JU
sti-
fi- ca- ti- ô- ni-
bus
â) be- ne- di-
cti- ô- nem
be-
ne- di- cti- ô- ni-
bus
c) su- per-
spe- ra-vi
mi-se- ri- c6r-di-
d) be-
ne- di-cta
la- ti- ti'i- di-
ne
Ma- ri- a
lae- ti- ti-
Viriço
Dô-nii-
nus
tiï es(i)
Dé-us
es
Fzif. 8ç.
288. — Le mouvement mélodique' de l'accentuation latine peut donc se décrire ainsi :
a) Les syllabes antétoniqucs s'élancent vers l'accent dans une gradation ascendante;
b) la syllabe tonique couronne la cime de cette montée mélodique ;
c) la syllabe ou les syllabes /'fj-/^;//*///^'^' s'inclinent et se reposent sur une note fmale plus grave que l'accent.
289. — A peine l'un des mots ci-dessus notés est-il chanté qu'un double résultat synthétique est obtenu : une viclodic est formée, un mot est créé; par suite, une idée est exprimée.
Une mélodie est formée .-les notes, en effet, attirées l'une vers l'autre par l'attraction de la montée, s'agglutinent en une chaîne ininterrompue de sons dont le sens musical logique se révèle clair pour l'esprit; une incise mélodique prend forme, une pensée musicale est énoncée.
U)i mot aussi est créé : de leur côté, les syllabes, entraînées par la mélodie, en suivent le mouvement ; avec les notes, elles montent et descendent; comme elles, elles se concentrent, s'organisent, se hiérarchisent ; déjà la vie circule dans ce petit corps ; le mot apparaît à son tour dans ses détails et dans son unité : il est l'expression parfaite CCune idée.
(i) On ne s'étonnera pas de nous voir traiter ces deux monosyllabes comme un seul mot, le premier tonique, le second atone : la règle du Moyen-Age est formelle : Ex duobtis nionosillabis et bissillaba fiât. (Cf. Thurot, Notices... p. 48).
290. — Seule, l'accentuation mélodique aurait-elle donc suffi pour atteindre ce précieux résultat?
On pourrait le croire, car jusqu'ici nous n'aAons parlé que du rôle de la mélodie ; mais ne nous y trompons pas : en chantant ces simples mots selon leur mélodie naturelle, tous, spontanément, nous y avons joint, un peu à l'aveuglette, quelques nuances ù'intensité, un rythme quelconque, chacun d'accord avec son goût personnel, son éducation littéraire et musicale, surtout sa nationalité; et, malgré ces divergences, la synthèse de tous les éléments sonores s'est épanouie en mélodies et en mots.
C'est qu'en effet ces trois phénomènes, mélodie, intensité, rythme sont inséparables. Cette remarque a été faite dès le début de cet ouvrage (i); ils s'unissent, se compénètrent, se perfectionnent mutuellement; seule, une analyse de raison peut autoriser la séparation de ce qui est in concreto inséparable : ce que nous nous permettons précisément en ce moment.
291. — Cependant nous ne pouvons nous contenter de ces rythmes instinctifs; il est nécessaire d'acquérir la connaissance exacte du r^'thme propre aux mots latins, rythme qui doit leur donner leur vraie physionomie. Poursuivons donc notre analyse et arrivons à l'intensité.