CHAPITRE III
« La famille indo-européenne comprend tout d'abord deux grandes divisions : branche asiatique ou aryenne, et branche européenne » (i).
§ 1. — Branche asiatique. Le sanscrit.
88. — Dans la branche asiatique, le sanscrit seul retiendra notre attention.
Le sanscrit, qui nous met sur un terrain plus connu et plus soUde, est une « langue morte depuis longtemps, mais conser\'ée avec un soin jaloux dans les écoles liturgiques des brahmanes, analysée de bonne heure par les grammairiens les plus minutieux qu'aucune littérature ait jamais connus, langue dont les monuments les plus anciens (certains hymnes du Véda) peuvent remonter au x^ siècle avant notre ère, ou même par delà » (2).
Notre tableau montre bien que le sanscrit n'est pas, comme on l'a cru longtemps, l'ancêtre du grec ou du latin: il en est « tout au plus le frère aîné, non moins altéré que ses frères, sinon même davantage » (3).
89. — L'accentuation sanscrite est très sensiblement la même que celle de l'indo-européen . dont elle a, du reste, grandement aidé la fixation. Cependant on est plus informé : outre la nature et la place des accents, on en connaît les noms (4).
\Judâtta, c'est-à-dire élevé, répond à l'accent aigu grec; il est csseutielleincnt iimsical, et se place sur n'importe quelle syllabe depuis la première jusqu'à la dernière, sans considération de brèves ou de longues.
Uafmdâtta correspond à l'accent grave.
Un troisième accent, beaucoup plus rare, le swarita, rappelle l'accent circonflexe des grecs; plusieurs auteurs n'hésitent pas à lui donner ce dernier nom; cependant il paraît qu'il ne lui serait pas absolument identique (5).
(i) V. Henry, oJ>. cit., p. 3.
(2) Ibid.
(3) Ibid.
(4) Ici encore, il y a des divergences entre linguistes ; nous nous en tiendrons à ce qui est certain.
(5) Bopp, Graininav-e cotnparéc, t. 1, p. 217, compare le swarita à l'accent circonflexe. Sur le circonflexe en sanscrit, cf. L. Benloew, De T accentuation.. ., P- 42-43-
LE MOT LATIN
Le swarita s'étend sur deux voyelles à la fois, ou du moins il réclame des syllabes longues, condition sine qua non de l'existence du circonflexe. Cet accent paraît moins ancien que Vudâtta.
Les auteurs ne parlent pas d'intensité: dans l'antiquité, elle n'était pas considérée comme un accent.
§ 2. — Branche européenne.
90, — La branche européenne du grand arbre indo-européen s'est divisée en sept rameaux (Cf. Tableau i). Nous n'en retenons que le rameau hellénique et le rameau latin.