‹ Le parler franco-acadien et ses originesChapitre 159 sur 179 · Epiciers · texte numérisé non relu

Epiciers

4. — “ Les roys potentats, empereurs et monarques sont tous debteurs de la divine Magesté. ” Tabarin.

comme les Anglais à la banque changer 1 une traite. Le marchand donne le change de sa pièce, ou de son billet de banque, au client à qui il revient de la monnaie. La boutique où il fait affaire, est indifféremment, aujourd hui, un magasin ou une choppe 2.

Nous disons aussi, mais bien improprement, avec les Anglais, cet homme vaut 3 dix milles dollars, dans la pensée que c’est un homme considérable. In homme qui n’a de valeur que celle de son argent, fut-il millionnaire, ne vaut pas grand’chose. Ce genre d’anglicisme est contraire à l’esthétique française.

De tous côtés nos gens empruntent des termes de métier à 1 anglais ambiant. Ma cariole est-elle en délabre, j’irai demander à mon voisin de me laisser avoir sa rigaine 4 ; le meunier, pour mouture, me remettra indifféremment de la farine ou de la, fleur 5 ; le cordonnier pose un sole6 7, aussi volontiers qu’une semelle, à la chaussure qu’il veut ressemeler ; le vitrier, au lieu de mastic, se servira de pottée ‘ pour poser ses antres ; le soldat, retour de

L — Avec à peu près le même sens, le français a gardé lettre-de-change, etc. Le mot change, que les Anglais nous ont pris, bien avant que nous ne le leur reprenions, avait, dans l’ancienne langue, un sens plus compréhensif, tant au propre qu’au figuré, qu’il n’a aujourd’hui :

Oh ! que nos fortunes prospères

Ont un change bien apparent. Malherbe.

Nous disons, comme Malherbe, change pour changement.

2- — Notre mot choppe vient directement de l’anglais shop, qui le tient de l'allemand s choppen. Est-ce un larcin ? L’Académie a échoppe, avec le même sens un peu rétréci et tiré du même radical.

3. — “ Quand nous disons un homme qui vault beaucoup, ou un homme de bien, au style de notre court et de nostre noblesse, ce n’est pas à dire aultre chose qu’un vaillant homme ”... Montaigne.

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