CHAPITRE XIV
ce qui est fort bien indiqué par l'ondulation prolongée d'un membre à l'autre, et favorise leur intime union. L'ondulation n'est d'ailleurs autre chose ici que le geste thétique habituel.
§ 9. ^ Neuvième exemple.
Alléluia. J. Ostende.
1274. — Cette chironomie, cf. tableau hors-texte ci-contre, est encore reproduite de nos Monographies Grégoriennes, la deuxième, tableau m, avec les perfectionnements mentionnés déjà dans l'introït In viédio. La mélodie elle-même a été ramenée à la version vaticane.
Quelques brèves observations.
1275. — Osténde. — La première syllabe peut indifféremment être thétique ou arsique.
Si thétique, cette S3ilabe sera une liaison entre le neume final alléluiatique et le verset :
AUclùia y. Os- tén-de
Fig, 687.
Si arsique, elle sera un premier élan vers l'accent tonique
lÉ^
y. Os-tén-de Fig. 688.
Le choix entre ces deux gestes dépend du directeur, ainsi que de la disposition et des aptitudes de son chœur. *
1276. — Misericôrdiavi. — La chironomie de la Monographie était la suivante sur la svllabe car :
miseri- cor- di-
Fig. 68q.
am
^^S^^^^^Êg^^^^2^^^è"%g^s^
Al- le-
^^^^^^^^^^^feg
Os-tén- de nô- bis Dô-
mi- ne mi- se- ri- eôr- di- ara tCi-
SEÎ2S3^^^S^^C=g
ÊÉîSf^Èg-^iËËggÊ
et sa- lu- ta- re tii-
da nô-
LA CHIRONOMIE GRÉGORIENNE. 747
soit deux arsis, dont la dernière contractée. Sans doute, on peut se rallier à cette interprétation ; il est bien préférable, croyons-nous, de placer une thésis ondulante sur ce groupe qui, dans les manuscrits, est surmonté d'un groupe liquescent :
miseri- cor- di- am
Fiç. 6ço.
La liquescence s'allie mal à une arsis contractée, qui a presque toujours un caractère fort et énergique. La mélodie se prête aussi très bien à cette interprétation, car le ré est la première retombée de l'élan do-mi.
On voit, par ce dernier exemple, que le recours à la notation neumatique peut, en certains cas, être très utile pour la fixation de la chironomie. Les manuscrits avec signes rythmiques et expressifs doivent surtout être consultés.
§ 10. — Dixième et onzième exemples.
Les deux Offertoires Jubilate.
1277. ^ Nous pourrions multiplier les exemples; mais ce serait pour répéter toujours les mêmes observations. Les longues analyses qui précèdent suffisent, croyons-nous, et nous pouvons nous en tenir là. Nous nous contenterons de donner la chironomie des deux beaux offertoires Jubilate, des deux dimanches qui suivent l'Epiphanie : Jubilate ûeo omnis terra, et Jubildte Deo univérsa terra.
On les trouvera, en tableaux hors-texte, à la fin de ce chapitre, après la page 750.
Encore tenons-nous à faire remarquer que, sur plusieurs points, la chironomie que nous proposons pourrait être légèrement modifiée. Nous donnons notre interprétation, rien de plus ; libre à chacun de suivre la sienne, pourvu qu'elle soit fondée sur des raisons sérieuses. Et il nous plaît, en terminant, d'affirmer une fois encore la grande liberté laissée au maître de chœur.