Il est très rare, et parcourt la même progression
Fis- 85
ARTICLE 4. - QUILISMA.
49. — Le Quilisma est un neume tout à fait à part, dont nous ignorons l'origine.
, On lui donnait toutes sortes de formes. Celle des neumes-accents allemands, italiens, français, anglais, était celle-ci :
Quilisma- poDATUs
UjJ OU ce/
QUILISMA-TORCULUS = ÇJjJ' OU uJ
Fig. S6
50. — Le Quilisma est toujours au centre d'un mouvement ascensionnel. Dans la notation grégorienne moderne, il n'est jamais seul, toujours il est précédé d'une note ou d'un groupe. Cette note ou ce groupe est comme le point de départ, l'appui du mouvement ascendant qui se prolonge au delà du quilisma.
Le point d'appui du mouvement ascendant est ou une note simple :
PUNCTUM+QUILISMA-PODATUS FORMANT GROUl'E :
-eu/
PUNCTUM+QUILISMATORCUI-US FORMANT GROUrE
OU un groupe :
Clivis+quilisma-podatus formant groupe :
TORCUI.US + QUILISMA-TORCULUS FORMANT GROUPE
AJ =
— JV
ClIMACUS + QUILISMA-PES SUBBIPUNCTIS FORMANT GROUFE :
1» fl
Fi^. 87
Exercice VI.
51. — Chercher et désigner dans les livres de chant les strophicus^pressuSy oriscus, salicus et quilisnia.
ARTICLE 5. - VARIÉTÉ DES NOTATIONS NEUMATIQUES. TRADITION MÉLODIQUE UNIQUE.
52. — Les Neiimes-accents que nous venons de décrire donnèrent le jour à un grand nombre de notations grégoriennes, parfois très différentes les unes des autres. On peut en voir un précis historique avec fac-similés au tome 3^^ de la Paléographie Musicale, p. 79. Il suffit de savoir qu'il y eut deux courants principaux : l'un traditionnel, l'autre novateur.
53. — Le premier prend les neumes-accents à leur origine, à l'état chironomique, et les conduit, par une suite de modifications graphiques, sans changer essentiellement leurs for7nes primitives, jusqu'à la notation carrée de nos livres grégoriens. Dans ce premier courant, il faudrait distinguer plusieurs écoles, mais nous ne faisons ici que retracer les grandes lignes.
54. — Un autre courant, appelé novateur, parce qu'il s'écarte de la tradition, procède, lui aussi, des accents; mais, par une série de
transformations graduelles plus ou moins radicales, il en altère la forme, il désagrège les éléments des groupes, et réduit les accents à n'être plus que à&% points superposés. Là encore, il existe plusieurs écoles, et, dans chacune d'elles, des particularités graphiques qui sont bien loin d'être connues.
55. — L'École messine (Metz) dont nous aurons à parler plus loin, est une sorte de notation mixte, mêlée d'accents et de points.
56. — Cette variété incroyable de notations est facile à expliquer. Les notateurs, laissés à leur propre initiative, et désireux d'arriver à une expression claire et parfaite de la cantilène traditionnelle et des intervalles mélodiques, s'ingénièrent de toutes manières à perfectionner la notation. La variété même de leurs essais atteste leur indépendance.
Mais ce qu'il importe de faire ressortir en ce moment, c'est que les systèmes les plus divers de notation s'accordent tous pour nous livrer une tradition mélodique unique, qui ne peut être que la tradition romaine grégorienne ( i ).
57. — Tels sont les signes mélodiques — notes et groupes — en usage dans le chant grégorien. Ces notions élémentaires seront complétées plus loin par l'enseignement des intervalles et des modes ; mais avant d'en arriver là, il faut encore parler des signes rythmiques employés dans les plus anciens manuscrits.
(i) Cf. Paléograhie Musicale t. 2, Préface. Le Répons-Graduel Justus ut palma reproduit en fac-similés d'après plus de 200 antiphonaires manuscrits d'origines diverses, du IX« au XVI I*" siècle.