‹ Le nombre musical grégorienChapitre 341 sur 534 · CHAPITRE VHI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VHI

C'est l'interprétation qu'il faut donner, croyons-nous, à la notation du B. Hartker, qui était décidément un saint et grand artiste :

tu- ■ rura aut duos Ft^. 280.

Quant à l'absence de l'épisème sur les virgas des mots dactyliques, elle s'explique facilement. La syllabe tonique dans les mots dactyliques reçoit, de la pénultième faible qui la suit immédiatement, comme une prolongation mélodique et rythmique : mélodique, puisque cette syllabe est chantée sur le même degré que la syllabe accentuée; rvtliiiiique, puisqu'elle appartient au même temps composé binaire.

Dès lors, l'élargissement réclamé par l'épisème dans les textes spondaïques n'a plus lieu de se manifester; il est obtenu tout naturellement par la seule émission des deux syllabes à l'unisson, sans que le notateur ait besoin de l'indiquer.

577. — 20 .( Les règles grégoriennes, dit-on encore, ont été suivies à la lettre ».

Il ne suffit pas d'appliquer telle ou telle règle grégorienne à l'aventure, il faut l'appliquer à bon escient, c'est-à-dire dans les cas précis où son emploi est requis. De plus, il ne faut pas négliger volontairement une règle dont 1" application, dans une circonstance donnée, est obligatoire. Or tel est, pour les textes spondaïques de notre tableau, l'usage de la règle de l'accent au levé.

En voici la preuve manifeste.

Rien nétait plus facile, dans certains textes purement syllabiques, de mettre l'accent au frappé, sans apporter aucune altération substantielle à 1 "allure rythmique de l'incise.

l'incise. — LES INCISES SVLLABIQUES.

Puisqu'on chantait, texte 21 :

Vi- dén- ti- bus II- lis e- le-

Pourquoi ne pourrait-on pas chanter :

va- tus est

Lu- men ad re- ve- la- ti- 6- nem gén- ti- um Cap- ta- bunt in â- ni- mam jû- sti

Les compositeurs anciens ne l'entendaient pas ainsi, ils chantaient avec l'accent au levé :

Lu- men ad re- ve- la- ti- ô- nem gén- ti- um Ca-ptâ- bunt in â- ni mam jù- sti

Pourquoi?

Parce que leur instinct de bons latinistes, de classiques, les

entraînait, comme malgré eux, à rythmer les mots

soit dactyliques

soit spondaïques

toutes les fois que la mélodie ne s'y opposait pas. Or, ici, la mélodie elle-même les invitait à suivre leur instinct, car elle est calquée sur les mots dont elle reproduit les contours; ils ont suivi en même temps leur instinct et la mélodie. Telle est la raison foncière des accents au levé dans nos incises.

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