Bottes en cuir tanné, avec jambière
9. — Petit poinçon recourbé par le bout, servant à perforer l’empeigne : alêne.
10. — Pièce de cuir que l’on colle au talon, pour le renforcir.
les moyens de faire valoir leur talent d’architecte et de sculpteur. Ceux d’Acadie n’en eurent guère davantage l’occasion. Ils donnèrent tout simplement à leurs habitations le cachet, les proportions, le style, de celles qu’ils avaient vues en France. Or, il y avait, en France, deux types particuliers de maison : celles à toit à pic1 2 et celles dont la couverture 2 était plus basse, formant un angle plus ouvert. Les premières accusaient une tradition germanique, les secondes un caractère gallo-romain. C’est suivant la sec<5nde manière que les Acadiens bâtissaient leurs maisons : toits bas, de faible inclin ûson, presque écrasés.
Ce genre de toiture est suffisamment caractéristique pour avoir été noté par les ethnographes. Il coupait la France transversalement de l’ouest au nord-est, en une zone assez étroite, qui comprenait le Bourbonnais et l’ancien Berry et allait s’éteindre en Lorraine. C’est apparemment la partie de toute la France qui a été le moins bouleversée par les invasions et les colonisations étrangères ; celle qui a gardé de plus près l’ancien cachet celtique. La toiture normande et picarde avait, elle aussi, sa caractéristique.
Nous n’avons jamais connu, en Acadie, l’abavent, le toit à capuchon des maisons canadiennes, projection de plusieurs pieds qui rejette plus au loin l'eau des gouttières, ni non plus le toit en colombage. Solage 3, travées, lambourdes, soliveaux, étançons, guettes 4 5, étaient de pin équarri à la grand-hache0 . A défaut de bardeau 6 7 8, on couvrait les toits en rouche1 ; la plupart, cependant, étaient bardochéess. Les faces et le pignon l’étaient également,