‹ Le nombre musical grégorienChapitre 321 sur 534 · ARTICLE 6. LA FORME MÉLODIQUE ET LE RYTHME · texte numérisé non relu

ARTICLE 6. LA FORME MÉLODIQUE ET LE RYTHME

olo. — On a vu déjà, par les exemples précédents, combien délicate est l'application du rythme à certaines incises. 11 importe de procéder avec la plus grande circonspection, et de ne pas se confier sans examen à des règles qui, très bonnes en elles-mêmes, et pour les cas ordinaires, peuvent en des circonstances particulières conduire à une interprétation défectueuse.

Les règles les mieux fondées, celle par exemple de l'enjambement des mots, doivent être délaissées sans hésitation, bien que momentanément, dès qu'une investigation exacte, réfléchie, des faits mélodiques et rythmiques démontre la nécessité de cet abandon. Il faut saxoir alors adapter avec souplesse son intelligence et son goût aux Aariétés innombrables de l'antique art grégorien, faire bon marché de son propre jugement et d'habitudes qui ne sont, souvent, que le résultat d'une éducation musicale moderne. C'est ainsi qu'on évitera la « subjectivité ». dont nous parlions à l'instant, et qu'on atteindra d'emblée, avec r « objectivité ». la vérité rythmique cherchée.

514. — Or, si important que soit le texte littéraire, il n'est pas le seul élément qui détermine le r3'thme. La forme mélodique elle aussi doit entrer en jeu pour une bonne part; et sou\ent. nous l'avons vu, elle impose un rythme qui modifie celui des mots pris isolément.

Pour bien faire connaître notre pensée, nous allons examiner ici un certain nombre de cas.

Premier exemple.

Incises du I^^ mode(i).

Tableau H.

Section A^

) A ut.

Pater venit.

hé- ra:cla-' ri- fi- ca Fi-li-um ':

tù-

uni

(i) Les neumes qui surmontent les portées sont tirées de TAntiphonaire de Hartker. Les antiennes au-dessus desquelles ne figure pas la notation ne sont pas dans ce manuscrit.

Page 1