‹ Le mémorial des glacesChapitre 128 sur 157 · MESDAMES, MESSIEURS · texte numérisé non relu

MESDAMES, MESSIEURS

J'ai le pénible devoir d'adresser au nom de la Sociélé de Secours Muluels des Pâlissiers-Glaciers de Paris, un dernier adieu à notre membre honoraire M. Lacam.

Avant de voir refermer cette tombe, je croirai manquer de gratitude et de justice si je ne rappelais sa participation dans l'existence de la Saint-Michel.

En 1868, Pierre Lacam fut un des promoteurs et un des membres parlicipants-fondateurs de notre Société.

Pendant plusieurs années, il fut secrétaire puis vérificateur de son Conseil d'administration.

I] fut, hélas! aussi un de ceux qui n'eurent pas foi dans sa vilalité en voyant ses débuts et son assimilation si difficile dans notre profession; je dois à la vérité de dire qu'ayant quitté Paris, à la suite de chagrins inlimes, à l’époque la plus critique pour notre mulualilé, il n'avait pu suivre tous les efforts qui furent tentés pour sauver son existence et sa personnalité morale,

Quand, il y a une douzaine d'années, il revint parmi nous, et qu'il prit la direction du journal, qu'hier encore, il faisait vivre si brillamment par ses connaissances approfondies de notre métier, par son esprit el son iniliative toujours en éveil, par ses conseils de bon père de famille et d'homme expérimenté par un dur labeur de la vie, M. Lacam fut étonné et enthousiasmé de voir la Saint-Michel si vivante et aussi florissante, et pour se faire pardonner son abandon, sans doule, il voulut, lui aussi, contribuer à sa prospérité.

Trop âgé pour prendre rang parmi les participants, il se fit inscrire membre honoraire, et nous ouvrit largement et gratuitement les colonnes de son journal, mais de plus il nous offrit gracieusement, chaque année, des primes consistant en

traités de cuisine, de pâtisserieet de glaces, pour encourager

les jeunes gens de notre mélier à se faire admettre et à continuer de vivre dans notre mutualité professionnelle pour le beau renom de la Pâtisserie française.

En souvenir de ces largesses, sa mémoire restera profondément gravée dans nos annales et dans nos cœurs.

Nous souhaitons vivement, madame, et vous, ses enfants, que la bonne amitié que nous portions à ce digne homme qui fut votre mari et votre père, et qu'aussi le précieux souvenir que nous garderons de sa personnalité et de ses bons sentiments humanitaires, soient un adoucissement au profond chagrin que vous éprouvez de sa disparilion prématurée, et que tous ici nous partageons avec vous.

Et en lui disant un éternel adieu au nom de notre Société, je dois dire aussi de tout cœur.

Merci, cher Lacam, Mercil

Malgré l'heure matinale, nous nous sommes comptés nombreux et attristés derrière le cercueil. Tous des amis, de loyaux et sincères amis, quelques admirateurs.

nous étions de ce nombre, nous qui avons eu le bonheur

de connaître Lacam dans son intimité de journaliste sans prétention. Il nous avait autorisé à prendre quelques-unes des nouvelles publiées dans son journal, notamment celles paraissant sous le titre de : Restaurateurs et Restaurés.

À l'exception de M. Marguery, fatigué depuis deux ou trois jours, mais qui avait fait déposer une magnifique couronne sur le cercueil, tout le Comité était présent : MM. Marchand et Privé, président et viceprésident de la Saint-Michel; Ravaux, trésorier. De l'Union Philanthropique Culinaire et de l'Alimentation : MM. Capdeville, commissaire général ; Bardonneau, Laæ gache, Alliot, Delahaye, Truquet, Garlin, Roque, Grandi, Carré, Tasserie, Jumel, Du Syndicat des Restaurateurs : MM. Marguery, président ; Pécune, Vianey, Roucairol MM. Charabot, président du Syndicat des Patrons Pétis-

siers; Savornin, président de la Sociélé des Cuisiniers ; oi

Lacrose, ancien gérant; Lemerle de Saint-Amand, Due breuil et Parmentier, Duval (de Chaumont), Gillet, Favre, Morot, Girardin, Besnard, Laporte, les maîtres d'hôtel français, elc.

S'étaient fait excuser : MM. Beaudouin, Néraud, Liouville, Mocquart, Colombié, Courrivau, Gauméry, Delaunay, V. Spitz, Beautte, Alban, Bonnat, Süffler, Guiler, Rieux, Aimedieu, Martin Victor, Soirat, Devez, elc.

Parmi les couronnes, celle de M. Marguery, de l'Union Amicale des Cuisiniers de la Touraine, dé l'Union Philantnropique culinaire de l'Alimentation, de la Saint-Michel et nombre de couronnes et de bouquets dont le cercueil élait couvert.

RoucarroL.

Parmi les nombreuses lettres de condoléances qui sont parvenues au bureau du journal, nous extrayons les passages suivants :

Ce 25 Août 1902.

Cner Monsieur AuGusTE Lacan,

Quelle nouvelle désolante etimprévue m'apporte votre lettre, reçue ce matin.

J'en suis nayré et j'en reste stupéfait. Qu'est-ce donc que la vie?

Justement, la dernière fois que j'eus le plaisir de voir votre cher père, je le félicitai sur sa vigueur et sa santé, et il me souriait de son bon sourire.

Il m'aimait bien, et mon cœur, je vous assure, le payait largement de retour.

Dans la préface que je viens d'écrire pour le livre de M. Grandi,jemesuissenti heureux de consacrer quelqueslignes cordiales et justes à mon ami Pierre Lacam.

Et j'étais bien loin, hélas! de songer que ce tribut d’éloges si mérités serait comme une sorte d’oraison funèbre.

Ce matin en recevant votre lettre, je me dis : « Tiens voilà

ce cher Lacam qui m'écrit. Voyons ce qu'il pense et ce qu'il dit de ma préface. Lisons! »

Je décachète, et c'est vous, son fils, qui.m apprenez la mort foudroyanie de mon ami.

Certes, il n'a pas souffert, et l'on éprouve un sentiment qui est une sorte de consolation; mais il nous reste l’'amertume de regrets partagés par tous ceux qui l'ont connu et aimé.

C'est de tout cœur que je m'associe au grand deuil qui vient si brutalement frapper votre sympathique famille, et je vous prie, cher monsieur Auguste, de présenter mes douloureuses condoléances à l'excellente Mme Pierre Lacam et à tous les vôtres, à toute la famille.

Je ne connais pas l'adresse de M. Grandi et ne puis lui dire combien je compatis au grand regret que lui inspire la mort de son vieil ami.

A vous, cher monsieur, de cœurde tout cœur, en vous pressant la main, FuzBERT-DUMONTEIL.,

3, rue d'Orléans, à Neuilly.

Tours, le 23 Août 1902.

La nouvelle de la perte douloureuse de notre regretté, M. Lacam, votre mari, m'élant arrivée trop tard pour pouvoir réunir le bureau de l'Union Amicale des Cuisiniers de la Touraine, dont il a tant aidé la prospérité avec le concours deson ancien président, M. Gagneux, pour envoyer, en son nom, ses compliments de condoléances que vous recevrez sous peu.

Je vous prie, chère madame, d'accepter au nom de celle-ci, la couronne qui sera expédiée ce soir à votre adresse, et le respect profond de tous ses membres.

Veuillez agréer, etc. Le Président, À. GazLaïs.

Caen, le 23 Août 1902

Nous venons, par M. Sliffler, d'apprendre le subit décès

de notre illustre et vénéré grand maître, M. Lacam,

Croyez, madame, que nous prenons une large part à votre peine.

C’est au nom de M. Stilfler, notre président d'honneur; du Comité et de la Société Amicale des Pétissiers de l'Ouest, que je viens vous adresser, madame Lacam, nos plus vifs regrets en vous priant d'accepter nos sentiments de sincère condoiéance, pour la perte que vous venez d’éprouver.

Pour le Comité : Le Président, F. SxiGNEuRris.

Lille, le 30 Août 1902,

Monsieur le Président de notre Chambre syndicale me charge de vous présenter nos respeclueuses condoléances pour le deuil qui vous frappe.

Nous garderons tous le souvenir de M. Pierre Lacam, écrivain distingué, homme juste et sincère, ayant rendu les plus grands services à la pâtisserie, aussi ses œuvres lui survivront.

Veuillez agréer, madame, pour vous et les vôtres, l'expression émue de nos meilleurs sentiments.

Pour le Président de la Chambre Syndicale des Patrons Pâtissiers-Confiseurs de la région du Nord :

Le Secrétaire, Aug. Waac.

Amiens, le 24 Août 1902.

C’est avec un grand senliment de profonde douleur et de tristesse que j'ai appris, ce jour, le grand malheur qui vient de vous frapper dans la personne de votre cher époux, ce bon camarade dont nous avons gardé le meilleur souvenir.

Moi, particulièrement, j'ai débuté avec lui mes premières armes dans la pâtisserie, à Brest, el depuis nous élions restés bons camarades. Hélas! cetle mort brutale est venue le faucher et l'enlever aux siens qui le chérissaient, à l'instant même où il pouvait se dire : J'ai rempli une existence très pénible, pleine

y Hal |

de labeur, ce serait bien mon tour de prendre un moment de repos bien mérité.

Mon syndical en entier vous envoie, avec ses sympathies, ses sincères sentiments de condoléances ainsi qu’à votre famille.

Un ami sincère du regretté Pierre Lacam. G. JEANNIN

Montbéliard, le 26 Août 1902.

Péniblement affecté par la douloureuse nouvelie de la mort de votre cher époux, Pierre Lacam, je viens en cette occasion vous présenter mes condoléances les plus sincères.

Je n’ai pas eu le bonheur de connaître personnellement le regrelté défunt, mais par ses livres, ses écrits les plus divers, j'ai pu apprécier autant que je le pouvais faire ses qualités et

son Caractère.

Les vifs regrets que le cher maître laissera de tous côtés dans nos corporations, pour lesquels il a tant fait, adoucira, si faire se peut, votre douleur.

| En quittant ce monde, Pierre Lacam ne disparaît pas tout entier; il laisse chez les cuisiniers, les pâtissiers, les confiseurs, les glaciers, un souvenir durable. Son nom restera gravé dans les mémoires des vieux etdes jeunes pratiquants, comme un de ceux qui ont le plus fait pour nos corporations au point de vue théorique et pratique.

Madame, je sais que dans ces pénibles circonstances les sympathies les plus vives n’atténuent pas toujours la douleur | qu'un départ si brusque crée, mais je peux vous dire que le

nom de Pierre Lacam sera dans le souvenir de tous ceux qui, de loin comme de près, ont pu apprécier son œuvre, et puisse celte assurance apporter au deuil brutal qui vous frappe un léger adoucissement.

Recevez, madame, avec mes vives condoléances, mes salutations empressées. M. Mennerr.

Bordeaux, 28 Août 1902.

CT] . . e " . 0 0 . . . . . sale .

Cetle mort foudroyante m'a beaucoup surpris, jamais je

n’oublierai son abord familier, amical, toujours prêt à rendre serviceà quiconquelesollicitait ; ilest tombé à sa tâche, voulant toujours persévérer à apprendre, avide de tout ce qui pouvait intéresser la corporation; nous lui devons tous un souvenir ineffaçable, lui qui a tant fait pour les mémoires de Carême, Appert et Bernard.

Que les Sociétés de Paris commencent la souscriplion, Je n’en ai aucun doute, les adhésions seront nombreuses, il ne comptait que des amis parmi nous. J. Darricau.

Château de Lanke-bei-Bernou, Marks,

Veuillez agréer, madame, mes sincères condoléances pour notre cher et regrelté maître Pierre Lacam.

C'est une grande perte pour la Pâtisserie, son livre fondamental nous reste et le fera revivre parmi nous.

C'est une grande ressource pour les générations futures.

Veuillez agréer, madame, l'assurance de mon profond respect. C. Casrezzor, Chef de cuisine.

Tarbes, le 29 Août,

C’est avec une profonde douleur que j'ai appris la fatale nouvelle, et quoique connaissant M. Lacam relativement peu, je le connaissais beaucoup par les relations que j'avais eues avec lui à plusieurs reprises. J'avais pu apprécier hautement combien il avait été dévoué à la cause de la Pâtisserie, son bon cœur et la justesse de son jugement. Il était doué d’une grandeur d'âme qui m'avait fait désirer son amitié, de laquelle j'étais flatté; aussi son souvenir survivra lout entier et je le conserverai pleusement. Ch. APPRATO

Beauvais, 30 Août 1902,

Quelle perte douloureuse pour vous et votre famille, et

universellement douloureuse pour la pâtisserie. Par qui maintenant serons-nous guidés, puisque notre maître n'est plus? Ce qu'il va être regretté et pleuré l'homme bon et généreux, toujours prêt à rendre service honnêtement.

Depuis 1865, lorsque le premier Pâtissier-Glacier fit son apparition, M. Lacam faisait une entrée triomphale dans notre corporalion, qu'il glorifie par ses nombreuses créations, par ses œuvres de liltérature; tout cela, ainsi qu'ur rêve, devait s'éteindre en une minute suprême, avancée d’ur grand nombre d'ans, malheureusement! LANDUREAU,

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