‹ Le mariage par procuration des mobilisés: Loi du 4 avril 1915Chapitre 13 sur 24 · ES · texte numérisé non relu

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double autorisation, qui, elle-même, suppose des « causes gra- « ves », C'est pour éviter les abus el spécialement pour empêcher que cette forme nouvelle du mariage ne favorise des unions inspirés par des calculs intéressés, ce qui se produirait si des mariages venaient à êlre conclus entre personnes qui n'avaient formé, avant la guerre, aucun projet matrimonial, et qui ne s'uniraient par procuration que dans le but d'assurer à la future épouse certains avantages pécuniaires ».

Ce qu'on redoutait donc, c’est l'absence de projet de mariage antérieur aux hostilités et une préoccupation uniquement inté-

ressée de la part des mobilisés.

Le rapport à la Chambre répondait par avance à cette objection : |

« En l'espèce, les calculs intéressés soupçonnés seront tellement rares qu'autant valait ne pas en parler. Il Y aura toujours des molifs sérieux pour muer en véritables mariages de conscience ce qu'une vieille locution désigne sous le nom de « mariages sous la cheminée » ou «en détrempe ». À commencer par toutes les femmes non mariées légalement et cependant admises au bénélice de l'allocation, de malheureuses femmes el de pauvres enfants, de valeureux soldats attendant impaliemment de pouvoir bénélicier des lois du mariage. Aucune espérance ne doit être déçue. Il ne faut pas que la procédure prévue par le projet de Loi ne soit appliquée qu'exceptionnellement. » ;

ILest certain que, dans bien des cas, le mariage sera éminemment respectable, malgré l'absence de projets antérieurs. La circulaire ministérielle indique comme cause grave l'existence d'enfants à légitimer ou la grossesse de la future épouse ; cela implique-t-il qu'il y ait eu promesse de mariage avant la guerre ? Si devant la mort qui le frôle sans cesse, si en présence des dangers courus, si, müri par la grandeur tragique de la lutte, le soldat regrette de n'avoir pas pensé à régulariser

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