‹ Le mémorial des glacesChapitre 126 sur 157 · REL · texte numérisé non relu

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graphique, une surprise; telle boutade, telle anecdole piquante, une réplique ou un spirituel commentaire qui | invite à poursuivre la lecture et à s'instruire comme à son insu.

Les écrivains de cette trempe auront toujours la faveur du public, car ils sont de ceux dont Horace et | Boileau ne se lassent pas de faire l'éloge, parce qu'ils | savent mêler l'agréable à l’utile. c

Je n'énumérerai pas ici l'œuvre de notre ami; exe est trop connue, et je me reprocherais de faire à ses écrits Il lnjure d'une réclame dont ils n'ont pas besoin.

Ce que je veux dire simplement, parce que c’est ce \ | que j'appréciais en lui par-dessus tout, ce sont ses qua- | lités d'esprit et de cœur, celle politesse, cette douceur de manières qui n’excluait pas la rondeur et la fermeté ; | cette persévérance que rien ne rebutait, cet esprit de | sacrifice qui lui faisait renoncer, par amour de la paix, oi! même à ce qu'il croyait le plus utile et le plus juste : | enfin, ce dévouement sans bornes à ses amis, à la Cuisine, où il en comptait Lant, à sa famille qui l’adorait et qui le pleure aujourd'hui.

Pourquoi faut-il qu’il vous ait été sitôt ravi?

Élève de nos maîtres, maître lui-même, il devait - Al fournir encore une carrière brillante et enviée. Son œu- :. vre se grossissait chaque jour, et ce m'est une douleur | cruelle de la voir interrompue: Mais telle qu'elle est, - | elle peut figurer avec honneur à côté de celle de Ca- | rème, dont il s'est inspiré et pénétré, et de {utti quanti. 11

Uniquement occupé de faire du bien à notre corporalion en la servant et l'enrichissant par ses travaux, et de u l'honorer de ses plus grands praticiens et ses meilleurs auteurs dont il cherchait à élerniser la mémoire, il s’est particulièrement dévoué à la gloire de la Cuisine française; el je puis lui prêter sans exagération, au milieu de | mes larmes, ces paroles qui traduisent ses sentiments et sa pensée, comme elles s'accordent avec sa conduite,

tant il aimait son pays : « O France, ma chère patrie, tu m'as donné la vie; jete la rends après l'avoir remplie de mon mieux. Fais passer ce souffle et cette flamme qui me brûlait dans un corps plus robuste, afin qu'un autre mieux doué, mais non plus dévoué, te rende au centuple en services et en gloire ce qui t'appartient et que je n'ai pu te rendre moi-même aussi grandement, aussi noblement que le voulait ce cœur qui va cesser de batire, cette âme, qui, je le sens, s'échappe pour entrer dans un monde meilleur! »

Noble cœur, âme dévouée, votre souvenir vivra, parce que rien de ce qui est humain, au sens élevé du mot, ne vous fut étranger.

F. Granpt.

Jeudi soir, après avoir fait, avec toute sa famille, une petite promenade sur le boulevard, ainsi qu'il avait l'habitude de faire tous les soirs, Lacam rentra chez lui à neuf heures et demie. A dix heures, il avait cessé de vivre.

Lacam était le secrétaire général du Comité des Expositions culinaires et de l'alimentation, qui ont lieu tous les ans et dont les trois dernières eurent le succès dont les lecteurs se rappellent, dans le Jardin des Tuileries.

Après avoir été un professionnel d'élite dans l'art de la cuisine, de la pâlisserie, de la confiserie, le regretté défunt s'attacha plus particulièrement aux études théoriques et écrivit deux volumes, qui sont en quelque sorte le Codex du pâtissier et du glacier : le Mémorial historique et géographique de la Pâtisserie et le Mémorial des Glaces.

Lorsque: la mort est venue le surprendre, il dirigeait le Journal de la Cuisine française el étrangère, revue umwverselle illustrée de l'art culinaire ayant déjà douze années de publication. ;

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DE LA PATISSERIE. s01

Lacam disparaît à l’âge de soixante-cinq ans, sans avoir eu la joie de voir à sa boutonnière les insignes d'officier d'académie que le président du Comité de l'Alimentation parisienne avait obtenu pour la prochaine promotion.

Les obsèques ont eu lieu le lundi 25 août, à 9 heures du malin.

Le convoi, parti de la maison mortuaire, 81, rue Saint-Denis, s'est dirigé vers l'église Saint-Leu. Après la cérémonie religieuse, l'inhumation a eu lieu au cimetière de Bagneux, dans la section des concessions à perpétuité, 13° division, allée à gauche de la colonne.

Sur la tombe, deux discours ont été prononcés par M. Capdeville, commissaire général des Expositions culinaires, et M. Privé, vice-président de la Société de secours mutuels des pâtissiers, la Saint-Michel.

M. Capdeville s'est exprimé aiasi :

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