Récolte
rire éperdu et la joie, esharber 1 ou repasser 2 ses patates, rentrer son foin, métiver 3 4 son grain*. Ils allaient même jusqu’à réparer en commun sa maison, si elle tombait en démence 5.
C’est avec la même arrière pensée de donner un coup de main à quelque besogneux, une veuve le plus souvent, que l’on courrait la Chandeleur 6 7, le jour de la Présentation, ou que l’on faisait la guignolée 7 à Noël.
Les Amours
La principale occupation pour les garçons, le soir, c’était d’aller voir les filles. On se greyait 8 de son mieux, et tout allait généralement bien, si l’on était seul de prétendant. S’il y avait plusieurs concurrents en présence, la situation se compliquait pour les novices et les innocents9. C’était une navigation péril-
1. — Pour esherber, Ve se changeant presque toujours en a devant la consonne r, dans l’ancien parler : Enlever les mauvaises herbes. “ J’ai désherbé tout un carré et biné plusieurs rangs de pommes de terre”, Tenayre, Madeleine au Miroir. “ Exherber, to pluck up, or toeed out herbs ”, Cotgrave, xvie siècle.
2. — C’est-à-dire repasser à la charrue. Après que les seillons (sillons) ont été esharbés à la main, ou à la tranche (houe), on les passe à la charrue. C’est à proprement parler le binage.