Pour étrangers
3. — Que to sue ait donner assouer, n’est pas plus extraordinaire que oyez, le oyez de l’ancien français, ait fait oh ! yes, en anglais !
saxon, qui se prononce aïe ou aille, ni, non plus, celui de la finale al.
Incapable de traduire en leur langue les sons de ce mot, les Acadiens lui donnèrent un équivalent français, a.ssaye. Avoir un assaye, c’est avoir un procès.
Voici deux vocables qui pour n’être pas du français académique, ont tout de même un bon visage familier.
Les Acadiens n’étaient pas originairement des pêcheurs. La persécution et la nécessité de vivre les ont poussés du côté de la mer. La plupart de leurs termes marins viennent des pêcheurs de France.
Ils en ont pris quelques uns, cependant, aux navigateurs anglais : bot, par exemple, prononcé bott, de boo.t 1 2 ; beaupré, de bowsprit , que les Français leur ont, comme nous, emprunté.
Depuis quelques décades nos gens font du commerce, quand ils peuvent se procurer le capital nécessaire pour acheter un stoc 2 de marchandises. Rien que dans la ville de Moncton, nous trouvons aujourd’hui quatre groceurs 3.
Nos cultivateurs ont gardé, pour désigner les travaux de la ferme, les beaux vieux termes usités en France, au xvne siècle. Cela ne les a pas empêchés d’emprunter le mot stouque ( stook ) des Anglais, (voir p. 244), et de stouquer, comme eux le blé et l’avoine.
En affaires, un débiteur est, chez nous, tout comme autrefois, en France, un detteur, avec ou sans le b étymologique ( debteur ), puisqu’il est en dette, vis à vis de son créancier4. Nos gens vont,
1. — Un français de France que l’un de nos pêcheurs de morue invitait d’aller avec lui au large, en botte, répondit en blêmissant : Jamais de la vie, je me noirais ! Paquebot, qu’on trouve dans le meilleur dictionnaire, est fonné de packet et bout. Bateau, petit boat, vient aussi de l’anglo-allemand.