‹ Le nombre musical grégorienChapitre 239 sur 534 · ARTICLE 4. ~ L'ACCENT LATIN · texte numérisé non relu

ARTICLE 4. ~ L'ACCENT LATIN

100. — Après avoir fixé la place du latin dans la grande unité linguistique indo-européenne, après avoir esquissé Thistoire de l'accent dans les langues sœurs du latin, nous pouvons aborder l'étude spéciale de V accetituation latine, depuis les temps les plus reculés de l'idiome latin jusqu'à l'époque grégorienne.

101. — Cependant, une distinction préliminaire très importante prend place ici : celle du mot isolé et celle du mot dans la ph-ase. Une distinction analogue a été faite déjà pour le groupe neumatique (i).

" De même, disions-nous dans la Paléog. Mus., t. vu, p. 198, que l'étude d'une syllabe isolée a quelque chose d'abstrait, de factice, d'incomplet, ainsi en est-il de l'étude du mot isolé. Sauf le cas d'umnonosyllabe, la syllabe fait corps avec le mot, et sa position dans le mot peut modifier sa durée, sa force, sa mélodie, et même, en certains cas, son timbre. Une syllabe seule est de nulle valeur; elle est morte, pour ainsi parler, elle n'est qu'un fragment de mot; on peut cependant la considérer isolément pour mieux analyser ses éléments; mais pratiquement il ne faut jamais la séparer de son mot.

» A la différence des syllabes, le mot est déjà un petit être complet, vivant; il représente nue idée ; mais lui aussi, malgré cela, ne peut être étudié efficacement en dehors de la phrase. La syllabe n'existe que pour le mot; le mot à son tour n'existe que pour la phrase qui lui donne sa signification, sa mélodie, son rythme, sa vie : rien déplus mobile î Bien qu'il ne soit pas inutile de l'étudier en soi-même, il ne faut jamais oublier cependant que la phrase et surtout la musique a tout pouvoir sur lui » .

Sous le bénéfice de ces réserves, étudions à part le mot latin et son accentuation, en commençant par l'histoire de cette accentuation.

102. — Les temps où le latin a régné s'étendent depuis une époque préhistorique difficile à fixer jusqu'à la naissance des langues romanes. Il n'est pas étonnant que dans ce long espace

(i) Cf. .V. M. G. I, p. 232 et ss.

de 15 à 18 siècles (du x^ siècle av. J. C. au vif et viif ap. J. C); le latin et son accentuation aient subi de nombreuses vicissitudes.

103. — Au point de vue " accentuation ", nous diviserons ce temps en quatre périodes (i) :

lo Période, préhistorique,

2° — classique,

3° — postclassique ou ecclésiastique,

4° — romane.

§ 1. — Première période, préhistorique, archaïque.

104. — C'est la plus obscure, naturellement. « On peut la faire partir du moment où le latin s'est séparé des autres dialectes italiques », dit M. Vendryes, p. 99. Quant à l'époque où elle se clôt, nous essayerons de la fixer, lorsque nous aurons étudié l'accentuation qui la détermine.

105. — Cette période est caractérisée par l'existence de deux sortes d'accents dans le mot latin, l'un intensif, l'autre mélodiqiie. ^

'L'accent mélodique n'est autre que le ton de l'indo-européen, du sanscrit et du grec; c'est l'accent proprement dit. On le connaît déjà et nous y reviendrons dans un instant.

Commençons donc par V accent intensif.

A. Accent intensif.

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