles nous rappellerons que donner un dîner dont on ne sait point faire les honneurs, équivaut à un tableau de Raphaël entre les mains d’un aveugle.
Nous terminerous par quelques formules sur les obligations respectives de l’amphytrion et des convives. Toute invitation gourmande doit être libellée par écrit; on est tenu d'y répondre dans les vingtquatre heures; ce délai passé, on est considéré comme acceptant, et l’on ne peut plus s'en dégager; l'amphytrion est, du reste, tout aussi étroitement lié. Il faut éviter de se faire attendre, et, cet effet, l'invitation écrite doit être régulière : cinq heures signifie six ; cinq heures précises, cinq heures et demie ; cinq heures très-précises, cinq heures. L’amphytrion peut ne paraître dans le sa.on où l'’attendent les convives que cinq minutes avant le repas; il y fera servir le coup d'avant, vermouth, absinthe ou bitter, si l'habitude en est prise chez lui. Son premier soin doit être de présenter ses invités les uns aux autres. À l’annonce du dîner, on passera dans la salle à manger, l'amphytrion ouvrant la marche. Chacun se placera suivant l’indication qui lui en sera donnée, ou par le maître de la maison ou par le bulletin placé sur sa serviette. Pour servir le potage, on emploiera la méthode imaginée par Mie Émilie Contat, de la Comédie-Française, c'est-à-dire que chaque convive le trouvera
Cu 2
tout versé dans son assiette. Tout le monde sait que la serviette ne se met que sur les genoux, qu’on ne se sert pas de sa fourchette pour la dégustation du potage, qu’on doit après elle laisser sa cuiller dans son assiette, que le pain se casse et ne se
coupe pas, que sauf le coup du médecin, il faut mouiller le vin ordinaire, qu'on doit briser les coquilles d'œufs frais et ne rien laisser, ni dans son assiette, ni dans son verre.
L'amphytrion est seul chargé de la distribution des vins d'entremêts et de dessert ; on attendra qu'il en offre, sans jamais lui en demander. On veillera en tendant son assiette, à ce qu'elle soit toujours blanche ; les mains ne doivent jamais quitter la table, mais il ne faut pas y poser les coudes. Le devoir principal de l'amphytrion est de s'occuper individuellement de chacun de ses convives, de leur fournir l’occasion de briller; en revanche, ceux-ci doivent se mettre en frais d'esprit, et réaliser le mot du paras te Montmaur, qui disait à ses amis :
— Fournissez les viandes et le vin, moi, je fournirai le sel.
On évitera soigneusement toute discussion de nature à devenir orageuse, pour ne pas mériter l'apostrophe de ce même Montmaur :
— De grèce, Messieurs, un peu de silence, on ne sait plus ce qu'on mange!
Quand un convive veut se retirer, il doit le faire sans en prévenir personne pour éviter toute espèce de dérangement. Les visites de digestion sont obligatoires, et se rendent en personne dix jours au plus, cinq jours au moins après le repas auquel on a été invité.
Il y avait bien encore autrefois une autre visite, dite visite d'appétit, qu'on rendait aux personnes chez lesquelles on était habitué de manger, quand on se croyait mis en oubli par elles, mais elle est tombée en désuétude, et nous ne la rappelons que
ns 52 —
parce. qu'elle peint, d’un trait cru et original, toute
une époque. ei vue SFR
Notre tâche est, terminée, Mesdames, pardonnez les fautes de l'auteur. | 0 0 )