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CHAPITRE VIII

L'INCISE (Suite).

LES INCISES SYLLABIQUES

444. — L'application des principes rythmiques exposés au chapitre précédent n'est pas toujours, il faut bien le dire, aussi simple qu'elle le paraît d'après les exemples cités. Jusqu'ici, les ictus rythmiques se sont posés, pour ainsi dire, d'eux-mêmes sur les syllabes et les notes convenables; les arsis et les thésis sont venues tout naturellement réunir et vivifier ces premiers éléments.

La mélodie grégorienne présente des cas plus difficiles et plus compliqués : le contact, la rencontre des mots entre eux, leur alliance avec la mélodie suscitent différents conflits qu'il est nécessaire d'exposer et de régler conformément aux lois de la vraie et de l'antique beauté.

L'emploi de la chironomie ne va pas non plus sans offrir des embarras; il faudra faire connaître ces cas douteux, et en donner des solutions aussi précises que possible.

445. — a) La rencontre des mots. — On sait que les mots aiment à être rythmés. Ainsi ces deux mots :

an- te jl ôm-ni- a Fig. i6ç.

considérés isolément, sont rythmés sans difficulté. Mais si on les rassemble pour en faire une incise, un conflit s'élève aussitôt : deux ictus rythmiques se suivent immédiatement. L'un d'eux doit succomber. Lequel?

l'incise. — LES INX:iSES SYLLABIQUES. 309

Si l'on rythme les mots :

an- te 6m- m- a

Fi^- nole premier ictus du dactjle tombe.

Si l'on adopte cette autre marche :

an- te > ôm- ni- a

Fig. n^-

c'est l'ictus final du spondée ante qui s'évanouit.

Ces deux rythmes sont recevables en soi : il faut cependant choisir. Voilà un premier genre de conflit.

44G. — /;) La forme mélodiqtie en fait surgir d'autres : elle impose des appuis rythmiques là où le mot, pris isolément, n'en voudrait pas.

447. — c) De simples notes modales peuvent également réclamer un appui au détriment du rythme naturel du mot : encore un conflit, une lutte d'influence, entre la modalité et le mot.

448. — Presque chacun de ces conflits demande une solution particulière, ce qui ne permet guère d'établir des règles générales. Leur variété est telle qu'on ne peut songer à les aborder tous dans cet ouvrage ; une sorte de revue rapide des principales ditficultés et de leurs solutions doit suffire (i). On comprendra vite que pour fixer le rythme avec chance de certitude, une science d'ensemble, vaste et profonde, de la mélodie grégorienne, de sa construction» de ses divers types et formules est absolument nécessaire dans une multitude de cas.

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