‹ Le nombre musical grégorienChapitre 59 sur 534 · On en distingue deux classes · texte numérisé non relu

On en distingue deux classes

a) Les signes rythmiques qui affectent les neumes purs en les modifiant;

b) Les signes qui les affectent en s' ajoutant à leur forme primitive.

A. Modifications.

69. — La caractéristique de ces signes consiste dans diverses modifications des lignes constitutives des neumes : ces lignes s'allongent, s'épaississent ou se contournent en différents sens, sans aucune adjonction de traits supplémentaires.

(i; Cf. La tradition rythmique grégorienne à propos du i. quilisma >. Rassegna Gregoriana, \viv!\-]\yC\ç,\. 1906, p. 226-251.

70. — Toutes ces modifications indiquent en principe un ralentissement, un retard, un appui plus ou moins prononcé. Cette interprétation devient évidente par l'explication des lettres romaniennes.

71. — Punâlum planuin. — Le pun6lum ( • ) s'allonge plus ou moins selon les manuscrits ( - - ). C'est le punâlum planum ou virga j'acens. Cette dernière expression employée par plusieurs théoriciens décrit la forme graphique du signe, non son rôle dans la mélodie, qui est toujours de représenter, non une note élevée comme la vraie virga, mais une note relativement grave, comme le punâîum : de là le nom de punâlum planum qui, à ce point de vue, convient parfaitement à cette figure.

Les intentions rythmiques de ces deux punâînvis s'affirment surtout dans les groupes neumatiques, où le contraste voulu entre les deux formes apparaît clairement (Cf. plus loin fig. 93).

En dehors de là, le punâlum planum n'est souvent qu'une licence graphique sans intention rythmique ; c'est le punâlum employé le plus ordinairement dans les récitations, et toutes les fois qu'il est seul. L'élan d'une notation rapidement écrite invitait le copiste à laisser traîner un peu la plume sur le parchemin, d'un punâlum à l'autre, au lieu de relever pour piquer, pour ainsi dire, chaque punâlum, et n'obtenir ainsi qu'un léger point rond, à peine visible.

72. — Pes quadratus (carré). — Le premier trait du podatus se modifie de cette manière J On pourrait la traduire ainsi : {Fig. 88) 3 . La première note est un peu appuyée et allongée au

moyen de l'épisème horizontal.

73. — Pes quassus </ de quatio, secouer, frapper (i). Le premier son de ce groupe est plus long encore que dans le pes qua-

(i) Cette représentation An pes quassus est celle des plus anciens manuscrits allemands et sangalliens, celle de Monza, Bobbio, etc. Certains tableaux de neumes plus modernes Wolfenbuttel, Ottobeuern, Leipzig, XI^-XIP siècle, le figurent ainsi ^J , comme le quilisma à deux branches. De fait, on trouve cette forme du pes quassus assez semblable à celle du quilisjna, dans des codices de provenance allemande, v. g. le 24680 du British Muséum. Le quilisma alors est toujours à trois branches dans ce manuscrit.

Cette similitude a occasionné plusieurs méprises et confusions qu'il suffit de signaler ici. Il en sera parlé dans un travail spécial.

l6o DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE II.

dratus : il est souvent traduit par deux notes dans les manuscrits :

ou

Fig. 8ç

Dans les proses et les séquences, dont les mélodies se présentent sous forme de vocalises pures, ou soutenues par un texte purement syllabique, X^pes quassus se trouve traduit parfois par trois syllabes.

74. — Remarque. — Le pes quadratus et le pes quassus sont employés quelquefois l'un pour l'autre, ce qui donne à penser qu'il y avait entre eux une certaine ressemblance. Cette ressemblance cependant n'était pas une équivalence complète ; nous en avons la preuve à la p. 9 du manuscrit d'Einsiedeln 121. A l'Offertoire Benedixisti. f. Osiende, on trouve les deux notations suivantes :

vel J'

S — ^-ii-

Osténde Fig. ço

C'est d'abord le podatus quadratus (flexus liquescens), puis au-dessus de ce groupe, le podatus quassus avec la mention vel : ce dernier mot indique que l'option est offerte entre les deux notations, ce qui suppose deux exécutions différentes.

Dans ces deux podatus la première note était longue et appuyée, mais au pes quassus devait s'ajouter un effet vocal quelconque aujourd'hui inconnu : il faut souvent se résigner à ignorer.

Pratiquement, et jusqu'à ce que nos renseignements soient plus précis, on peut exécuter ces deux groupes de la même manière, en appuyant et allongeant la note de début.

75. — La longueur de la première note de ces deux podatus est encore confirmée par l'emploi de la lettre significative / = tenete placée sur cette note (II. 93).

A la longueur, il convient parfois d'ajouter 13. force; car la lettre / = forte accompagne assez souvent cette note (II. 102)

LES SIGNES RYTHMIQUES DANS LES ANCIENS MANUSCRITS. l6l

76. — Le torculus J\ prend les formes suivantes : 1° J\ Pes quadratus flexus. Première note appuyée. {Fig. çi) ^ 2° s/1 Pesquassusflexus.EncorQ^rQmiQrQnotQ2ip^\iyéQ.Ci.{Jig.9j) 30 S Torculus long, les trois notes sont ralenties, retardées.

{Fig. 92) ^

yy, — Le porre6lus /\l élargit et dilate ses traits.

78. — Les punâlums simples du climacus /•. se changent en pufictum planum

/•- /•-. /--. /•-. 'i'- Fig. 93

On trouve aussi

Fig. 94

79. — La clivis ne reçoit guère de modifications rythmiques dans ses traits essentiels; ce sont surtout les adjonctions qui exercent sur elle leur influence.

B. Adjonâlions.

80. — Épishne. — La deuxième classe de signes rythmiques proprement dits a pour marque distinctive Vadjonâîion d'un petit trait aux neumes ordinaires, ou même aux groupes déjà modifiés de la classe précédente. Nous lui donnons le nom ù'épisème (éirto-yj^aivco, indiquer par un signe). Cf. L 6y. Comme Vépisème peut occuper différentes places dans les neumes, il est obligé, pour bien s'y adapter, de modifier ses formes. Mais, qu'il soit horizontal, légèrement arqué, vertical, réduit à une sorte de punclum, âest toujours le même trait.

8 1. Signification de Vépisème. — Vépisème romanien est presque toujours le signe d'une prolongation. C'est donc sur la note épisématique d'un groupe que doit s'appuyer de préférence l'ictus rythmique. S'il y en a plusieurs de suite, il faut s'inspirer du contexte musical pour le choix de la note ictique. C'est dire que toutes les notes épisématiques sangalliennes, quoique retardées, ne portent pas un ictus rythmique.

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